OBSERVATIONS SUR CE TABLEAU
La portée A ne présente, si l’on peut parler ainsi, que le squelette de la petite période placée au-dessous. Construite ainsi avec les seules notes qui font partie des accords, elle paraîtrait nue, sèche, peu gracieuse comme mélodie. Ce n’est guère qu’à la portée B que cette période est supposée l’œuvre de l’imagination, même avec ses ornements, très simples d’ailleurs, puisqu’ils se bornent à trois notes de passage, ciiKî petites notes et un groupes.
Le chant de la portée C passerait volontiers aussi pour être di prima inlenzione, comme disent les Italiens, quoique il sente déjà un peu la recherche, par ses petites notes plus fréquentes et ses valeurs plus variées.
Remarquez bien que l’on fait une différence entre les notes variées ou brodées et les variations proprement dites. Ainsi, 1° la portée F n’otfre encore que des notes prises à la jiortée A, mais variées par des groupes de trois notes, par des notes de passage et par un arpège; 2’ la portée E participe de la variété par la marclie de ses sons, et de la variation par l’iiniformité de ses dessins en triolets.
Quant aux portées D, G, H, elles contiennent de véritables variations des portées B et C, soit à cause de l’effet propre aux syncopes, à peu près continues dans la première; soit par la multijilicité des sons dans les deux autres, et la rapidité de leur exécution.
iV. U. L’accompagnement convient également aux huit portées supérieures, et c’est en général ce que doivent considérer ceux qui varient un thème ou chant quelconque. D’où l’on doit conclure que l’instrumentiste, ou le chanteur qui n’a pas étudié au moins l’harmonie, s’expose à faire de grandes fautes lorsqu’il se mêle de broder, de varier surtout les chants ou les traits d’un compositeur.