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LA VIE DU PROFESSEUR J. ALBARRAN

En consacrant ce travail à l'étude de la vie et de l'œuvre du Professeur Albarran, nous avons été guidés par les deux raisons suivantes : Albarran, peutêtre par suite de sa disparition prématurée, n’est pas suffisamment connu des jeunes, ceci malgré les efforts de ses élèves, qui n’ont jamais perdu l’occasion de rappeler la figure de leur savant maître. L'autre raison est qu'Albarran, comme nous-mêmes, était né à Cuba ; il y passa les premières années de son existence.

La France, incontestablement doit se sentir fière de lui, mais Cuba doit aussi s'enorgueillir d’avoir été le berceau de ce grand chirurgien.

Joaquin Albarran naquit en mai 1860, dans l'Ile de Cuba, à Sagua la Grande. I fit ses premières études au Lycée de Belen, de la Havane, dirigé par les Jésuites.

Encore enfant, son père l’envoya à Barcelone, où il fit ses études de médecine et où il se distingua déjà par sa claire intelligence ; il passa à Madrid sa Thèse de Doctorat et, très jeune, arriva en France. Il ne pensait pas y résider longtemps. Comment pouvaitil deviner ce que la destinée lui réservait ?

Il se sentit tout de suite attiré par la Grande Ecole Française et par ce Paris qu'il aima tant et décida d'y rester pour parfaire ses études de médecine.

Il apprit le français avec la facilité qui lui était

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coutumière. En peu de temps, il conquit la langue de Voltaire et la parla.avec une parfaite aisance, bien que, au dire de ceux qui eurent le bonheur de le connaître, il conservât son accent espagnol jusqu’à sa mort. Voici, à propos de cet accent, ce que dit son élève, le Docteur Cathelin, dans un magnifique travail publié dans les « Travaux Annuéls de l'Hôpital d'Urologie » : « Malgré son accent étranger, il n'avait pas, comme on ne l’a que trop dit, une prononcialion choquante ; je dirai même que je me suis souvent laissé prendre comme il arrive avec les séducteurs, par le charme de sa parole incisive et martelée. »

Son premier maitre, fut le Professeur Ranvier, qui remarqua tout de suite sa prodigieuse intelligence et lui conseilla de préparer les concours.

En 1883, Albarran fut reçu externe des Hôpitaux, et un an plus tard en 1884, à l’âge de 24 ans, il était nommé le premier de sa promotion d'internat ; derrière lui, venaient Sebileau, Delbet, Widal, Vaquez, etc. « Depuis lors, dit le Professeur Legueu dans sa leçon inaugurale, la vie n’est pour lui qu'une série de succès ; il marche en conquérant d'étape en étape : il gagne tous ses grades de haute lutte, étonnant partout ses juges par la sûreté de son jugement et par la lucidité de sa conception. »

En 1885, étant interne des Hôpitaux, il fut, avec Brouardel et Charrin, chargé d’une mission par le Gouvernement français, pour aller en Espagne étudier les vaccinations anticholériques du D' Ferrain.

En 1888, la médaille d’or couronna l’internat d’Albarran. Il resta dans le service de son maitre Guyon où il continua à s'occuper de la spécialité qui devait lui valoir la célébrité.

En 1892, à l’âge de 32 ans, il fut nommé agrégé de chirurgie avec Lejars et Delbet ; quatre ans plus

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