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ÉPOQUE MODERNE

Période clinique.

C’est seulement vers le milieu du xvne siècle, que l’anatomiste Sylvius (1614-1672) établit un rapport entre la phtisie du poumon et ces noyaux appelés « tubercules » ou « squirres », que l’on y rencontrait à l’autopsie; mais il les assimilait aux glandes lymphatiques des poumons, dont le gonflement était dû, pour lui, à la scrofulose, affection dominée par l’hérédité. La phtisie pulmonaire était donc universellement considérée comme héréditaire.

Manget décrivait le premier, en 1700, la tuberculose miliaire, cet état du poumon rapidement envahi par d’innombrables granulations. Jusqu’à Bayle (1774-1816), le pus et la matière caséeuse étaient considérés comme le point de départ du processus. Cet auteur démontra, au contraire, que c’était le tubercule qui constituait le véritable point de départ ; la dégénérescence ou décomposition purulente ou caséeuse, le point d’arrivée. Il démontra encore que les granulations et les tubercules, loin d’être limités aux poumons, pouvaient se déve-

lopper dans tous les organes. La phtisie tuberculeuse est encore pour Bayle une maladie spécifique, de nature scrofuleuse ; il la considère comme une des formes de la phtisie, dont il donne la classification suivante :

’ l°phtisie tuberculeuse; 2°phtisie granuleuse; 3° phtisie avec mélanose ; 4° phtisie ulcéreuse ; o° phtisie calcui leuse ; 6° phtisie cancéreuse.

Laënnec (1781-1826), dont la mémoire plane encore, à bon droit, comme un souvenir glorieux, sur les traditions de la médecine française au commencement du siècle et en particulier sur le débat historique de l’étiologie de la tuberculose, soutint le premier la grande thèse de l’unité de la phtisie, dont les découvertes modernes devaient consacrer le triomphe. Laënnec réunit donc en un seul groupe les phtisies tuberculeuse et granuleuse et en exclut les autres formes. S’il distingua le tubercule isolé, de l’infiltration tuberculeuse ou tuberculose miliaire, il montra que cette dernière n’est qu’un conglomérat de tubercules et que son évolution est comparable à celle du tubercule isolé. Les scrofuloses constituent, pour Laënnec, une localisation de la tuberculose dans les ganglions lymphatiques.

Broussais (1772-1838), dont l’influence néfaste sur la médecine française ne saurait, en chaque occasion, être trop mise en relief, combattit la théorie de Laënnec, qui voyait dans le tubercule l’agent causal de la phtisie. On connaît sa théorie de l’inflammation, conséquence outrée et illogique de la théorie de l’irritabilité soutenue par un homme de génie, le grand von Halleii, et qui, en son temps, avait constitué un immense progrès. C’est

ainsi que les faux savants et les médiocres — et Broussais appartient aux formes les plus extrêmes du type, — , en plagiant les grandes doctrines, en les exagérant à plaisir, pour leur donner un semblant d’originalité, en les entourant d’une atmosphère d’autorité toujours redoutable, même lorsqu’elle accompagne les idées les plus justes, arrivent à faire un mal infini à la science. Type de l’arriviste officiel, si commun de nos jours, Broussais, comme tant d’autres, émit des doctrines dénuées de fondement, d’observations, de critiques, pour se singulariser et devenir un chef d’école. Ce triste et malfaisant personnage avait de l’entregent, il était tout-puissant; les gens qui voguaient dans son sillage s’inquiétaient peu de la valeur de ses idées, et comme il devait arriver, Broussais refoula, en les ridiculisant, les idées de Laënnec. La phtisie, pour Broussais, est le résultat d’une inflammation, et le tubercule n’est ni un néoplasme, ni une individualité, une entité anatomopathologique ; il est également le banal résultat de l’inflammation.

C’est à cette époque, et le fait mérite d’être indiqué dans cet ouvrage, voué surtout à l’étude de la tuberculose bovine, que Gendrin signala, pour la première fois, les tubercules du bétail. Parmi les cliniciens célèbres de la première partie du siècle dernier, Laënnec trouva en Louis un chaud partisan, en Andral un adversaire irréductible.

La médecine et les médecins nous ont habitués aux variations et aux erreurs les plus étranges. Les médecins, parmi tous les hommes de science, ont constitué

une catégorie sur laquelle la démonstration probante, absolue, l’administration de tous les critériums de vérité glissent le plus facilement. La médecine s’est trop longtemps exercée dans les temples, et le souvenir de ses origines religieuses, communes, il est vrai, à toutes les sciences, pèse encore sur elle d’un poids plus lourd, parce qu’elle s’en est dégagée plus tardivement.

Gomment s’expliquer, en effet, sans invoquer un pro- [ fond mépris de l’observation, que Eichmann, Furnival, Seydlitz, aient rapporté la cause de la tuberculose à des altérations des systèmes nerveux et lymphatiques ;

> que Dupuy et Baron aient voulu voir dans le tubercule - des kystes hydatiques, c’est-à-dire des parasites vermineux, etc., à une époque si rapprochée de nous.

Période anatomo-pathologique.

Dès 1847, nous trouvons Virchow sur la brèche, et nous devons d’autant plus nous arrêter à ce nom, que cet auteur, dont nous aurons, au cours de ce travail, à étudier l’œuvre avec tant de détails, joue encore, à l’heure actuelle, un rôle important dans ce débat, où nous le retrouvons, malgré son grand âge, parmi les plus ardents combattants. Il essaya, tâche assez rude, de mettre un peu de clarté dans les contradictions des histologistes allemands : Lebert, Henle, Reiniiardt. Virchow établit l’entité anatomo-pathologique du tubercule. Il montra que le processus régressif de la caséification ne lui était pas spécial ; il montra enfin que le tubercule peut, suivant les cas, subir la dégé-

nérescence ou transformation caséeuse, calcaire ou graisseuse ; qu’il peut aussi se résorber et être remplacé par un tissu cicatriciel, c’est-à-dire guérir.

Virchow, pour des raisons anatomo-pathologiques, crut devoir séparer la pneumonie caséeuse de la phtisie tuberculeuse, que caractérise le tubercule typique, et fonda sa fameuse théorie de la dualité, que Niemeyer (1866) devait soutenir si chaudement sur le terrain de la clinique. Wagner (1870), Sciiüppel (1871), Virchow, Rokitansky, complétèrent l’étude histologique du tubercule, discutèrent longuement sur la structure et la signification des cellules géantes polynucléées qui en occupent le centre; mais cette discussion, si importante qu’elle ait été en son temps, ne nous intéresse plus guère. Le règne de l’anatomo-pathologiste était clos, ou plutôt on n’avait à attendre de lui que des renseignements complémentaires, de nature plutôt secondaire. La démonstration de l’étiologie, de la cause de la tuberculose devait être faite par l’expérimentation; l'anatomo et l’histo-pathologie étaient restées impuissantes devant le problème, aussi bien que la simple observation. Cette impuissance, que Virchow ne se résolut jamais, de plein gré à admettre, les anatomo-pathologistes de bonne foi et de bon sens, tels que Sciiüppel, l’avaient admise depuis longtemps.

Période de l’expérimentation.

C’est à un médecin français, au IVVillemin, que sont dues les premières expériences démonstratives sur la

cause de la tuberculose : elles remontent à une époque très proche de nous, à 1865. Dans une série de travaux 1 qui, depuis, sont devenus célèbres, mais qui alors passèrent complètement inaperçus, Villemin démontra que la tuberculose était inoculable. Cette opinion était contraire à celle que les savants admettaient avant lui et à ce que ces mêmes savants, et on peut dire l’universalité des médecins, continuèrent d’ailleurs à affirmer, après la publication des travaux de Villemin, malgré la valeur absolument probante et démonstrative de ses expériences. Pour paraphraser le mot de Voltaire : « nos savants et nos médecins ne sont pas ce qu’un vain peuple pense». Nous pourrions trouver dans la médecine maint exemple, en dehors du ;as de Villemin, où la démonstration scientifique la plus ugoureuse n’a eu aucune prise sur les esprits, lorsqu’elle allait à l’encontre de la mode, de la tradition, les intérêts supposés (le médecin, en effet, pas plus que ’individu ou l’espèce, ne saurait avoir et n’a jamais l’intérêt en dehors de la vérité), et si l’homme qui Omettait cette idée nouvelle n’était pas un homme ffficiel, un fonctionnaire important.

Les médecins furent trop longtemps des prêtres, des isclaves, ou, ce qui est pis encore, des affranchis; et à

1 Villemin. Causes et nature de la tuberculose. Bulletin de V Acad, le Méd., t, XXXII, 1866, p. 52.

Villemin. De la phtisie et des maladies qui la simulent dans la crie zoologique. Recueil de méd. vétérinaire , 18G7.

Villemin. Etudes sur la tuberculose. 1 vol., 1868.

Nous donnerons, dans notre second volume, où nous étudierons spécialement l'œuvre de Villemin, une bibliographie complète des .ravaux de cet auteur.

LE PROFESSEUR KO Cil

l’heure actuelle ils ne sont pas assez dégagés des dépendances et des conventions sociales. Le mysticisme ancestral, le mensonge traditionnel, le respect de l’autorité, pénètrent encore la médecine tout entière. C’est ainsi que s’explique le fait, pour ainsi dire prodigieux, que, jusqu’à la découverte de Koch, les démonstrations de Villemin, si probantes, si démonstratives, portant, on peut dire, l’évidence en elles-mêmes, ne provoquèrent aucune espèce d'intérêt.

Villemin prouva, au milieu de l’indifférence universelle1, que si l’on injecte à un lapin, derrière l’oreille, de la matière tuberculeuse provenant d’un homme phtisique, l’animal inoculé contractera fatalement la tuberculose pulmonaire, tandis que si la même injection est pratiquée avec du pus non tuberculeux, elle ne peut, dans aucun cas, produire la tuberculose. En outre de la matière tuberculeuse prise à l’homme tuberculeux, Villemin expérimenta sur les animaux avec le crachat de l’homme, avec la matière caséeuse, avec la matière tuberculeuse provenant d’un animal rendu expérimentalement tuberculeux; et enfin avec la matière tuberculeuse d’une vache atteinte de la maladie de la perle ou maladie perlée. Dans tous ces cas, il

4 Un très petit nombre d’exceptions doivent être comptées, parmi lesquelles nous nous plaisons à citer le nom vénérable de Chauveau, l’un des plus brillants représentants de la science, et, disons-le aussi, de la conscience française. Chauveau s'est glorifié, avec raison, depuis, de cette attitude qui ne fut pas sans mérite. Nous verrons en ellct comment Villemin, non seulement ne fut pas suivi, mais fut encore bafoué par la quasi-unanimité de ses confrères.

obtint des résultats positifs et conclut à l’inoculabilité de la tuberculose.

La maladie de la perle ( Perlsucht des Allemands, Pearl's disease des Anglais), n’est autre chose que la tuberculose des bovidés. On la désigne ainsi parce que fréquemment, sur les séreuses, notamment à la surface du péritoine et de l’épiploon, la tuberculose détermine, chez les bovidés, l’apparition de corps durs et arrondis rappelant la forme, l’aspect et la consistance des perles, et qui ne sont autre chose que des tubercules envahis par la matière calcaire. C’est pour la même raison que la tuberculose des bovidés porte, depuis longtemps, en France, où on a comparé les tubercules à des pommes, le nom de pommelière.

Chauveau confirma, dès 1868, par des expériences absolument probantes, les expériences et les idées de Villemin. Il montra que l’on peut déterminer, à peu près sûrement, chez des génisses, la tuberculose, en les infectant avec la matière tuberculeuse humaine. Il confirma ainsi la théorie de Villemin sur l’inoculabilité. Mais, dès cette époque, il affirmait, par des démonstrations expérimentales inattaquables, l’identité de la tuberculose bovine et de la tuberculose humaine, que maintes autres preuves et expérimentations contribuèrent à certifier. C’est cette idée de l’identité que Koch prétend détruire aujourd’hui, après avoir été le plus formel et le plus autorisé de ses défenseurs.

Mais nous reviendrons plus loin avec détails sur ces expériences de Chauveau, qui ont encore conservé, de

nos jours, toute leur valeur probatoire. Contentonsnous ici d’étudier les conséquences immédiates des théories de Villemin. Bien entendu, il ne s’agit que des conséquences théoriques et scientifiques, non des influences qu’elles auraient pu avoir sur la pratique ou sur la législation. La législation est restée indifférente jusqu’à ces dernières années ; la pratique humaine n’a pas encore, à l’heure où j’écris ces lignes, renoncé à secouer sa torpidité.

11 faut arriver à la découverte du microbe de la tuberculose par Koch, en 1882-83, pour voir cesser l’opposition médicale à la théorie de la contagion. Dans l’intervalle, les idées et les expériences de Villemin, après avoir été violemment discutées, étaient tombées dans le discrédit et l’oubli le plus complet. En vain les expériences positives et probantes de Ponfick, de Klebs, de Gerlach, de Baumgarten, de Cohnheim et Salomonsen, de Ilippoly te Martin, étaient-elles venues s’ajouter à celles de Chauveau, rien n’y faisait. Des expérimentateurs maladroits, ou trop désireux de voir les expériences se prononcer dans le sens de leur désir, ne purent, chose que l’on considère aujourd’hui comme étrange, arriver à reproduire l’infection, à la manière de Villemin. D’autres, par contre, opérant dans des conditions évidemment peu précises, croient reproduire la tuberculose en inoculant aux animaux des matières non tuberculeuses. Innombrables, seraient à lire, les articles inspirés par le détestable principe de la routine, de la tradition, de l’autorité. Mais toutes ces choses, qui nous paraissent si vieilles et qui pour-

tant datent d’hier, sont tombées dans un juste oubli; elles ne restent plus que comme un témoignage de la résistance ordinaire de l’esprit humain contre les vérités nouvelles.

Dans l’intervalle qui s’est écoulé entre les démonstrations de Villemin et celle de Koch, l’anatomo-pathologie ne resta pas inactive. Elle perfectionna nos connaissances sur la structure du tubercule, à tel point que l’on peut dire qu’il n’en restait plus à connaître que l'élément causal. Friedlænder, en particulier, nous enseigna la véritable nature des tuberculoses locales (lupus), insoupçonnée jusqu’à lui.

Virchow, cependant, maintient encore ses vieilles idées dualistes au sujet de la tuberculose, et tend à les étayer sur de prétendues différences essentielles entre les manifestations anatomo-pathologiques de la tuberculose de l’homme et de celle des bovidés.

Nous verrons avec détail en quoi consistaient essentiellement les idées dualistes de Virchow sur la tuberculose humaine ; il distingue la pneumonie, ou tuberculose caséeuse, de la phtisie tuberculeuse. Dans sonmémoire de 1880 1 Virchow ne se montre nullement convaincu de la valeur probative des expériences de Chauveau, Klebs, Guenther et Harms, Gerlacii, Parrot, Viseur, etc., qui témoignent bien pourtant que les matières tuberculeuses, qu’elles proviennent de l’homme ou des ani-

1 Virchow. Ueber die Perlsucht der Hausthiere und deren Uebertragung durch die Nahrung (Sur la maladie de la perle des animaux domestiques et sa transmission par l’alimentation) . Berliner klinische Wochenschrift, 1880, nos 14 et 15.

maux, produisent des altérations ou des lésions de même nature. Ces expériences, disons-nous, semblaient prouver, semblent prouver encore, qu’il n’y avait pas lieu d’admettre la dualité invoquée par Virchow. Elles semblaient démontrer également l'identité de nature entre le virus tuberculeux, qu’il fût d’origine humaine ou d’origine animale; c’est-à-dire, implicitement, l’identité de la tuberculose de l’homme et de celle des bovidés.

Mais Virchow persiste, inébranlable, dans ses antiques distinctions; pour lui, la Perlsucht des bovidés, qu’il considère comme le type des tuberculoses animales, est le pendant de la tuberculose caséeuse de l’homme, qu’il se refuse à considérer comme une forme ou un degré d’évolution de la tuberculose proprement dite. Il croit que les différences de structure, d’évolution, entre les tubercules calcifiés des bovidés, et les tubercules de l’homme, sont essentielles et impliquent une différence absolue de nature et de cause. Il rapproche ces formations du lymphosarcome, et se refuse à voir, dans les lésions caséeuses et molles du poumon du bœuf, des formations tuberculeuses. Malgré l'évidence même, Virchow conteste la valeur des résultats expérimentaux que nous avons indiqués et sur lesquels nous reviendrons plus amplement. Pour lui, l’existence d'un virus de la Perlsucht n’est pas démontrée.

Pourtant, Baumgarten1, se fondant sur les succès de

1 Baumgarten. Ueber das Verhaltniss von Perlsucht und Tuberculose (Les rapports de la maladie de la perle et de la tuberculose). lierl. /clin. Wochenschr., 188U, p. 697 et 713.

ses injections de matière tuberculeuse provenant d’animaux atteints de la Perlsucht, dans la chambre antérieure de l'œil du lapin, comme Coiiniieim et Hansen avaient déjà réussi à le faire avec de la matière tuberculeuse humaine, apporte des arguments très solides à la conception uniciste. Il constate, comme bien d’autres avant lui l’ont reconnu, Bollinger en particulier, que la caséification, niée par Virchow, existe dans la Perlsucht, où elle est rapidement masquée par la calcification. Lwow, au moment où paraît le travail expérimental de Koch, reconnaît, à la suite de ses études purement anatomo-pathologiques, que « les masses perlées sont constituées par un agglomérat de tubercules, individuellement identiques à ceux de la tuberculose miliaire 1 ».

L’attitude, en cela, comme en tant d’autres circonstances, vis-à-vis de la théorie de l’évolution notamment, du grand savant qui est Virchow, est vraiment curieuse, presque inexplicable. Mais laissons ce sujet de côté pour le moment. Puisque Virchow, ces temps derniers, a cru encore, quoique peut-être en partie à son corps défendant, ou plutôt sans se rendre un compte bien exact du rôle qu’on lui fait jouer, devoir prendre parti dans la mêlée, nous lui consacrerons un très longchapitre. Nous reproduirons in extenso sa communication récente, qui, pour beaucoup, reste inintelligible ;

1 Lwow. Ueber den Bau der Neubildungen bei der Perlsucht des Hornviehes (Sur la structure des néoformations dans la maladie de la perle des bêtes à cornes). Beats. Zeits. /'. Thiermedicin, t. VII, 1882, p. 374, avec bibliographie.

et nous examinerons la série de scs évolutions. Car on peut dire que la personnalité de Virchow symbolise l’évolution des idées modernes sur la tuberculose au point de vue anatomo-pathologique.

Si nous suivions l’ordre didactique normal, nous exposerions de suite la célèbre découverte du bacille de la tuberculose en 1882, par Koch. C’est une autre méthode que nous croyons devoir employer. Nous l’avons dit précédemment, la question tout entière de la tuberculose bovine est symbolisée, à l'heure actuelle, dans la personne de Koch ; après avoir examiné son attitude au Congrès de Londres, montré de quelle manière il procède dans ses citations, nous aurons à rechercher les causes et les origines probables de cette attitude ; c’est à ce moment que nous examinerons l'œuvre de Koch, afin d’en faire un tout logique et aussi afin que l’on ne puisse pas nous accuser d'avoir rien voulu dissimuler de ses mérites.

Il nous restera ensuite, pour achever notre tâche, à étudier les conséquences des affirmations de Kocu et à mesurer la portée du mal que nous l’accusons d’avoir sciemment et volontairement commis.

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