‹ Le professeur Koch et le péril de la tuberculose bovineChapitre 11 sur 34 · ÉPOQUE ANTIQUE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE ANTIQUE

On trouve déjà, dans Hippocrate, ou, pour parler plus

1 Une seule exception doit être faite pour la prophylaxie de la lèpre.

2 Les limites et la forme de ce chapitre nous y interdisent toute

exactement, dans la Collection Hippocratique (et il semble probable que les choses décrites dans la Collection Hippocratique étaient connues bien avant l’époque où elle a été rédigée), une description de la phtisie pulmonaire et de ses symptômes classiques. Elle est considérée comme produite par des foyers d’ulcération purulente, ougaxa (terme assez peu précis, dérivé de cpûga, tumeur, et par suite de cpuoua'., je croîs) développés dans les poumons.

Celse et Arétée, au commencement de notre ère,

incursion un peu pénétrante dans le domaine du passé. Contentonsnous d’indiquer à ceux qui sont curieux de critique historique quelques ouvrages, qui. tous, pourront les intéresser, bien qu’ils ne soient, ni les uns ni les autres, à l’abri de la critique. Le premier de ces travaux, celui de Wàldenburq, a été souvent mis à contribution par de nombreux auteurs, qui ont négligé de nous renseigner sur les sources de leur facile érudilion. Bien que les interprétations de Waldenburg ne soient pas toujours acceptables, surtout en ce qui concerne les documents juifs, c'est dans son ouvrage que l’on trouvera les renseignements les plus nombreux, les plus intéressants, les plus précis, sur l'histoire de la phtisie, non seulement dans l’antiquité, mais jusqu’à l’époque de la rédaction du livre.

Waldenburg (L.). Die Tuberculose, die Lungenschwindsucht und die Scrophulose (La tuberculose, la phtisie pulmonaire et la scrofulose). Berlin, 18119, Hirsclnvald.

Johne (A.). Die Geschichte der Tuberculose, etc. (L'histoire de la tuberculose, etc.). Deutsche Zeitsch. /'. Thiennedicin. t. IX, 1883; p. 1-88, et Sep.-Abd. Leipsig, 1883, Vogel.

F. Wesener. Kritische und experiinentelle Beitrage zur Lehre von der Fiitterungstuberculose (Contributions critiques et expérimentales à la théorie de la tuberculose alimentaire). Inaug. Diss. Freiburg, 188a.

Predohl (A.). Die Geschichte der Tuberculose (L’histoire de la tuberculose). Hamburg und Leipzig, 1888, Yoss.

Virchow. Phymatie Tuberculose und Granulie, eine historische critische Untersuclmng. Vii'chow's Archiv, t. XXXIV, 1863. p. 11-73.

Galien, au 11e siècle, reproduisent les idées hippocratiques; et Columelle nous dit très nettement que la i « phtisis » est bien le dernier state de cette phymie ou ulcération du poumon. « Est etiam ilia gravis pernicies, cùm pulmones exulcerantur, inde tussis et macies et, ad ultimùm, phtisis invadit1. ))

A ces époques relativement reculées, on n’avait encore aucune notion du tubercule, considéré aujourd’hui comme la lésion caractéristique de cette affection, que l’on n’avait alors aucun moyen de définir autrement que par ses vagues symptômes extérieurs. Nous avons définitivement isolé le concept, en déterminant sa cause; mais Virchow2 a parfaitement raison de soutenir que la compréhension du tubercule est absolument étrangère aux o’ja y.'7. des Hippocratiques. Quelle que soit la région du corps où ces cpuuaTa se rencontrent, ils n’ont d’autre signification que celle d’une « source de pus ».

Dans un autre chapitre de ce travail, nous étudierons cette question avec les développements qu’elle comporte.

Il ne faut s’attendre à trouver, pendant la sombre et méprisable période du moyen âge, que d’impudents mystificateurs essaient encore, à notre époque, de réhabiliter et même de glorifier, aucun progrès dans la compréhension humaine de la phtisie. Les prodigieuses institutions des sages de la Grèce, les trésors d’observations hérités de la Chaldée, de l’Egypte et de

1 Columelle (milieu du icr siècle). De re rustica (lib. VI, cap. 14). Cette citation se rapporte à la phtisie du bœuf.

■’ Virchow’s Archiv, Loc. cit ., 18G5.

LIS PROFESSEUR KOCR

la Grèce, étaient scellés dans des tombes profondes, par la barbarie judéo-chrétienne, ou grossièrement dénaturés par le mysticisme. Personne ne songea, au cours de tant de siècles, à retremper les forces de l’esprit perverti par la rêverie religieuse et l’extase, dans le bain vivifiant de l’observation.

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