‹ Le professeur Koch et le péril de la tuberculose bovineChapitre 3 sur 34 · La pommelière ou Perlsucht du poumon, d’après Vir · texte numérisé non relu

La pommelière ou Perlsucht du poumon, d’après Vir

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Par suite d’une erreur, la figure 6 est désignée par le chiffre 7.

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La question qui se pose, à l’heure actuelle, et qui résulte de l’attitude et des affirmations du professeur Koch à Londres et de mon intervention, semble se présenter sous un aspect complexe, que je vais essayer de développer.

Existe-t-il, au point de vue scientifique ou moral, une possibilité quelconque d’admettre ou de démontrer, d’abord que Koch ait eu raison, en second lieu qu’il ait été de bonne foi, lorsqu’il a soutenu, à Londres, la doctrine de la dualité des deux tuberculoses, humaine et bovine et l’inutilité de toute mesure de protection contre la tuberculose bovine. Je n’ai pas à entreprendre ici la discussion de cette question si complexe. Ce livre tout entier, pour ainsi dire, lui'est consacré ; mais, dès maintenant, je n’hésite pas à reproduire les affirmations que l’on trouvera à la fin de ce volume, et qui ne font qu’accentuer, en somme, ce qui a été déjà dit par divers auteurs. Déjà le professeur Adami et le Philadelphia medical Journal ont affirmé que l’attitude de Koch était « à peine moins que criminelle », « Utile less than criminal »; M. Arloing, avec sa très grande

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autorité, nous a montré Koch préparant soigneusement, par le choix de la culture humaine, faiblement virulente, dont il s’est servi, les résultats voulus et escomptés d’avance, qu’il a obtenus. Il nous a également montré ce savant, usant dans l’interprétation de ses résultats expérimentaux, d’une logique tout à fait spéciale. Enfin, moi, qui, au mois d’août 1901, croyais d’abord résolument à la vérité des affirmations du savant de Berlin, ensuite à sa bonne foi, je n’hésite pas à ouvrir, comme à clôturer ce livre, par une formelle accusation de mauvaise foi dirigée contre Ivoch. Que M. Koch ait, comme on l’a dit, obéi à un ordre; qu’il ait été payé par une puissante et riche camarilla, désireuse de ne pas voir tarir la source de ses bénéfices, même aux dépens delà santé publique ; ouqu’ilait simplement voulu être agréable àdes hommes puissants, en échange d’avantages qu’il n’a pas l’habitude de dédaigner, cela importe vraiment fort peu; et nous n’avons même pas à nous préoccuper de ces points de vue très secondaires de la question. Ce qui est essentiel, ce qui est inattaquable, c’est cette affirmation : que M. Koch, expérimentateur de premier ordre, a conduit ses expériences d’une façon inexplicable par aucun raisonnement scientifique; et qu’il en a tiré des conclusions qui, si elles avaient été appliquées, auraient provoqué une immense mortalité, etque rien ne peutscientifiquement expliquer ni légitimer. J’ai dit quej’avais d’abord cru à la véracité, puis à la sincérité de Koch; et je ne puis mieux comparer les évolutions par lesquelles est passée ma mentalité en cette affaire, qu’à mes hésitations et à mes

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erreurs, tout à fait semblables, lors de l’affaire Dreyfus. Si je me glorifie de ne pas appartenir à cette troupe innombrable d’hommes, à la mentalité peu enviable, dont les yeux ne se dessillèrent que lors du suicide ou de l’assassinat d'Henry, au moins dois-je reconnaître, que mon esprit est resté plongé dans l’erreur la plus complète, jusqu’au moment où le général Mercier, lors du procès Zola, par ses mensonges et ses hésitations, déchira brusquement le voile épais qui recouvrait mes yeux. Le cas de Kocn est exactement le même que celui de ces officiers, qui me semblaient incapables de condamner, d’une façon inique, un de leurs pairs. Le procès de Koch, actuellement pendant devant l’opinion publique et devant la critique scientifique-, est, comme le procès Dreyfus, le procès de V autorité. Et ce cas, si nous le dégageons de ses circonstances contingentes et accessoires, est encore absolument comparable au cas Humbert, qui peut nous fournir des images comparatives saisissantes de vérité et d’actualité.

Le professeur suisse Zschokke a dit, sur le cas de M. Koch, les paroles à lafois les plus sensées et les plus profondes que l’affaire de la tuberculose bovine ait encore inspirées aux hommes et aux savants. Le procès de M. Koch est le procès des « Autoritâtenglauben », des croyances aux principes d’autorité et de la conliance en ses manifestations.

Le principe détestable de l’autorité, en qui réside le vrai motif de toutes les barbaries, de toutes les stagnances ou de toutes les régressions sociales, a été, est et sera — car il ne semble pas près de dispa-

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raître — , à la fois le corrupteur et le bourreau de l’humanité. L’homme de conscience et de critique, c’està-dire le seul homme véritablement existant, ne peut ni ne doit le subir, même et surtout, dans ses formes les plus traditionnelles et les plus vénérées. Mais, lorsque ce principe s’exerce dans le domaine scientifique, il devient véritablement odieux, parce que nous pouvons être certains que partout où on le rencontre, il sera toujours utilisé dans un but de perfidie et d’exploitation ; et que, s’il est un domaine d’où ces mobiles devraient être extirpés, c’est bien, semble-t-il, le domaine scientifique.

Notre critique sonde, chaque jour d’un œil plus pénétrant, les abîmes de cupidité, de mensonge et d’hypocrisie, au fond desquels réside, comme en une forteresse imprenable et sacro-sainte, le mensonge traditionnel, politique et religieux. Cette autorité, dont abusa si longtemps le père de famille, pour prolonger le mensonge de la tradition et empêcher l’affranchissement des consciences, cette autorité barbare, qui faisait dire à Platon : « Si bonne que soit la famille, l’enfant doit être soustrait le plus tôt possible à son influence », cette autorité, dis-je, ne nous apparaît plus, comme sainte et sacrée, devant les droits supérieurs de la conscience individuelle, de la critique et de la vérité.

Si la folle imagination de Mme Humbert, n’avait pu appuyer ses conceptions délirantes sur les autorités d’un ancien ministre de la justice et premier président de la Cour des comptes, d’un bâtonnier de l’ordre des avocats, d’un notaire de famille royale, d’un secrétaire

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