SUJETS TRAITÉS
Rôle et utilité des éléments géométriques dans l’étude élémentaire de la
décoration.]
(Texte officiel du sujet proposé à la session du 6 mars 1899.)
Qu’est-ce que le dessin géométrique?
Son rôle ?
Son utilité ?
Il est facile de se persuader qu’un assemblage exclusif de lignes géométriques, courbes ou droites, bien équilibrées, peut donner lieu à une figure d’un caractère ornemental très décoratif.
Lorsque les élèves connaissent bien les proportions des droites entre elles, c’est-à-dire quand le professeur aura su leur faire évaluer à vue le rapport d’une droite à une autre, il passera à la seconde partie de son programme, qui comprend l’étude du dessin géométrique.
Le dessin géométrique n’est autre qu’une combinaison plus ou moins simple de lignes ayant entre elles des rapports directs. C’est au moment de son étude qu’intervient de suite l’application des exercices dont les figures donnent des exemples.
Ce modèle, avec l’habitude de l’enfant, doit aller du plus simple au plus compliqué. (Prendre, je suppose, un carré; diviser chacun de ses côtés en deux, les joindre respectivement ; reprendre encore la moitié des nouveaux côtés obtenus et arriver ainsi, quoique d’une façon très simple, à une combinaison de lignes ; partant de ce principe, on pourra trouver les arrangements les plus variés (fig. i4 et i5).
On peut encore apporter une difficulté, mais un intérêt de plus dans sa composition, en associant la ligne courbe à la ligne droite déjà bien étudiée (*) (fig. 16).
(0 On trouvera 62 modèles expliqués dans la brochure à l’usage des instituteurs due à la plume de deux inspecteurs de l’enseignement du dessin : Notice et conseils pour l’application des quatre premiers paragraphes du programme officiel, avec l’indication des modèles (Lib. Yuibert et Nony, o fr. 60).
L’emploi de ce mode géométrique simple et mathématique a été reconnu très avantageux dans l’enseignement du dessin, parce qu’il conduit directement à la représentation du dessin à vue, en donnant aux yeux et à l’esprit une grande concision, et qu’il amène immédiatement à l’étude de la décoration.
L’étude de la décoration élémentaire puise donc ses premiers principes dans la géométrie, pour emprunter ensuite au règne végétal la grande variété et le charme de ses formes ; c’est ainsi que dans des figures comme les précédentes, le professeur pourra inscrire des rosaces, des feuilles, des tiges, et arriver à d’originales combinaisons (fig. 17).
L’emploi du dessin géométrique dans la décoration est aujourd’hui reconnu comme très important, ses intérêts sont multiples. 11 donne à l’œil, à la main une grande précision; il développe l’intelligence; il donne à l’esprit des idées d’ordre et de pondération, d’où résulte la qualité d’harmonie qui est le principal attrait dans la composition.
Faire intervenir le dessin géométral dès le début de l’enseignement, alors que la décoration n’a pas encore pour l’enfant d’emploi direct, c’est éveiller chez lui des qualités de raisonnement dont il trouvera plus tard l’application déterminée.
De l’emploi des modèles muraux à l’école primaire.
Dans cette rédaction, nous étudierons successivement : i° ce qu’il faut entendre par modèles muraux ■ 2° pourquoi il faut les employer; 3° les différents modèles muraux.
Lorsque l’on commence à enseigner le dessin aux enfants, un problème à résoudre se présente de suite à l’examen des professeurs: quel sera le genre de modèles à donner aux jeunes élèves, car il existe plusieurs genres de modèles?
De ces divers genres, nous ne parlerons pas; mais nous dirons ce qu’il faut entendre par « modèles muraux », sujet de notre rédaction.
Ces modèles, réservés aux enfants qui commencent à dessiner, sont composés d’une série de planches groupant les figures les plus élémentaires du dessin, telles que le point, la ligne, et allant jusqu’aux figures com-
RÉDACTION
pliquées qui en sont formées, telles que: rosaces, grecques, carrelages et autres figures tracées géométriquement, et, à un degré plus élevé, des plantes étudiées d’après leurs éléments principaux, ou bien des réunions d’objets usuels représentés selon leurs différentes positions perspectives, tels qu’une chaise, un arrosoir, une table, etc.
Examinons pourquoi il faut préférer les modèles muraux aux autres, lorsqu’on enseigne à de jeunes élèves qui n’ont encore aucune notion du dessin. On ne peut les placer devant des plâtres, qui sont difficiles, étant donné qu’ils ont trois proportions: longueur, largeur et épaisseur, et que ces élèves ne connaissent ni la perspective ni la géométrie ; ils ne feraient donc aucun progrès.
Les modèles muraux apprennent non seulement aux enfants à savoir tenir un crayon et à acquérir une certaine habileté dans le tracé des figures, mais ils leur donnent aussi les premières notions de géométrie.
Un autre avantage de ces modèles, c’est qu’ils habituent l’élève aux formes qu’ils représentent.
L'élève ne leur sera plus étranger quand le professeur mettra sous ses yeux l’objet lui-même; car- on ne doit pas tarder à faire dessiner l’enfant d’après les modèles en relief.
Les modèles muraux doivent être écartés lorsque l’élève devient plus fort; il serait mauvais pour lui de reproduire un plâtre ou des plantes d’après des lithographies, dès qu’il a quelques notions de dessin et qu’il peut discerner par lui-même.
Mais examinons en détail l’emploi des planches formant la série des modèles muraux. Les premières planches de ces modèles contiennent le point, la ligne dans toutes ses positions, horizontale, perpendiculaire, oblique, parallèle; le maître doit expliquer ce qu’est un point, une ligne; il fera remarquer que la ligne se retrouve dans un grand nombre de figures planes, telles qu’un carré, un losange, et dans les solides, cubes, prismes.
Il donnera des explications analogues pour les planches qui suivent et qui contiennent des lignes brisées, des angles et des figures telles que triangles, carrés, losanges. Puis, lorsque les élèves seront accoutumés au tracé de ces figures, le maître leur fera dessiner des modèles plus compliqués, qui sont formés de tous les éléments étudiés dans les précédentes leçons. Le maître donnera enfin toutes les explications nécessaires, en sorte que lorsque les enfants auront terminé la série des modèles muraux, ils aient toutes facilités pour aborder les ornements en relief, ce qui demande une sûreté de main qui ne s’acquiert qu’après un certain exercice et après s’être fait une idée exacte des proportions, et un coup d’œil juste.
Gcédy. — Le Professorat du dessin.