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can ; le second, qui porte un griffon, est de provenance inconnue.
Les trois vases, de différentes formes, qui portent les numéros 2868, 2869 el 2870, ont été exécutés d’après des originaux en terre cuite, qui sont au musée du Louvre.
Le molosse dont la tête est représentée sous le n° 2625, et la tête de cheval qui porte le n° 676, viennent de la galerie des Offices à Florence. De ces morceaux, le premier est moulé sur un marbre, le second sur un bronze.
Viennent maintenant des bas-reliefs offrant des ensembles de la figure humaine; ce sont: n° 1271, une femme dansant, fragment qui provient de la villa Albani ; n° 2941, une Bacchante qui danse en jouant des castagnettes et un Faune flûteur, qui décorent la panse du vase Borghèse que l’on voit au Louvre ; n° i5i4, un retour de chasse ou des Ménades, également au Louvre ; et enfin, n° 218, un Faune avec une panthère, dont le modèle est conservé au musée du Vatican . Les originaux de tous ces ouvrages sont en marbre.
L’étude des éléments de la figure humaine appelle l’emploi de modèles de différentes sortes : écorchés, moulages sur nature et moulages sur des chefs-d’œuvre de la sculpture. L’Hercule Farnèse, dont les élèves devront dessiner un pied (n° 1970), est une statue colossale en marbre ; elle fait partie du musée de Naples. Les deux jambes du Faune à l’enfant (nos 1478, 1479) sont les fragments du groupe célèbre qui est au musée du Louvre, et qui porte aussi le nom de « Silène portant le jeune Bacchus ». Le Germanicus, autre belle statue antique du musée du Louvre, a fourni les deux jambes inscrites sous les noS 1471 et 1472. L’original du torse, dit de « l’Amour grec » (n° 1378), est un marbre du musée du Vatican. Des bustes portés au programme, le premier, le Brutus jeune (n° 1 4 7 3 ) . est au Capitole; le deuxième, Agrippa (n° i45i), est au Louvre ; le troisième, celui de Voltaire (n° i3oi), est la tête de la statue assise de Voltaire qui est placée dans le foyer de la Comédie française ; c’est un ouvrage du sculpteur français Houdon : le quatrième, appelé Cicéron (n° i558), est à Rome au musée du Capitole ; tous les originaux sont en marbre. Quant au buste dit le Platon, ou plutôt le Bacchus indien (n° 1908), c’est le moulage d’un buste en bronze qui appartient au musée de Naples.
Les modèles qui sont affectés à l’étude du dessin dans les
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Classes supérieures présentent généralement des ensembles et ont, au point de vue de l’art, une signification très marquée. C’est d'abord le chapiteau corinthien du temple des Dioscures (n° 2824), puis un chapiteau gothique du xmc siècle, tiré de Notre-Dame de Paris (n° i4o3), un chapiteau-pilastre du château de Caillou, qui appartient à la Renaissance française (n° 1599), et enfin (n° 2912), un fragment du fleuron qui décore la partie supérieure du monument choragique de Lysicrate à Athènes. Les monuments choragiques sont ceux qu’élevaient des citoyens qui, chargés d’organiser et de diriger des chœurs de musique dans des fêtes et des concours publics, avaient remporté la victoire.
Des vases inscrits sous les numéros 3o4 et 1198, le premier, décoré d’une danse de Ménades, fait partie de la collection de la villa Albani à Rome ; le second est à Londres. Tous deux sont en marbre. L’ornement n° 1075, composé de palme ttes et de culots, décorait l’architrave de l'entablement du temple des Dioscures ; il est de la grandeur de l’original. Le fragment de frise trouvé dans le forum de Trajan à Rome appartenait à l'entablement d’un édifice d’ordre corinthien ; il est conservé au musée du Vatican. Quant aux morceaux qui portent les numéros 243i, 243o, 2435 et 2436, les originaux en étaient au musée de Boulaq au Caire ; ils sont transportés dans le palais affecté aujourd’hui à ce musée. Sous le n° 1 3 1 6 est cataloguée une tête de chien de Benvenulo Cellini ; elle est moulée sur le bronze du grand bas-relief qui représente la nymphe de Fontainebleau. Le taureau en ronde-bosse (n° 2088) est tiré du musée du Vatican ainsi que la vache et le taureau en bas-relief (nos 369 et 368).
Maintenant viennent les modèles d'après lesquels on peut étudier l’ensemble de la figure humaine ; ils reproduisent quelques-unes des plus belles statues anciennes et modernes. Nous n’avons ici qu’à en indiquer la provenance ; peut-être faudrait-il entrer dans plus de détails. Mais, pour nous borner, nous dirons que l’Achille Borghèse (n° 2816) est au Louvre, et le Discobole (n° 2816) au Vatican ; ce sont des réductions des originaux. Le Faune au chevreau (n° 2818) est au musée de Madrid ; il est dans sa vraie grandeur. Il en est de même de l'Uranie (n° i337) ; cette figure est au Vatican.
L’original de l’Esclave de Michel- Ange est au Louvre, dans le musée de sculpture de la Renaissance. Notre plâtre est une
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réduction ; il est inscrit sous le n° 2814. Le Tireur d’épine (n° 1 388) est moulé sur le modèle en bronze qui est conservé au musée du Capitole à Rome. Le Faune dansant a été trouvé à Pompéï, dans une maison antique, à laquelle il a donné son nom ; le plâtre (n° 864) est aussi de la grandeur du modèle. Le Gladiateur combattant (n° 2919) est une réduction de l’original, qui est au Louvre. Quant au Sophocle (n° 6o5), l’original en est à Rome au musée de Saint- Jean-de-Latran.
Observations pratiques. — Dans son principe, le dessin doit être enseigné comme un moyen de représentation sûr et devant fournir des images exactes. Il est enseigné dans ses éléments comme une langue figurée, soumise à des règles fixes, comme une transcription qui 11e doit jamais fausser la vérité. On doit d’abord en faire comprendre l essence exacte et enseigner les procédés qui assurent sa correction. On établit ainsi une base solide sur laquelle toutes les applications, quelles qu’elles soient, trouvent à s’appuyer. C’est dans cet esprit que le professeur, sans entrer dans des développements abstraits, doit diriger les premiers essais des commençants. Il ne les soumettra point à des pratiques qui laissent leur intelligence inactive. Il les exercera tout d'abord à un certain ordre d’observations. Ainsi, il leur fera exécuter à main levée, et sans le secours de la règle et du compas, les tracés linéaires qui sont placés au début des études. C’est un excellent exercice pour former l’œil à des appréciations, la main à une rectitude, qui sont, pour la pratique ultérieure du dessin, de première nécessité.
Le caractère de renseignement est d’être collectif. Un certain nombre d’élèves seront groupés autour d’un même modèle. Si ce modèle est en relief, le professeur veillera à ce que les sièges soient rangés à l’entour, de façon que chaque élève puisse être convenablement placé.
Les salles de dessin présentent les dispositions les plus inattendues : on a rarement songé à les construire et à les aménager en vue de leur affectation spéciale. Le professeur cherchera à parer à ce que l’éclairage aurait de défectueux, au moyen de rideaux faisant que la lumière vienne d’un seul côté et autant que possible de haut, mais au plus à 43 degrés. Pour ménager le temps, il fera en sorte que la classe soit prête au moment de l’ arrivée des élèves, que les cartons et le modèle soient en place. Celui-ci devra être éclairé de telle façon que, si c’est un
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objet eu relief, sa plus grande partie ne soit pas dans l’ombre. Si le modèle est plan, il sera appliqué au mur ou dessiné au tableau aussi avant la leçon.
Les modèles présentent une série graduée, qu’il faut, autant que possible, passer en revue. On ne consacrera pas à chacun d’eux un trop grand nombre de séances. Dans la première, le professeur donnera des explications orales. Elles seront brèves et substantielles. Le programme du dessin part de la ligne droite pour arriver graduellement à la figure humaine. A mesure qu'il se développe, les commentaires deviennent plus nécessaires. Lorsque l’élève commence à dessiner les solides géométriques, les éclaircissements deviennent indispensables. \ l’aide de schèmes de ces figures exécutés au fil de fer, le maître arrive à rendre immédiatement sensibles les phénomènes de la perspective, et, par suite, il est amené à donner, de cette science, les premières notions pratiques. Plusieurs élèves dessinant à la fois le même modèle, chacun d’eux, de sa place, voit ce modèle sous un aspect différent et avec des déformations particulières. La multiplicité de cas dont la solution est ramenée à un petit nombre de règles aide singulièrement à l’intelligence de celte science, qui, selon Léonard de \inci, constitue le dessin pitto- * resque tout entier. Cette multiplicité rend les phénomènes perspectifs plus sensibles et plus intelligibles à la fois. Pour y contribuer encore, les explications du professeur seront toujours données à haute voix. On exigera toujours aussi que, dans les dessins des élèves, la normale verticale et la ligne d’horizon soient préalablement tracées et restent visibles jusqu’à la fin. Comme l’élève recevra en même temps la première leçon de dessin géométral, il se trouvera initié par là au dessin tout entier ; il en aura la notion intégrale. En effet, le maître ne manquera pas d’expliquer comment ces deux modes de dessin se prêtent un mutuel concours et comment ils rentrent l’un dans l’autre.
Tout en étant initié à ces notions exactes, l’élève en trouvera une application intéressante en copiant des modèles d ornement en relief. Les exemples de ce genre sont, en général, empruntés aux plus beaux monuments antiques. Ils seront poulie maître une occasion de parler de ces édifices et de jeter ainsi dans l’esprit de ses auditeurs les premières notions de 1 histoire de l’art.
L’attention de l’élève est plus fortement attirée et fixée par le dessin, quand il aborde la tête humaine. Des explications
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plus générales et plus délicates sur la perspective se rattachent à cet exercice, dans lequel on a toujours à représenter, indépendamment du buste lui-même, le piédouche rond ou carré qui le porte. Cet élément ne doit jamais être négligé. Quant à la tête elle-même, on ne peut réellement se rendre compte des lignes qu’elle présente, sans avoir d’abord tracé la verticale normale et la ligne d’horizon. L’intelligence des modifications optiques des formes dépend du bon établissement de ces premières données. Mais ici, pour ses corrections et ses démonstrations, le professeur appellera à son aide d’autres notions aussi de nature exacte. L’anatomie, dont il doit enseigner les éléments essentiels, donnera aux observations, qu’il est appelé à faire, une autorité nouvelle. La construction d’une tête est constante, et les différents éléments qui la constituent se retrouvent dans tous les modèles. Toutes les formes ont leur raison. De là naissent un grand nombre de considérations précises, de leçons de choses d’un ordre particulier, propres à intéresser l’élève. Mais, indépendamment de ce qui en détermine les formes, il y a dans la tête humaine le caractère et l’expression. Le caractère varie, selon que l’œuvre d’art est grecque ou romaine ; et, comme, en même temps, il est individuel, il est infiniment divers. Ainsi les personnages mythologiques appartiennent à un monde idéal, qui n’est pas celui des personnages historiques. La tâche du professeur est d’indiquer tout cela en peu de mots ; et tout cela lui vient en aide pour ses corrections. Et si, à propos de l’architecture, il a été conduit à parler des styles, à propos de la sculpture, il en viendra à dire quelque chose de la symbolique. Cependant l’élève avance dans ses études ; et, tout en appliquant les règles du dessin dans toule leur rigueur, il acquiert des idées sur les arts, et son goût commence à se former. Grâce à cette direction, il s’attache au dessin et se plaît aux leçons de son maître.
Lorsque l’élève arrive à dessiner de grands morceaux d'ornement, des fragments d’architecture, des ensembles défigurés, il prend une idée plus complète des chefs-d’œuvre d’art classique. Ce que le professeur peut lui dire alors aura encore plus d’importance au point de vue du goût. Dessiner des chapiteaux et des entablements d’ordre dorique, ionique et corinthien, c’est travailler de l’esprit. On fera bien de laisser l’élève quelque temps en leur présence. On devra l’y faire demeurer de même qu’on l’arrête sur quelque texte, en présence de quelque idée
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dont il importe qu'il pénètre le sens profond, en regardant de près à la forme dont l’écrivain l'a revêtue. Il y a là un travail dans lequel l’élève doit être assisté parle maître. Celui-ci, par ses réflexions, l’intéressera aux formes, aux proportions, et le soutiendra dans son travail, qui doit être de quelque durée, en appelant continuellement l’esprit au secours de la main.
L’étude de la figure nécessite aussi la correction par l'anatomie, et, avec elle, d'autres considérations que le professeur ne manquera pas de faire valoir. Ce sont celles qui ont trait à l’équilibre et aux proportions du corps humain. D’une part, notre corps au repos ou en mouvement est soumis à certaines lois d’équilibre, que l’on peut analyser et définir. D’autre part, la juste relation des parties du corps avec l’ensemble et de l’ensemble avec les parties constitue certaines conditions d'harmonie, qui, reposant sur des moyennes, ont été formulées par les plus grands artistes aussi bien que par les savants. Dans leur principe, elles répondent à un instinct qui est en nous, et, en même temps, elles font concevoir un état physique qui, une fois réalisé, serait le plus favorable à l’expansion de notre énergie. L'idée de proportion n’est pas un vain caprice : elle répond à la conception d’un être normal. En réalité, toute dérogation à son principe constitue, à différents degrés, une difformité. Les professeurs sont préparés à exposer, sur ce sujet, la théorie la plus accréditée : celle de Jean Cousin.
Considérations sur les rapports du dessin avec les autres enseignements. — Le dessin graphique est naturellement rattaché à renseignement scientifique. Mais il faudrait réagir contre le discrédit dont paraît frappé dans renseignement secondaire tout ce qui touche aux beaux-arts, discrédit qui laisse ainsi sans préparation et sans culture tout un côté des esprits. Les arts auront eu dans notre siècle une importance considérable, et le peu d’attention qu’on leur accorde dans les études est une singulière anomalie. 11 semble qu on puisse s’en occuper et les juger sans la moindre notion du principe sur lequel ils reposent et des lois qui les. régissent. Le goût public se trouve ainsi exposé à toutes les surprises et risque de n’être guidé que par le hasard.
Le dessin peut servir à combler cette lacune. C’est un progrès, que, dès les classes de grammaire, les enfants soient initiés aux premiers éléments du dessin linéaire et géomé-
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trique, comme de l’ornement : en cela on a fait simplement pour eux ce qui se pratiquait déjà pour les élèves du même âge dans les écoles primaires. Il en résulte ceci : c’est que dès le commencement le dessin tient une place dans les études ; partant de là, il suit un développement régulier. Assurément nous ne prétendons pas que le cours de dessin doive prendre dans les lycées une extrême importance ; mais il offre une occasion précieuse de donner aux élèves les premières notions artistiques. Grâce à lui on a quelque chance de leur faire connaître les grandes époques de l’art, en mettant sous leurs yeux les chefs-d’œuvre classiques. Au dessin de l’ornement, du paysage et de la figure, on pourrait joindre de bons éléments d’architecture, qui seraient donnés concurremment avec les études scientifiques. Tout cela, appuyé sur d’excellents modèles, ne serait pas inutile à des jeunes gens qui, devenus hommes, peuvent être appelés, dans les conseils de leur pays, ou pour leurs propres affaires, à se rendre compte d’un projet et juger des arts.
Pour obtenir ce résultat, il faudrait que la pratique du dessin trouvât dans celles des branches de l’enseignement qui le comporteraient un appui efficace ; il serait à désirer que l’on rapprochât autant que possible les monuments écrits des monuments figurés. A Paris, avec les ressources dont on est entouré, avec les promenades dans les expositions rétrospectives et dans les musées, ce rapprochement pourrait se faire, si les élèves étaient accompagnés d’un professeur capable de leur donner cette leçon. Mais dans les provinces, il faudrait un choix de moulages, de photographies et de livres spéciaux.
Une connaissance exacte de la mythologie est indispensable pour bien comprendre et pour goûter les écrivains classiques et les poètes en particulier ; tout l’an des anciens est né de la poésie, il en est l’inséparable complément. Nous ne croyons pas qu’il existe un ouvrage élémentaire sur la mythologie ayant pour but d’aider à l’intelligence des auteurs et de remonter à la raison et à la source de fart. Nous n’avons pas une idée suffisamment haute des fables de la Grèce. Ces fictions, pleines d’un sens si juste, souvent d’une délicatesse si exquise et quelquefois d’une si grande moralité, s’offrent à nous dépouillées de leur signification originaire et profonde, sommairement réduites à des conceptions assez grossières qui faussent la vérité et ne donnent pQint l’idée de l’anthropomorphisme grec, vrai
Guédy. — Le Professorat du dessin.
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modèle de l’art. Les ouvrages de M. Decharme et de l\l. Collignon sont excellents, mais sont, pour l’objet que nous indiquons, trop tournés vers l’archéologie. Il faudrait une mythologie littéraire s’appuyant sur l’art et y cherchant sa figure. En attendant, des gravures et des photographies exécutées d’après les antiques seraient nécessaires pour bien faire connaître les formes dont les artistes ont revêtu les types créés par l’imagination des poètes. Pour seconder l’action des maîtres, on devrait déposer dans les bibliothèques universitaires, à coté d’ouvrages tels que la Symbolique de Creuzer et Guignault, et Y Histoire des religions de V antiquité de M. Maury, des livres comme la Galerie mythologique de Millin, travail déjà ancien mais encore utile; le Manuel d’ Archéologie de M. Otlfried Müller et le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines de Rich, ces derniers se rapportant également à la religion et à l’histoire.
Cette dernière science embrasse chaque jour un champ plus étendu. A côté des faits, elle montre le développement des idées ; le tableau des mœurs appelle des considérations sur les beaux-arts. L’histoire fait plus : elle estime que les productions de fart et de l’industrie sont une source d’informations aussi respectable que les textes eux-mêmes, et elle les met à contribution. Il serait à souhaiter que ces précieux témoignages de la physionomie des temps pussent être mis sous les yeux des élèves au moyen de reproductions exactes. Cette idée, qui avait été conçue par M. Duruy, dont l’initiative en tout ce qui intéresse l’enseignement a été si féconde, cette idée avait été développée dans une Histoire de France, fruit de la collaboration de MM. Bordier et Char ton. M. Duruy achève de lui donner toute sa portée dans sa belle Histoire romaine et dans son Histoire grecque, qui, elle aussi, restera comme un monument de science et de science figurée. Mais, pour le professeur des lycées et des collèges, il faudrait former des portefeuilles réunissant par nations et par époques des images, des monuments nombreux, sculptures, peintures, médailles et monnaies, armes, costumes, ustensiles caractéristiques. Au fond, c’est bien là le point de vue de l’histoire, qui, pour rendre ses leçons plus complètes, ne doit pas dédaigner de s’adresser aux yeux. L'idée d’appeler l'art à faire ainsi subsidiairement sa propre histoire mérite d’être largement étendue.
Partant de là, ne serait-ce pas créer une source de vif intérêt
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pour l’élève que de lui montrer, tandis qu’il traduit les poètes, des collections de monuments anciens inspirés directement par eux ou se rapportant simplement aux sujets qu’ils ont chantés? Citons parmi les recueils de ce genre, d’ailleurs contenus en germe dans la Galerie mythologique de Millin, la Galerie homérique d’Inghirami, la Galerie héroïque d’Owerbeck, les Monuments inédits d’antiquité figurée grecque, étrusque et romaine, cycle héroïque, contenant Y Achilléide, Y Orestéide, YOdysséule •par Raoul Rochette, etc. L Iliade et l Odyssée, bien antérieures à toute œuvre d’art proprement dite, renferment toutes les aspirations de la Grèce, déjà si profondément artiste, et tout ce que le langage peut exprimer d’idées propres à un art qui eût été parfait. R est fort peu des épithètes d’Homère qui n’aient un sens plastique ou ne se rapportent à un effet pittoresque. Les vases grecs, sur lesquels il existe tant de publications, abondent en sujets qui, parleur style et leur expression simples et grandioses, semblent un éloquent commentaire des plus anciennes traditions cosmogoniques et héroïques. Disons aussi que tout ce qui concerne le costume reste incompréhensible sans les monuments. D’un autre côté, quel ouvrage plus capable d’intéresser les élèves qui expliquent, avec les poètes, les historiens et les orateurs, que Y Iconographie grecque et romaine de Yisconti? Est-il un écolier intelligent qui ne soit désireux de connaître l’image de chacun de ces grands hommes, dont le nom est comme le résumé, et l’œuvre comme l'idéal de quelque partie du génie? Si l’on passe au caractère moral, la supériorité sereine d’un Périclès, la sensibilité d’un Euripide, la pénétration et l’ironie d’un Ménandre, la contention d esprit d’un Démosthène, éclatent sur leur visage par des traits qu'on ne peut plus oublier dès qu’on les a vus une fois. En même temps, quels documents plus propres à éclaircir l’histoire de l’aristocratie romaine que ces têtes de patriciens dans lesquelles l’énergie militaire et la gravité sacerdotale s’allient si étroitement à la dureté du légiste et du financier? L’étude plus complète de l’homme, celle qui, en invoquant son image, le fai t revivre dans son extérieur et dans l’enveloppe typique qu’ont revêtue ses facultés, ne viendrait-elle pas enrichir le domaine des humanités? Nous irons plus loin. Un bas-relief de style attique, comme celui qui a pour sujet Bacchus chez Icarius, ou encore celui qui représente Antiope, Zétüs et Amphion , la statue d’Aristide enveloppée d un étroit manteau dans l’attitude
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austère que les usages de la tribune imposaient aux orateurs athéniens, quelque stèle funéraire, ou l’un des nombreux vases que décorent des bacchanales, sont on ne peut plus propres à faire comprendre le génie littéraire de la Grèce et le caractère riant et serein de la vie hellénique. La manière naturelle d’exposer un sujet, la simplicité lumineuse de la forme, la savante retenue de l’expression, toutes les qualités qui. dans l’art de bien dire, constituent l’atticisme, ont été possédées par les artistes grecs au même degré que par les écrivains.
En dernière analyse, l’éducation des gens du monde ne serait-elle pas plus parfaite si l’union des arts avec les lettres était rendue plus étroite dans l'enseignement universitaire, et si l’art y était continuellement relevé par le soin que I on aurait de le rattacher, non à la fantaisie, mais aux plus nobles de nos facultés? Au sommet des hautes études, nos écoles d’Athènes et de Rome prouvent combien cette union peut être féconde. Nous voudrions qu’elle fût consacrée dès la classe de grammaire ; et que l’art, après avoir été présenté comme une des plus vivantes expressions du sentiment politique et religieux, comme une des sources de l’histoire et l’indispensable auxiliaire de l'intelligence littéraire, fût rattaché, sous le rapport de sa critique, aux principes qui règlent toutes nos productions et, sous le rapport de son origine, aux idées constitutives de l’esprit humain.
Eug. Guillaume, Membre de l’Institut.
EXAMENS DE L’ÉTAT
(Aspirants et Aspirantes.)
i° Certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les écoles normales primaires et dans les écoles primaires supérieures.
2° Certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les lycées et collèges ( Premier degré).
3° Certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les lycées et collèges ( Degré supérieur).
4° Certificat d’aptitude à l’enseignement de la composition décorative.
I. — CERTIFICAT D’APTITUDE A L’ENSEIGNEMENT DU DESSIN DANS LES ÉCOLES NORMALES PRL MAIRES ET DANS LES ÉCOLES PRIMAIRES SU- PÉRIEURES.
EXPOSÉ PRATIQUE
Le diplôme conférant le droit d’enseigner dans les écoles normales et dans les écoles primaires supérieures a été institué par un arrêté ministériel du 18 janvier 1887. C’est l’examen qui réunit chaque année le plus grand nombre de candidats : en moyenne 200 jeunes gens et jeunes filles, ces dernières formant la grande majorité. La plupart des candidats sont âgés de 18 à 20 ans ; ils se sont préparés à cet examen en suivant les cours des écoles de Beaux-Arts ou d’Arts décoratifs, ou enfin ceux des écoles professionnelles.
Une école normale spéciale pour le professorat de dessin a été créée à Paris par M. Quérin, et elle prépare, elle aussi, un grand nombre d’élèves hommes et femmes. En province, quelques écoles régionales
ou municipales de Beaux-Arts ont une section normale spéciale ment affectée à la préparation aux examens. Néanmoins il faut reconnaître que, pour les candidats de province, cette préparation est beaucoup plus difficile que pour ceux de Paris ; pour les personnes qui habitent les petites villes où il n’y a pas d’artiste susceptible de diriger leurs études de dessin de figure, elle est presque impossible.
L’examen, en général, est très faible, et les dessins et les épures que nous reproduisons directement, d’après les travaux exécutés par des candidats, sont de beaucoup supérieurs à la moyenne. Nous expliquons, dans deux chapitres spéciaux^1), quelles sont les matières qui forment le programme de fexamen, comment les questions sont posées et comment il faut essayer de les résoudre. Nous ne parlerons donc, dans cet exposé, que du résultat pratique que donne l’oblention du certificat d’aptitude à l’enseignement dans les écoles normales.
Le diplôme ne confère par lui-même aucun droit, et ceux qui en sont pourvus ne peuvent exiger aucune nomination. C’est pour cela que la plupart des élèves qui se destinent à la carrière de professeur de dessin ne passent cet examen que pour gravir, un à un, tous les degrés de la voie hiérarchique : écoles normales, — lycées et collèges Ier degré, — lycées et collèges degré supérieur, — composition décorative.
Cependant, le cas peut se présenter, et il s’est déjà présenté, d’élèves voulant limiter à ce seul certificat la liste trop longue des examens ouvrant la carrière de professeur de dessin . Quel sera donc le résultat pratique qu’ils tireront de ce grade ? Nous l’avons déjà dit : le résultat est nul ou à peu près. En effet, le candidat muni de ce diplôme ne peut solliciter officiellement que sa nomination dans une école normale ou dans une école primaire supérieure. Cette nomination sera le résultat d’une demande spéciale adressée au ministre ; mais le nombre des places étant très limité, les vacances rares, et les candidats très nombreux, la demande subit toutes les fluctuations d’une requête adressée au ministère, et elles sont nombreuses ! Elle peut stationner ainsi de longues années sans qu’il lui soit donné de solution favorable si' elle est adressée en vue de rester ou de venir à Paris, car là est le centre d’élection de quatre-vingt-dix-neuf pour cent des candidats. Au contraire, si le candidat veut aller en province, dans des centres très éloignés de Paris, la demande peut obtenir dans un délai très court une réponse favorable ; de nombreux postes sont vacants, et quelques-uns sont même donnés à titre temporaire à des
O Pages 39 et 80.
EXPOSÉ PRATIQUE 23
jeunes gens non munis du certificat d'aptitude, mais qui s’engagent à passer cet examen.
Ces demandes constantes pour Paris ne sont pas toujours faites dans le simple but de vivre à Paris, centre plus artistique et plus attrayant ; elles ont une raison beaucoup plus sérieuse, raison quelquefois même absolument péremptoire. Cette raison-là, c’est que la plupart des candidats qui habitent Paris vivent en famille et qu’il leur serait matériellement impossible de vivre en province avec le traitement dérisoire qui leur est alloué comme professeurs dans une école normale. En effet, ce traitement est des plus minimes : les jeunes professeurs reçoivent sans retenue, pour chaque heure d’enseignement par semaine, i5o francs les cinq premières années, 175 francs les cinq suivantes, et 200 francs comme maximum ! Ces augmentations ne peuvent être obtenues qu’après avoir reçu pendant cinq années le traitement inférieur. Le traitement moyen des professeurs de cette catégorie est d’environ 800 francs par an.
Mais s’il y a des candidats qui veulent rester à Paris parce qu’ils y vivent en famille, il y en a d’autres qui désirent aussi y rester pour continuer leurs études, et à qui ce très modeste traitement, joint à deé ressources particulières, permettrait de suivre les cours de l’école des Beaux-Arts et de se présenter aux examens supérieurs du professorat de dessin.
Comme la nomination à un poste de Paris est une chose sinon impossible, tout au moins des plus difficiles, la plupart des candidats passent le certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les écoles normales sans vouloir en tirer un résultat immédiatement pratique, c’est-à-dire une nomination en province. Une fois ce brevet obtenu, ils continuent à travailler, et passent tour à tour les brevets des lycées et collèges, ce qui leur permet, s’ils sont reçus à ces examens et nommés à un poste, de cumuler la place de professeur de dessin au lycée et à l’école normale. De là des appointements plus élevés, qui permettent au jeune professeur de s’établir. Mais cette combinaison n’est pas toujours possible ; un arrêté de M. Rambaud, ministre de l’instruction publique, dit que dans le cas où « le service hebdomadaire d’un professeur de collège 11’atteindra pas le maximum réglementaire (dix-huit heures par semaine), le professeur pourra être tenu de compléter son service sans rémunération supplémentaire dans les établissements d'enseignement public de la même ville », et le professeur au lycée gagne 1 4oo francs par an, sans pouvoir obtenir d’augmentation avant quatre ans ! Si les candidats habitant Paris ne peuvent que très difficilement obtenir une place à Paris avec le seul certificat
des écoles normales — je dis le seul, car il est des candidats qui postulent avec leurs quatre brevets — ils peuvent cependant en tirer quelques très médiocres ressources pécuniaires. C’est ainsi qu’ils peuvent obtenir, avec quelques protections, des suppléances dans les écoles primaires de la Ville de Paris et dans les écoles professionnelles. Ces suppléances ont le sort de toutes les suppléances ; elles peuvent durer un jour, comme un mois, comme une année. Une autre ressource, s’offre encore au jeune professeur muni du certificat des écoles normales, celle de trouver un poste de professeur dans les écoles municipales de la banlieue de Paris. Pour être nommé à cette fonc tion, le candidat doit être présenté par le maire de la commune ; la nomination n’a lieu que sur le rapport favorable de l’inspecteur du dessin. Ces fonctions sont rétribuées par la commune suivant le crédit mis à la disposition du maire par le conseil municipal.
Le traitement est au minimum de 100 francs par an, pour chaque heure de cours par semaine; l’emploi du temps des élèves comporte toujours deux cours d’une heure par semaine, ou un cours de deux heures.
Enfin une troisième ressource pour les jeunes professeurs est celle de se faire nommer à un poste créé dans les écoles municipales de la Ville de Paris, lorsqu’il n’y a pas de candidats pourvus du diplôme spécial qui sollicitent cet emploi.
Au résumé, cet examen n’offre donc aucune ressource réellement pratique, et les divers moyens que nous signalons sont susceptibles de beaucoup d’aléas, car malgré le peu de rétribution de ces divers emplois, et les recommandations qu’il faut mettre en avant pour être nommé, il se présente beaucoup trop de jeunes professeurs pour ces différentes places.
Nous conseillerons donc aux candidats de passer de cet examen, pour suivre la filière du professorat de dessin, à l’examen des lycées et collèges, le certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les écoles normales n’offrant pas, à lui seul, assez de débouchés pour créer une situation à celui qui le possède.
Du reste, nous devons bien le dire, une grande partie des concurrents passent cet examen sans avoir l’intention bien arrêtée d’enseigner; c’est en quelque sorte un brevet simple du dessin, que bien des jeunes filles obtiennent pour pouvoir, le cas échéant, s’en servir.
Nous indiquerons les modifications qui ont été proposées pour l’examen des écoles normales ; ces modifications ont été le sujet de nombreuses discussions ; mais rien n’est encore définitivement acquis, pas même le principe.
EXPOSÉ PRATIQUE
Le principal reproche que Ton adresse au programme de l’examen des écoles normales est qu’il n’est pas assez abordable au personnel primaire. Très peu d’instituteurs ou de maîtres-adjoints des écoles normales, dit M. Jules Pillet, ont en effet pu l’obtenir jusqu’à ce jour. Ce qui rend le certificat des écoles normales peu abordable au personnel primaire, c’est l’épreuve de dessin d’après un buste ; elle est presque impossible à affronter pour une personne qui travaille seule ou sans les conseils d’un peintre ou d’un sculpteur, et c’est le cas de presque tous les instituteurs ou maîtres-adjoints des écoles normales.
Au contraire, avec de la persévérance, et en prenant les conseils des architectes, beaucoup moins rares dans les petites villes que les peintres et les sculpteurs, cette même personne peut arriver, presque seule, à dessiner passablement un ornement; c’est pourquoi M. Pillet désirerait que l’épreuve du dessin d’après un buste fût supprimée, ou, à la rigueur, que la note chiffrée qui en est la conséquence fût combinée avec celle du dessin d’ornement, mais ne fût pas éliminatoire par elle-même. 11 ne changerait rien aux autres épreuves graphiques ou écrites ; et il maintiendrait, en lui donnant peut-être plus d’importance, Fépreuve de rédaction française, qui, à son avis et au nôtre, devrait être introduite dans tous les examens relatifs au professorat.
Les épreuves orales resteraient ce qu’elles sont. Quant aux épreuves pédagogiques, on supprimerait la correction d’un dessin de tête, qui n’aurait plus sa raison d’être, et on la remplacerait par une leçon de dessin d’imitation, qui pourrait être soit le développement et l’application d’un des paragraphes i, 2, 3 et 4 des programmes (figures à deux dimensions), soit une leçon sur la perspective d’observation, soit le dessin rapide, exécuté devant le jury, d’un objet usuel ou d’un fragment d’architecture, dessin dans lequel le candidat, se bornant à exécuter une bonne mise en place, justifierait à haute voix sa manière d’opérer et ferait, en somme, une véritable leçon primaire de dessin.
De cette façon, il y aurait pour cet examen deux épreuves pédagogiques, affectant la forme d’une leçon orale : une pour le dessin d’imitation et une pour le dessin géométrique.
Le certificat des écoles normales ainsi modifié tiendrait, on le voit, la balance à peu près égale entre les deux dessins, et par cela même il serait bien primaire. Ce serait une sorte de baccalauréat qu’il serait bon que tous les professeurs de dessin possédassent avant de concourir pour les autres diplômes qui, eux, équivaudraient à une licence ou à une agrégation de dessin d’imitation. Nous avons reproduit les modifications que l’on désire apporter au certificat des écoles normales ; ces modifications, on le voit, tendraient encore à baisser le niveau
artistique de l'examen ; nous avons précédemment émis notre opinion à ce sujet, nous n’y reviendrons donc pas, surtout en ce qui concerne la suppression du dessin d’après un buste, seule garantie un peu artistique de l’examen. Mais ce que l’on pourrait très bien ajouter au programme, c’est une nouvelle épreuve de dessin rapidement exécuté devant les examinateurs, comme le demande M. Pillet, car là nous aurions un nouvel examen artistique, et dans ce genre on ne saurait trop à notre avis élever le niveau du certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin.
Avant de terminer, nous indiquerons l’organisation des écoles normales en France, telle qu’elle a été étudiée au dernier Congrès de renseignement du dessin, afin de montrer aux candidats le milieu où ils seront appelés à professer.
En France, disent Mlle Bastien et M. J. Pillet, les écoles normales comprennent l’école normale proprement dite, ouverte par voie de concours à des jeunes gens ou des jeunes filles qui, sous le nom d ’ élèves-maîtres ou (T élèves-maîtresses , viennent, dans un espace de trois années, apprendre tout ce qui leur permettra au sortir de l’école de devenir instituteurs ou institutrices. Elles comportent, en outre, une école primaire ordinaire qui, sous le nom d’école annexe, reçoit des enfants, et même, dans une seconde annexe dite école maternelle, de très jeunes enfants. Les écoles maternelles sont spéciales aux écoles d’institutrices.
Dans cette école annexe, les normaliens (élèves-maîtres ou élèvesmaîtresses) viennent à tour de rôle s’exercer à la pédagogie de l’enseignement primaire.
Au point de vue du dessin, le but final à atteindre doit être pour les normaliens de sortir de l’école avec la préparation complète de leur enseignement futur ; de savoir dessiner correctement un ornement ou un fragment d’ architecture d’après un modèle en relief, et, spécialement pour les institutrices, de savoir composer des dessins applicables aux ouvrages féminins et par conséquent de connaître les premiers principes de la composition décorative.
Toute la pédagogie des écoles normales peut se résumer ainsi : former des professeurs primaires de dessin.
On arrive de trois façons différentes au résultat désiré :
i° Par la leçon de dessin que les normaliens reçoivent à l’école normale du professeur spécial ;
2° Par la préparation pédagogique des leçons pour l’école annexe préparatoire, faite collectivement sous la direction de ce même professeur spécial ;
3° Par la leçon primaire que les normaliens font effectivement, et à tour de rôle, à cette école annexe.
a ) La leçon de dessin. — La pédagogie n’y est jamais séparée de l’exécution. Il ne suffit pas qu’un dessin soit bien fait pour avoir sa valeur normale; il faut, en outre, qu’il ait été exécuté en connaissance de cause, et qu’il mette en évidence toutes les phases par lesquelles ont dû passer les observations de son auteur. C’est pourquoi en marge du dessin d’un bon élève d’école normale on voit de nombreux croquis auxiliaires; celui-ci donne le géométral simplifié de l’objet à représenter ; celui-là en montre la masse perspective et indique quelquefois, par des chiffres, les rapports observés pour placer les verticales les plus importantes, la ligne d’horizon, les fuyantes dominantes ; tel autre a pour objet de rappeler un problème perspectif. En un mot, chaque dessin exécuté à l’école normale est une leçon de la leçon.
b ) La préparation pédagogique. — On veut que le normalien, après ses trois années d’études, emporte avec lui, sous forme d’un carnet pédagogique, le cours complet de dessin qu’il devra faire plus tard dans l’école primaire qu’il dirigera. C’est pourquoi le professeur de dessin de l’école normale fait aux normaliens des leçons de pédagogie primaire, leçons que les élèves expérimentent au fur et à mesure à l’école annexe. Mais ce n’est pas tout : dans quelques écoles normales de France et d’Algérie, les élèves exécutent eux-mêmes les grands modèles nécessaires pour appliquer la première partie du programme. Souvent, surtout dans les écoles normales d’instituteurs — car il y existe un enseignement du travail manuel et les ateliers qui en sont la conséquence — les élèves réalisent les solides géométriques en carton, les modèles, plan sur plan, en bois ou en carton découpé, et les moulages d’ornements en plâtre ou en staff, ainsi que les objets usuels que l’on trouve partout. Tous ces modèles sont leur propriété : ils les suivent dans leurs changements de résidence, et on arrive à résoudre ainsi, presque sans frais, un gros problème budgétaire, celui qui consiste à doter les écoles primaires des modèles nécessaires à l’enseignement du dessin.
On arrive ainsi, dans les écoles primaires pour lesquelles ces mesures ont porté tous leurs fruits, à réaliser un véritable enseignement collectif, bien vivant, bien raisonné, mettant en évidence la valeur personnelle de l’instituteur et, résultat très important, à proscrire pour toujours les cahiers avec modèles imprimés qui, pendant si longtemps, ont régné en maîtres dans les écoles primaires.
c) La leçon primaire. — Cette leçon, faite à tour de rôle par les normaliens à l’école annexe, est l’application immédiate et constitue la sanction de la leçon collective de pédagogie dont il vient d’être question. Inutile de dire que cette leçon, quoique se donnant sous les yeux du directeur ou de la directrice de l’école annexe, est cependant contrôlée et dirigée de très près par le professeur de dessin de l’école normale, c’est-à-dire par celui qui est responsable de la pédagogie du dessin dans tout l’établissement. 11 serait trop long d’indiquer ici comment on apprend au normalien à conduire une leçon primaire de dessin, à interroger celui-ci, à stimuler celui-là, à donner les notes immédiatement après la leçon, à faire des classements d’émulation, etc. On conçoit comment tous ces travaux de dessin et de pédagogie sut fisent largement à occuper le temps bien court (deux ou trois heures par semaine) accordé pour le dessin plastique dans chacune des trois années de l’école normale.
Les modèles donnés comme couronnement des études en troisième année sont : les moulures ornées, les vases, les chapiteaux, les rosaces dans leurs caissons, et quelquefois des bustes. Pour les institutrices, l’étude des plantes d’après nature joue un rôle important, ainsi qu’on le verra plus loin.
Dans beaucoup d’écoles normales on exige, comme travaux de vacances, des dessins de paysage ou de monuments exécutés d’après nature. Inutile de dire qu’en été les normaliens apprennent à l’école à exécuter des dessins de ce genre. On pourrait citer quelques écoles normales qui, par ce fait, possèdent dans leurs archives des collée tions très intéressantes et très complètes de tous les principaux monuments de leur département.
Le dessin appliqué à renseignement général. i° Leçon de choses ; 2° Cartographie.
a ) Leçon de choses. — Le dessin est la vie des leçons de choses professées par l’institutrice à l’école maternelle annexe.
Pour ces leçons, chaque élève-maîtresse prépare un plan écrit et un plan dessiné de la leçon qu’elle doit faire sur un sujet donné ; les sujets sont variés ; en voici quelques exemples : l’habitation de l’homme, l’habitation des animaux, le costume dans les grandes époques de notre histoire, le vent, le chauffage, l’éclairage, le café, le chocolat, le jardinage, les instruments aratoires, etc.
Le plan dessiné doit contenir sur une même feuille de papier tous les croquis destinés à être reproduits schématiquement au tableau noir, pour animer la leçon et la rendre plus accessible aux enfants.
EXPOSE PRATIQUE
b) Cartographie. — Il serait à désirer que les programmes officiels fussent appliqués aussi à l’enseignement de la cartographie. Des travaux fort intéressants ont été publiés à ce sujet ; ils semblent destinés à rendre de grands services.
Dessin géométrique et composition décorative dans les écoles normales d’institutrices . — Les études de dessin géométrique proprement dit comprennent les six premiers paragraphes du programme général, mais avec moins de développement; c’est donc peu de chose. Par contre, une grande importance est attribuée, surtout depuis quelques années, à la composition décorative, celle-ci étant spécialement appliquée aux travaux féminins. Mais le programme n’est pas encore bien arrêté ; on peut dire seulement que le caractère des leçons est de faire, par la composition décorative, une alliance intime entre le dessin plastique et le dessin géométrique.
A l’école normale, les travaux de composition décorative doivent toujours, comme tous les autres, présenter le caractère d’une leçon de leçon. A cet effet, les élèves-maîtresses produisent en marge de la composition exécutée par elles, des schémas représentant les phases de cette composition. Ici se voient les éléments géométriques choisis et leurs combinaisons ; là se place un croquis de la plante dessinée d’après nature et accompagnée de son interprétation ; ici encore un schéma représente les combinaisons de lignes et de masses, le balancement des Andes et des pleins, travail préparatoire indispensable pour assurer le bon équilibre de la composition.
Enfin les procédés d’exécution pratique doivent être indiqués, et les meilleurs dessins de composition décorative sont exécutés matériellement par des élèves-maîtresses au cours de couture.
Dessin géométrique et technologie dans les écoles normales d’instituteurs. — Le programme de dessin géométrique pour les écoles normales d’instituteurs s’étend jusqu’au paragraphe io du programme général ; il comprend donc, en plus des éléments et des applications de la géométrie plane, l’étude des projections, des notions d’architecture et les principes du tracé des ombres et de la perspective linéaire.
Mais» ce qui caractérise l’enseignement du dessin géométrique à l’école normale d’instituteurs, c’est l’application incessante qui en est faite à l’atelier du travail manuel. Très souvent, et cela au grand avantage des études, le même professeur est chargé d’enseigner à la fois le dessin géométrique, le travail manuel et même le modelage ; ce dernier enseignement comprenant, en plus du modelage propre-
3o PROFESSORAT DES ÉCOLES NORMALES ET PRIMAIRES SUPÉRIEURES
ment dit, la pratique de l’estampage et du moulage en plâtre et en staff, souvent la sculpture sur bois et presque toujours la mise an point destinée à préparer la sculpture sur pierre, c’est-à-dire la stéréotomie dans ce qu’elle a de plus élevé et de moins géométrique.
On considère, en France, que le futur instituteur n’a pas seule ment à instruire les enfants, mais qu’il est appelé par la force des choses à être le conseil des populations rurales qui l’entourent. C’est pourquoi on cherche à lui donner des connaissances techniques en agriculture ; c’est aussi pourquoi les applications du dessin géométrique sont prises de préférence, suivant les régions, soit dans la construction, soit dans la mécanique.
Dans telle école normale, située en pays de montagnes, ou apprend aux élèves comment se construit une maison de paysan ; comment il faut assainir le sol; comment il convient de distribuer la lumière, ou d’assurer l’étanchéité des toits. Dans telle autre, située en un pays de culture, on fait exécuter aux élèves des croquis de machines agricoles. Dans toutes, on apprend à faire un nivellement et à exécuter le relevé d’un bâtiment.
Il est bien évident, en outre, que, de même que pour le dessin d’imitation, le futur instituteur prépare toutes les leçons à donner à l’école annexe et qu’il en fait, lui-même, quelques-unes aux enfants de ces écoles ; mais de ce côté le programme est très peu chargé et serait très vite épuisé.
Ce qu’il faut bien faire remarquer, c’est qu’en France, grâce à l’alliance intime qui est faite entre renseignement du dessin, du modelage et du travail manuel dans les écoles normales, l’instituteur est aujourd’hui un technicien relativement complet, connaissant, et connaissant bien, une foule de choses réellement utiles ; que ces connaissances il les répand autour de lui non seulement chez les enfants, mais surtout chez les parents.
Nous donnons ci-après les résultats statistiques de l’examen pour l’obtention du certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les écoles normales et primaires supérieures depuis 1890 :
RESULTATS STATISTIQUES DE l’eXAMEX