‹ Le professorat du dessinChapitre 29 sur 112 · ÉPREUVE ÉCRITE ET ÉPREUVES GRAPHIQUES · texte numérisé non relu

ÉPREUVE ÉCRITE ET ÉPREUVES GRAPHIQUES

i° Relevé géométral et perspective

2° Rédaction. . .

3° Dessin d’ornement

4° Dessin d’après l’antique (buste

Tôt ai

(Minimum pour l’admissibilité : )

ÉPREUVES ORALES

i° Projection géométrale

2° Histoire de l’art. . .

3° Anatomie

Total

ÉPREUVES DÉFINITIVES

i° Correction d’un dessin d’ornement

20 Correction d’un dessin de tête

3° Leçon au tableau

Total général

(Minimum pour l’admission : )

Le candidat n’a pas été déclaré admis.

Paris, le

Le chef du 2e Bureau.

l4o PROFESSORAT DES ÉCOLES NORMALES ET PRIMAIRES SUPERIEURES Modèle de la lettre officielle adressée à tous les candidats admis définitivement.

ministère RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

DE L’INSTRUCTION

PUBLIQUE

ET

DES BEAUX-ARTS

Paris, le 190

DIRECTION

DE

l’enseignement primaire 3e BUREAU

J’ai l’honneur de vous informer que la Commission d’examen pour le certificat d'aptitude à

vous a compris sur la liste des candidats définitivement admis qui a reçu r approbation de M. le Ministre.

Votre diplôme vous sera envoyé ultérieurement .

Recevez, M , l'assurance de ma

considération distinguée.

Le Chef du 2e bureau,

II. — CERTIFICAT D’ APTITUDE A L’ENSEIGNE- MENT DU DESSIN DANS LES LYCÉES ET COLLÈGES (PREMIER DEGRÉ).

EXPOSÉ PRATIQUE

L’examen des lycées et collèges, Ier degré, a lieu régulièrement à Paris vers le mois de juin, depuis l’année 1882. Il réunit un assez grand nombre de candidats, jeunes gens et jeunes fdles de 18 ans à 26 ans, sans cependant qu’il y ait une limite d’âge maximum arrêtée. La plupart des candidats qui se présentent ont déjà subi les épreuves du professorat des écoles normales, mais il n’est pas nécessaire d’avoir ce diplôme pour se faire inscrire et il n’en est pas tenu compte d’une manière officielle. Lorsque la date des examens est connue, par des avis publiés dans les journaux spéciaux et par des affiches placées dans les écoles des Beaux-Arts, les candidats doivent se faire inscrire à la direction des Beaux-Arts, bureau de l’Enseignement et des Manufactures nationales. Cette inscription faite et les pièces nécessaires étant produites ( acte de naissance, demande d’inscription sur une feuille de papier timbré à Qfr,6oJ, les candidats sont convoqués personnellement pour le jour de l’examen. Toutes les épreuves se font à Paris dans les salles de l’Ecole des Beaux-Arts, à l’inverse de ce qui a lieu pour l’examen des écoles normales, où la première partie des épreuves peut se passer au chef-lieu de département.

Au point de vue du résultat pratique, qui nous intéresse avant tout dans cet exposé, puisque nous traitons ensuite séparément chaque partie de l’examen, l’obtention de ce diplôme ouvre la carrière de professeur de dessin dans les lycées et collèges, avec un traitement annuel variant de 1 000 à 1 200 fr. Ainsi que nous l’avons fait remarquer précédemment en parlant des écoles normales, des places sont vacantes dans les lycées et collèges, mais toutes sont très éloignées de Paris et se trouvent dans des centres peu attrayants, quelquefois totalement dépourvus d’intérêt pour un artiste. Les jeunes gens qui désirent obtenir

l42 PROFESSORAT DES LYCÉES (PREMIER DEGRÉ)

une de ce s places n’ont qu’à adresser leur demande au Ministère de l’Instruction publique et des Beaux- Arts ; de là, suivant la fdière, la demande passe au Bureau de l’Enseignement, à la Direction des Beaux- Arts, où l’inspecteur du dessin donne un avis, favorable ou non. Tout cela peut être fait dans un délai très court si le futur professeur veut bien s’éloigner de Paris, et dans un temps très long, avec la certitude d’un refus, s’il sollicite au contraire la faveur de venir ou de rester à Paris. A ce traitement de i ooo à i 200 fr. pour ses heures de cours au lycée, le jeune professeur peut quelquefois joindre le traitement de professeur à l’école normale et celui de professeur des écoles primaires supérieures, qu’il soit ou non pourvu du diplôme spécial à ces écoles ; mais dans ce dernier cas, il n’est nommé qu’à titre provisoire et son poste peut être demandé par un professeur diplômé pour les écoles normales. Il y a peu de chances, cependant, pour qu’il en soit ainsi. Comme nous l’avons fait remarquer au cours de l’exposé pratique du certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les écoles normales, il est rare qu’un jeune homme sollicite l’emploi de professeur dans une école normale, le traitement sans cumul avec celui du lycée étant par trop minime. Au point de vue difficulté, l’examen des lycées et collèges icr degré passe pour être plus facile que celui des écoles normales. Il comporte, en effet, moins d’épreuves ; ainsi, l’on ne demande pas de rédaction, ni de leçon au tableau. L’examen des lycées et collèges ne se place donc au-dessus du certificat des écoles normales qu’au point de vue universitaire. Si nous examinons, du reste, les épreuves qui semblent être d’un degré supérieur, nous voyons : au lieu du dessin d’un buste, le dessin d’un antique. Or, il est de toute évidence que celui qui sait dessiner un buste peut dessiner un antique.

La perspective, le tracé des ombres sont demandés ; or, celui qui s’est préparé à l’examen des écoles normales ne trouve là rien de très difficile à exécuter.

Quant aux épreuves pédagogiques, elles sont à peu près les mêmes. D’ailleurs, un fait qui montre la grande analogie qui existe entre les deux examens, c’est que des candidats refusés au certificat des écoles normales sont reçus la même année au certificat des lycées et collèges, et que des candidats reçus au certificat des écoles normales passent aussi avec succès la même année le certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les lycées, sans autre préparation que celle qu’ils ont faite pour l’examen des écoles normales. La grande majorité des candidats, jeunes gens ou jeunes filles, qui se présentent au certificat des lycées et collèges Ier degré, se destinent à la carrière de professeur ; ce qui n’est pas une règle générale pour les candidats au certificat des

EXPOSÉ PRATIQUE

écoles normales, beaucoup d’amateurs essayant, en effet, de se munir de ce diplôme pour s’en servir, le cas échéant, ou pour donner une certaine consécration officielle au talent qu’ils emploient dans des leçons particulières.

Nous plaçant maintenant à un tout autre point de vue, qui ne laisse pas non plus d’être pratique, nous allons examiner le rôle du professeur pourvu d’un emploi. Nous renseignerons ainsi les candidats sur leurs occupations à venir, et nous leur permettrons de voir d’une façon plus vraie et plus exacte le caractère qu’ils doivent donner aux épreuves pédagogiques demandées à l’examen.

Le rôle du professeur de dessin dans un lycée est très pénible. M. Gosserez l’exprime en disant que la majorité des professeurs de dessin ont à lutter contre l’indifférence des élèves et la complicité de beaucoup de parents, cela parce que l’enseignement du dessin n’est pas obligatoire à partir de la Seconde classique, et parce qu’il y a absence totale de sanction dans les examens de fin d’année. En effet, on peut comprendre, dans une certaine mesure, que les élèves restent indifférents aux matières qui ne figurent pas au programme des examens. L’enseignement du dessin, imposé à tous les élèves sans distinction, entraînerait l’obligation de la sanction qui manque. On a su reconnaître la nécessité de cette sanction dans tous les examens de l’enseignement primaire, tandis que l’utilité de l’introduire au baccalauréat est encore contestée. Si les professeurs de dessin n’ont pas l’appui d’une sanction aux examens de fin d’année, il faut qu’ils soient secondés par les chefs d’établissement et il est de leur devoir de tâcher de l’être. Pour cela trois choses sont nécessaires aux professeurs : i° une bonne organisation des classes de dessin ; 2° des encouragements pour les meilleurs élèves ; 3° de l’importance attachée aux notes de dessin, soit dans les bulletins trimestriels, soit dans les carnets de correspondance. Il est un point sur lequel nous devons encore donner quelques conseils aux candidats, c’est sur le rôle que doit tenir le professeur de dessin dans sa classe. Aujourd’hui on croit encore assez facilement que le professeur de dessin n’a presque rien à faire en dehors de son cours, et que sorti du lycée il est affranchi de tout travail. C’est une erreur. Le professeur de dessin, comme ses collègues, doit préparer sa leçon ; il doit expliquer, commenter, se faire comprendre de tous, cela pour chaque modèle qu’il fait exécuter. Les séances de dessin perdront ainsi leur caractère monotone, et les élèves qui, de tout temps, venaient à la classe de dessin pour lire ou pour s’amuser, devront employer leur intelligence à l’exécution de leur travail.

Toucher l’intelligence et captiver, tel doit être le rôle du professeur

PROFESSORAT DES LACÉES (PREMIER DEGRÉ

de dessin dans sa classe, dit M. Marchand. (Nous citons ici des professeurs de dessin qui ont écrit sur la pratique de leur profession ; et si nos citations n’évoquent aucune gloire littéraire ou artistique, elles ont du moins le mérite d’être empruntées à des professeurs enseignant réellement leur art, qui ont depuis longtemps l’habitude des élèves et celle de diriger une classe de dessin.) Il faut donc rendre l’enseignement clair, assimilable et intéressant pour tous, mais sans que le principe d’autorité puisse en souffrir. La discipline, au contraire, devra être assise solidement dans les classes, non une discipline répressive, mais une discipline préventive, c’est-à-dire inspirée par une sage prévoyance qui sait empêcher les fautes par des avertissements opportuns et des punitions rares. On comprendra, en effet, que le maître serait vite à court d’expédients s’il lui fallait faire un usage journalier des rigueurs scolaires, et que les pénalités du règlement sont absolument insuffisantes pour servir d’unique fondement à la discipline.

Nous avons résumé dans ces quelques lignes ce que doit être le professeur de dessin, alin de montrer aux jeunes candidats que la vie d’atelier ne prépare pas suffisamment les futurs professeurs aux dilïi cultés de l’enseignement, et qu’on ne peut corriger, parler, agir avec des élèves comme l’on parle avec des artistes, chez lesquels on fait facilement appel au goût, tandis que chez lés élèves le goût n’existe généralement pas; c’est au professeur à le développer.

N. B. — Les candidats trouveront à l'historique les arrêtés relatifs au traitement des professeurs.

PROGRAMME DE l’eXAMEN

Extrait du Journal officiel du 18 juillet 1 88 1 .

MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS

EXAMEN

Du certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les lycées et colleges (premier degré).

PROGRAMME DE L’EXAMEN i° Epreuves graphiques.

I. — Mise en perspective d’un objet simple, tel que : solide géométrique, fragment d’architecture, vase simple : balustre, etc.

Le candidat est tenu de donner sur la même feuille : i° un dessin ombré de l’objet placé devant lui ; 2° un plan, une élévation et, s’il y a lieu, une coupe du même objet.

Ili — Dessin d’un ornement en relief : rinceau, rosace ou chapiteau.

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