THESE I
QUOIQUE LE SOUVERAIN PONTIFE I.ÉON XIIT AIT ENSEIGNÉ AUSSI FORTEMENT Ou'auCUN DE SES PRÉDÉCESSEURS LES DROITS DE DIEU ET DE l'ÉGLISE DANS LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LE DEVOIR POUR LES CHRETIENS d'y SOUTENIR CES DROITS, SA POLITIQUE LIBERALE A DIRECTEMENT ET TRES EFFICACEMENT CONTRIBUÉ A AFFAIBLIR EN FRANCE, ET A FAIRE TOMBER EN DÉSUÉTUDE l'ÉNERGIOUE DÉFENSE DE
/ CETTE CAUSE SACRÉE, QUI AVAIT ILLUSTRÉ PRÉCÉDEMMENT LES ÉVÉQUES ET LES CATHOLIQUES DE CE PAYS ET Y MAIN- TENAIT LA FOI VIVaCE.
Cela se prouve ainsi :
Malgré les tendances libérales existant déjà dans nne partie du clergé, malgré les divisions des partis politiques, malgré les efForts du Gouvernement républicain pour mettre à la tête des diocèses des prélats peu enclins à entrer en lutte avec lui, il se trouvait encore assez d'énergie chez les évoques, assez de foi chez les catholiques, pour tenir tête à l'oppression, du pouvoir civil, à chaque phase décisive de- ses empiétements. Mais, chaque fois, soit une intervention directe de Léon XIll, inspirée par les besoins de sa politique, soit sa réserve légitimement interprétée ont déterminé la capitulation.
Dès 1880, la Déclaration des Congrégations religieuses, puis, à l'époque où cette politique s'affirma publiquement, le procès de Mgr Gouthe-Soulard, archevêque d'Aix, l'affaire des catéchismes électo-
8 THÈSES ET PLAN DE l'oUVRAGE
raux, la loi sur la comptabilité des fabriques, la loi d'abonnement pour les Congrégations, etc., sont autant d'exemples de cette action dissolvante.
C'est ce que nous aurons à démontrer.
L'effet inévitable devait être la division chez les catholiques, entre les ardents et les tièdes, avec l'avantage pour ceux-ci de pouvoir se réclamer du pape ; l'impossibilité morale pour les évêques de résister efficacement à des lois iniques, dont une seule, la loi scolaire, une fois acceptée, suffisait à déchristianiser la France ; la tendance de plusieurs, parmi eux, à mettre la conciliation avec le pouvoir au-dessus du reste, à témoigner à nos oppresseurs une estime qui diminuait leur propre dignité et donnait aux fidèles une occasion de scandale ; enfin, chez ceux-ci, un grand affaiblissement de leurs convictions religieuses, en voyant leurs pasteurs se résigner à tant de sacrifices qu'on aurait crus inacceptables, et la disposition croissante à fermer les yeux sur la violation des lois les plus sacrées de l'Eglise, comme si, par exemple, il pouvait y avoir des accommodements pour le divorce.