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bre des nôtres, lesquels, se rendant parfaitement compte des besoins de l'beure présente, sondent soig^neusement le terrain, pour y découvrir une voie honnête qui conduise au relèvement de la classe ouvrière...
Sous l'inspiration des mêmes pensées, des hommes de grand mérite se réunissent fréquemment en Congrès...
Les évêques, de leur côté, encouragent ces efforts et les mettent sous leur haut patronage : par leur autorité et sous leurs auspices, des membres du clergé, tant séculier que régulier, se dévouent en grand nombre aux intérêts spirituels des corporations. Enfin, il ne manque pas dé catholiques qui, pourvus d'abondantes richesses, inais devenus en quelque sorte compagnons volontaires de travailleurs, ne regardent à aucune dépense pour fonder et étendre au loin des sociétés, où ceux-ci puissent trouver, avec une certaine aisance pour le présent, le gage d'un repos honorable pour l'avenir... et Nous Nous promettons de ces corporations les plus heureux fruits, pourvu qu'elles continuent à se développer et que la prudence préside toujours à leurv organisation. Que l'Etat protège ces sociétés fondées selon le droit, que, toutefois, il ne s'immisce point dans leur gouvernement intérieur, et ne touche point aux ressorts intimes qui lui donnent la vie ; car le mouvement vital procède essentiellement d'un principe intérieur et s'éteint très facilement sous l'action d'une cause externe.
A ces corporations, il faut évidemment, pour qu'il y ait unité d'action et accord des volontés, une organisation et une discipline sage et prudente. Si donc, comme il est certain, les citoyens sont libres de s'associer, ils doivent l'être également de se donner les statuts et règlements qui leur paraissent le plus appropriés au but qu'ils poursuivent. Quels doivent être ces statuts et règlements? Nous ne croyons pas qu'on puisse donner de règles certaines et précises pour en déterminer le détail...
Mais il est évident qu'il faut viser avant tout à
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l'objet principal, qui est le perfectionnement moral et religieux ; c'est surtout cette fin qui doit régler V économie de ces sociétés; autrement, elles dégénéreraient bien vite et tomberaient, ou peu s'en faut, au rang- des sociétés où la relig'ion ne tient aucune place. Aussi bien, que servirait à l'artisan d'avoir trouvé au sein de la corporation l'abondance matérielle, si la disette d'aliments spirituels mettait en péril le salut de son âme? Que sert à l'homme de gagner l'univers entier s'il vient à perdre son âme ? Voici .le caractère auquel Noti-e Seig-neur Jésus-Christ veut qu'on distingue le chrétien d'avec le gentil. Les gentils recherchent toutes
ces choses cherches d'abord le royaume de Dieu,
et toutes ces choses vous seront ajoutées par surcroît. Ainsi donc, après avoir pris Dieu comme point de départ, qu'on donne une large place à l'instruction religieuse, afin que tous connaissent leurs devoirs envers lui ; ce qu'il faut croire, ce qu'il faut espérer, ce qu'il faut faire en vue du salut éternel, tout cela doit leur être soigneusement inculqué ; qu'on les prémunisse avec une sollicitude toute particulière contre les opinions erronées et toutes les variétés du vice. Qu'on porte l'ouvrier au culte de Dieu, qu'on excite en lui l'esprit de piété, qu'on le rende surtout fidèle à l'observation des dimanches et des jours de fête. Qu'il apprenne à respecter et à aimer l'Eglise, la commune Mère de tous les chrétiens ; à obtempérer à ses préceptes, à fréquenter ses sacrements, qui sont des sources divines où l'âme se purifie de ses taches et puise la sainteté.
La religion ainsi constituée comme fondement de toutes les lois sociales, il n'est pas difficile de déterminer les relations mutuelles à établir entre les membres pour obtenir la paix et la prospérité de la société. Les diverses fonctions doivent être réparties de la manièi-e la plus profitable aux intérêts communs et de telle sorte que l'intégralité ne nuise point à la concorde .
Il importe grandement que les charges soient distri-
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buées avec intellig-ence et clairement définies, afin que personne n'ait à soufirir d'injustice...
Ces lois, pourvu qu'elles soient acceptées de bon cœur, suffisent pour assurer aux faibles la subsistance et un certain bien-être; mais les corporations catholiques sont appelées encore à apporter leur bonne part à la prospérité g"énérale.
Le sort de la classe ouvrière, telle est la question qui s'agite aujourd'hui ; elle sera résolue par la raison ou sans elle, et il ne peut être indifférent aux nations qu'elle soit résolue par l'une ou l'autre voie.
Or, les ouvriers cArefifens la résoudront facilement jpar la raison, si, unis en sociétés et conduits par une direction prudente, ils entrent dans la voie où leurs pères et leurs ancêtres trouvèrent leur salut et celui des peuples. Quelle que soit, dans les hommes, la force des préjug^és et des passions, si une volonté perverse n'a pas entièrement étouffé le sentiment du juste et de l'honnête, il faudra que tôt ou tard la bienveillance publique se tourné vers ces ouvriers, qu'on aura vus actifs et modestes, mettant V équité avant le gain et préférant à tout la religion du devoir.
Il résultera de là cet autre avantagée, que l'espoir et dfr grandes facilités de salut seront offerts à ces ouvriers qui vivent dans le mépris de la foi chrétienne ou dans leshabitudes qu'elle réprouve. Ils comprennent d'ordinaire, ces ouvriers, qu'ils ont été le jouet d'espérances trompeuses et d'apparences mensongères.
Car ils sentent que les traitements inhumains qu'ils reçoivent de leurs maîtres, qu'ils n'en sont guère estimés qu'au poids de l'or produit par leur travail; quant aux sociétés qui les ont circonvenus, ils voient bien qu'à la place de la charité et de l'amour ils n'y trouvent que les discordes intestines, ces compagnes inséparables de la pauvreté insolente et incrédule. L'âme brisée, le corps exténué, combien qui voudraient secouer un joug si humiliant? mais, soit respect humain, soit crainte de
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l'indigence, ils ne l'osent pas. Eh bien! àtous ces ouvriers, les sociétés catholiques peuvent être d'une merveilleuse utilité, si, hésitantSj elles les invitent à venir chercher dans leur sein un remède à tous leurs maux, si, repentants, elles les accueillent avec empressement et leur assure sauvegarde et protection.
Que chacun se mette à la part qui lui incombe, et cela sans délai, de peur qu'en différant le remède on ne rende incurable un mal déjà si grave. Que les gouvernants fassent usage de l'autorité protectrice des lois et des institutions ; que les riches et les maîtres se rappellent leurs devoirs ; que les ouvriers, dont le sort est en jeu, poursuivent leurs intérêts par des voies légitimes ; et puisque la religion seule, comme Nous l'avons dit dès le début est capable de détruire le mal dans sa racine, que tous se rappellent que la première condition à réaliser, c'est la restauration des mœurs chrétiennes^ sans lesquelles même les moyens suggérés par là prudence humaine comme les plus efficaces seront peu aptes à produire de salutaires résultats.
De quels yeux faut-il voir les choses, pour discerner dans ce document une évolution de la papauté vers la démocratie moderne, ou tout au moins une concession opportuniste au courant général des idées? Ceux qui ont une conception aussi abaissée de l'autorité pontificale paraissent ne plus se rappeler que sa mission est directrice, qu'elle consiste à répandre la lumière, et non à la recevoir, à diriger et non à obéir.
Il est clair que cette encyclique assigne au capital un devoir ; qu'elle rappelle à l'autorité patronale ses graves et multiples responsabilités; mais c'est en travestir la pensée-mère de croire qu'elle implique un insurrection contre le capitalisme et les chefs d'industrie. L'enseignement de Léon XIII est con-
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servateur dans la bonne acception du mot, puisqu'il sauveg-arde avec force tous les principes nécessaires. Ses premiers mois ont précisément pour but de prévenir les esprits contre la manie des innovations prématurées ; rerum novarum semel excitata cupidine. Il est vraiment étrange que, d'un document pontifical aussi solennel, ce soient les lignes initiales, non les moins importantes, dont on semble avoir le plus de peine à se souvenir !
La^ même pensée de pacififi^-tion et d'équilibre se retrouve dans presque tous les passages de l'Encyclique. Si l'on peut dire qu'elle est démocratique, parce qu'elle fait valoir les droits des petits et des faibles, exploités par la cupidité, elle réprouve cependant la guerre des classes et relève singulièrement aux yeux de l'ouvrier le prestige et les droits de l'autorité patronale.
Non, l'Encyclique Rerum novarum n'est pas le programme d'un parti, d'une école ; c'est un document pastoral dans toute la force du terme, et, comme il émane du Pasteur universel, il apporte des enseignements à tous les fidèles. Personne n'a le droit de se l'approprier et de s'en faire un domaine exclusif.
Non, vraiment, non, il n'est pas permis de dire qu'iï y est moins question du paradis que du salaire^ de la propriété et des syndicats ; moins question de patience au milieu des épreuves que de justice sociale.