THESES ET PLAN DE L OUVRAGE
Comme personne privée, et comme homme politique, le Souverain Pontife Léon XIII s'est trompé dans des questions de la plus grande importance, et ses erreurs ont eu des conséquences désastreuses. Il a servi inconsciemment, mais très efficacement et constamment, d'appui aux ennemis de l'Eglise ; et son gouvernement, tant exalté par les libéraux, a singulièrement favorisé leurs progrès.
Mais ce même pape a rempli sa fonction de Docteur universel avec l'assistance visible du Saint- Esprit. Quand il enseigne les membres de l'Eglise et les peuples chrétiens, la pureté, l'ampleur, la majesté de sa doctrine rayonnent sur le monde.
Léon XIII a commenté admirablement et confirmé en toutes circonstances les sentences portées par ses prédécesseurs Grégoire XVI et Pie IX contre le libéralisme.
Ses Encycliques contiennent la réfutation et la condamnation de toutes les erreurs qu'on a propagées dans son règne à la faveur de sa politique. C'est ainsi que Pie X n'a eu qu'à puiser dans le bullaire de Léon XIII pour frapper les erreurs de la démocratie chrétienne encouragée par Léon XIII.
Bien plus, les Encycliques de Léon XIII renferment la condamnation de sa propre politique.
En sorte que l'on ne sait, pour employer cette formule archaïque, de quoi s'étonner davantage : ou qu'un politique si imbu de l'esprit libéral ait pu être un pape aussi ferme dans la doctrine ; ou qu'un pape vengeant avec tant d'autorité les droits de Dieu et de l'Eglise ait pu se montrer un politique aussi enclin au libéralisme.
« On tremble devant le libéralisme ; catholicisezle, et la société renaîtra. »
Cette parole de Lamennais (i),qui donne la formule exacte du catholicisme libéral et indique l'inspiration généreuse dont il procède, exprime du même coup son illusion, son erreur. Nous la donnons pour épigraphe à notre étude préliminaire, parce qu'elle y trouve son cadre naturel.
Qu'est-ce que le libéralisme ? Peut-on le catholiciser? Par quels moyens?