XI.CESSITK DL rUoORIS MORAf
qui passionnent pour la beauté morale et la beauté divine. Le côté sul)linie de l'art échaj)pe alors même au génie; l'art humain descend, parce que plus rien de divin n'est en lui.
L'art d'ailleurs, dans sa perfection , nest que la plus haute expression de l'esprit . et la plus fidèle représentation des beautés de lame humaine. La niatiùre elle-même ne ilomie à l'honnne rim|)ression du beau qu à <'ondition de jiorter sur elle un rcllet de l'esprit ; et ce qu'il y a desouACrainemenl beau dans la peinture ou la scul|>ture du corps de riiomme, c'est le reflet de son ame. N<uis pouvons donc poser, avec les grands maîtres de larl , connue point de départ du Progrès artisti({ue , ce principe incontestable : I art est par-dessus tout l'expression de la Iteauté del'ame humaine par le génie de Thomme. Or, si l'art, dans sa })lus grande perfection, rellète les beautés de l'àme , lame elle-même n'est \raiment belle que quand elle reflète Dieu. <'omme le beau dans l'art est la ressemblance de l'àme, le beau dans lame c'est la ressendjlance de Dieu. I/ame humaine n'a sa son^eraine beauté que dans ces traits di\ins (pii y repré-
sentent l'infini ; et elle ne trou\e sa grandeur achevée que dans ses contemj)lations sublimes et ses aspirations généreuses qui la mettent en rapport avec Dieu lui-même, c'est-à-dire avec le beau et le bien par essence ; là elle puise à la fois ces deux choses , l'amour du bien et Tamour du beau , qui ne peuvent pas plus se séparer dans l'art, que l'amour du vrai et du bien ne peuvent se séparer dans la science. Ainsi la philosophie de l'art nous montre pourquoi , sans le Progrès dans la vertu , qui est la vraie beauté de l'âme , le vrai Progrès dans l'art est impossible.
Certes, je n'entends pas dire qu'un homme sans vertu est d'une impuissance absolue à découvrir le beau dans les choses et à le réahser dans ses œuvres. Comme un homme vicieux n'est pas déshérité de toute puissance de connaître le vrai dans la science, un homme corrompu n'est pas destitué de toute puissance d'expression dans l'art. Quelques hommes, je le sais, se rencontrent dans les siècles, dont la vie ne fut rien moins qu'un modèle de vertu, et qui ont créé des chefs-d'œuvre ; mais ces
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liomiiies n'étaient pas d'une corruption complètn : plus faihlesque pervertis, ils ijardaient, jusque dans leurs désordres, avec l'amour du Itien. le culte de la heauté morale. Grands dans Tai't, maiiji;ré leurs \ices, ils eussent été, par leurs vertus, j»lus grands encore. Leur rare génie a fait ce prodige : il a \aincu dans leurs cruvres l'iniluence de leurs vices. Admettons, sans les discuter, c^s exceptions illustres; la régie demeure, et la règle la voici, fondée à jamais sur la nature des choses : c'est que le vice, ou la per^ersion de l'amour, est de sa nature ennemie de l'art, et qu'il tend à le dégrader. L'art cherche le heau et tend à le réaliser; le ^ice est de sa nature essentiellement laid; il est la laideur de lame ; et, sous tous les ornements d'une beauté menteuse, cette laideur tie lame doit se refléter dans les œuvres. C'est la force des choses. Et ce que la philosophie de l'art vous démontre d'avance, l'histoire de l'art le confirme avec éclat. Partout , aux éjjoques de grande perturhation morale, on \oit remjtire du mal dans les mœurs et le règne du laid dans l'art se rencontrer face à face se soutenant l'un l'autre. Quand il vient
(]p8 hommes })olii' prali(|iier cette formule : » Le )) Itieii, c'est la lihie expansion des instiiicls 0 et des passions de l'iionniie, " c'est-à-dire la suppression de toute rèi>le dans les moeurs; il se rencontre des liommes pour pratiquer celle autre ; » Le beau, c'est l'expression » spontanée de tout ce (jui est dans la nature » humaine, » c'est-à-dire la suppression de la rrii'le dans l'art. Quand il se rencontre des hommes pour dire : « Dieu, c'est le mal, » eu d'autres termes, le hieii, c'est le mal ; il se rencontre des liommes pour dire : « Le beau, c'est le laid. » En un mot, quand la corruption des nueuis iiénérales arri^e à violer les lois éternelles du bien dans l'ordre moral, les corruptions du ooût arrivent bientôt à violer, dans Tiudre artistique, les lois inviolables du beau. Mors, tout ce qui ruine les vertus, ruine la perfection des œuvres. Les vices dont les àines sont atteintes , laissent dans la littératiiie , la peinture, la sculpture, la musique et la poésie, des -sestiges de corruption qui éclipsent jusque dans les productions du talent le pur éclat de la beauté. Le. génie luijir'uie, cédant à des entraînements pervers,
NKCESSiri': in: l'RO(;Rf■^ moh.u. 2''7
s'en M\ inoiidiant dans dos altaissciiiciits iiiditçnes de lui, des triomphes déslionoiés. Au lieu de réagir par sa puissance contre l'iinasinii du ni.il et la perversion du uoùt ; il coutiihiit', par ses succès, à l'accroisseuieut de l'un et de l'autre ; au lieu d'attcndic d'une posf«''ritt^ iui|>ai'(ialo la consccratiou t:irdi\e des iïraudcs choses de i'arl, il demande aux cori'uptions conteni[)(ti'aines des Iriouijilics d'un jour, pour des productions houleuses, anxipielles le sirclc n'applaudit, fpie parce (pu', plus coirouniu encore (pic l'artiste (pii le peint, il se reronnait et s"a|)plaudil lui-même dans des œu^res aiis>i dépra\ées que ses mœurs.
Anssi un des pliénom^'iK^s les j»lus renia iquahles qui se produit dans ces jours de vertige nKU'al et de décadence artistique, c'est de voir dans les mêmes hommes la chute des vertus emporter la chut»' (\c l'art. Leur âme, en se pervertissant. (l(|iia\e sou r\pression ; eu perdant jmmi à peu -.wrr le sens moral le tact de la \eitu. elle [icrd d,ni> lu même mesure le sens artisti(pic, (pii est le tact de la M'aie heauté. il n'y a rien desi heaii. même au point de mic de lait, (pie le ijcuie
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dans son épanouissement sincère, se rencontrant dans un même homme avec la virginité d'un cœur que le vice n'a pas blessé. De cette pureté de l'âme, et de cet éclat du génie, il se compose un je ne sais quoi d'incomparable, que l'homme déchu de la vertu ne retrouve plus après les grandes orgies de l'orgueil, de l'égoïsme et de la volupté. Sans doute ces génies qui portent sur leurs œuvres le signe de leur corruption, ont de l'éclat encore; mais à cet éclat qui rappelle l'ange de la pensée, il se mêle quelque chose qui rappelle le démon du \ice; splendeur des anges tombés, qui ne brille plus à leur front que pour mieux éclairer leur chute, et montrer ce que devient le génie quand il a consommé par le vice son divorce avec la vertu. Pour ceux qui aiment à la fois et la beauté morale, et la beauté artistique, ce spectacle est deux fois douloureux. Quand on s'arrête à le regarder, îa tristesse se joint à la tristesse. Pour moi je l'avoue, volontiers je me prendrais à pleurer sur cette double chute, lorsque je vois les éclipses que les artistes font subir à leur géoie par les désordres de leur ^ie ; et lors-
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que j'aperçois hi décadence de l'arl et l'obscurcissement de la \raie beauté, suIm-c parallèlement dans les mêmes hommes les décadences du bien et les obscurcissements de la \ertu. Hommes sinijuliers, qui se condamnenl pai' Icui' faulc a snr\ivre à leur propre irloire ; témoins attristés de leurs décadences ju'écoces, subissant dcNant le siècle qui les ap])l.nidissait, le légitime châtiment de tout lri«tni[)he de l'art cherché dans le méj)ris du ])ien. Or, si tel est , même dans un seul homme, r.Msci'iKJ.'int du NJce pour précipiter la décadence de lart, (pie ne pourra-t-il pas dans un peuple tout entier, alors que la corruption des mœurs est devenue d.'iiis ce peuple un fait universel? Oh ! alors connue unhonmie se traduit dans ses actions, un peuple se traduit dans ses ceu^ res : et les eHorts les plus gii]!;antesques pour attester le Progrès artistique ne font qu'étaler aux regards ces deux décadences et ces deux 4'hutes, (pii s'appellent l'une l'autre, la décadence delà \erlu et la décadence du goût; la chute des mceurs cl la chute de l'art.
Mais ^onlez-^ous supposer en dehors du Progrès moral, un cerlain déxeloppement du
300 SIXIÈME r.ONF) RE?iClî.
Proiirès artistique ? alors je le demande, ce Proc;rès tel quel, à quoi servira-t-il ? à précipiter les mœurs, et à dégrader riiumanité; chute d'autant plus profonde, décadence d'autant j)lus rapide, que l'art a sur l'âme humaine un empire plus puissant. Je l'ai dit, l'art est une des grandes faces de l'humanité ; il est pardessus tout une de ses grandes puissances. L'art a dans l'humanité une domination incomparahle ; l'art est une parole; l'art est une prédication ; l'art est une éloquence ; l'art est un sou- \erain : il exerce sur les cœurs, par l'imagination, une sorte de toute-puissance. La plus pj'ofonde et la plus efficace par ce centre oii elle agit, elle est par son étendue la plus universelle et la plus populaire. La science n'atteint qu'une élite de l'humanité, l'art saisit les multitudes : et s'il n'y a pour le juger qu'une minorité restreinte, il y a pour en subir la puissance l'humanité entière.
Aussi lorsque cette puissance , mise au ser\ice de la perversité, \ient à se retourner contre son but ; lorsque les grands artistes se font encore plus célèbres par leurs \ices qu'illustres par leur génie ; nul ne peut
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dire ce que peut alors pour liâter la défadence cette puissance de l'art, devenue la corruption des hommes, et le scandale des sociétés. A (pioi sert aux mains de riiomme sans mœursce splendidf instrument de l'art ? A produire au dehors ce que cet lionniie porte au dedans, la corruption de son ànic \(»us (pii t'ailcs si petite dans les lionneurs de l'art et le triom|»he des artistes, la pail de la \ertu ; muis (pii comptez poui" si [xmi le bienfait ou le désastre que la société j)cut rece\oir d'une cjeuNre d'art, selon (pi'elle porte le signe de la ^ertu ou le signe du Nice : Ali ! \oycz où \oMt nos admirations, vos aj)plaudissements, vos honneurs. Un liomme se dit : « J'ai la vocation de l'art, je vais faire une statue, un tableau; j'y jetterai vi\e et tressaillante la Noluplé sans voile; tonte ])udeur qui osera regariler se blessera de son projtrc regard ; et toute admiration passionnée de mon œuvre sera la corruption d'un cœur. » Cet homme fait son u'uvre. C'est un grand mal déjà; mais pour mieux assurer dans le monde le règne du vice et le trionq)lie du mal par la puissance du
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génie, ce que cet homme a fail, la multitude l'admire et la société le couronne.
Un auteur, homme ou femme, a découvert dans les corruptions du siècle le secret des faciles triomphes ; il fait appel aux passions impatientes du joug ; il évoque l'idéal pour protester contre le devoir : il fait un roman ; le roman a réussi ; le romancier était pau\re, le roman l'a fait riche ; qu'y a gagné la société ? Comptez les têtes qui ont pi'is le vertige ; comptez les pudeurs tuées, les vertus ravagées, les âmes bouleversées, les cœurs brisés, les familles désespérées ; comptez les hontes et les désastres qui vont sortir de cette (Puvre applaudie, et dites : Voilà l'homme du Progrès : Moi je vous dis : Voilà l'homme de la dégradation ; voilà l'ennemi de la société, voilà le barbare qui nous menace. (> qu'il y a de plus dégradant pour l'humanité, ce sont les arts déviant de leur but; et de tous les honnnes les plus funestes à la société parmi ceux qui lui sont funestes, si vous voulez le savoir, c'est la foule des artistes sans pudeur, et des illustrations -sans Aertu. Lorsque ces génies égarés par
leur cœur, AJenncnt à tourner contre riiunialîiité l'art, ce grand ressort du proiircs hnniaiii, ail! ce n'est pas au son de la lyre, qu il fau- •di'ait les conduire aux frontières de la répul)lif{ue, c'est le fouet à la main qu'il faudrait bannir des empires civilisés ces brillants ennemis de la civilisation !
Il y a des artistes ici, il y en a d'illuslres jicut-ètre ; ils ne verront dans ces mots ni im méj)risde l'art, ni une insulte à leurijénie. Il y au rai t trop d'injustice à retourner contre lexcellence des choses des pan des qui ne poursui- \enX que le désordre de l'abus; et de prétendre (ju On outraire la diiiiiité et la royauté de l'art, alors (pi'un dénonce une perversion qui est la flétrissure et la déi^radation de l'art. •le me plais à le redire , afin qu'on ne se trompe pas sur la portée de ce discours , l'art est iirand, l'art est sublime, il est après la relliçion ce qu'il y a de plus di\in dans riiomme : c'est là ce (pii fait mieu.v a|)paraître la monstruosité de l'abus (pi'en fait le Xîénie pour le malheur des hommes; car ce (ju'il y a de pire en tout et partout, c'est la corluption de ce qu'il y a de meilleur : Corruptio
optimi pessima. Et c'est là aussi ce qui impose à la couscieuce de l'artiste, une responsabilité redoutable qui se mesure tout à la fois, et à la grandeur de son génie, et à Fénormitéde l'abus qu'il en fait. r
Artistes qui m'écoutez , ne Touilliez pas , l'art est un ministère; c'est comme un sacerdoce dans riiumanité ; vous en répondrez devant Dieu, et devant les liommes aussi. Dieu vous avait faits plus grands que le .vulgaire desliommes, pour élever par vous le niveau de l'humanité. Si au lieu de la faire monter, vous la forcez à descendre, vous manquez à la vocation divine, et vous outragez la dignité humaine ; vous violez la loi de Dieu et vous arrêtez le Progrès de l'homme. Dieu menace de vous châtier, et l'humanité s'apprête à vous maudire. Mais nous ne demandons pour vous, ni le châtiment qui vient de Dieu, ni la malédiction qui vient de l'homme. Si vous le voulez, l'humanité élevée et agrandie par vous, voussuivra reconnaissante sur la route glorieuse où la précédera votre génie : alors les liommes vous couvriront de leurs applaudissements, Dieu de ses bénédictions. Pour cela que faut-il
NKCESSITE DU PROGRKS MOltAI.. 30.'i
faire? Ramener au but suprême de la création les dons que vous fit le Créateur, en allumant dans votre âme la flamme du génie ; asseoir et déployer le talent an centre de l'ordre nioial, ■il'où jaillit sni* toutes choses la plénitude de la perfection. Oui, regardez en liant, an sein de Dieu même, là où tout doit tendre i't aboutir pour trouver le conunencement et la fin (\o son Progrès; cherchez ilii côté du ciel les grandes visions de l'ame et les grandes inspirations de Fart; ponrsui\ez sur les routes qui conduisent au bien, la beauté ^éritable; embrassez dans un même amour, et montrez iniiesdansles mêmes chefs-dœuvre, <es deux «dioses qui s'embrassent éternellement an sein même de Dieu , le bien et le beau ; marchez en un mot à la perfection de l'art \ydi' la perfection de la -sertu : alors, et alors seulement, \olre art, fidèle à sa Aocation, sera A raiment un ressort de progrès ; ne touchant plus à rhoinme que pour mieux lélcNer à Dieu, il dcNiendra dans vos mains un le\ier puissant qui soulè\era l'humanité de la terre au ciel. Sous l'impression du sublime communiquée par la puissance de l'art, elle
siiiM'a sa \érital»le voie ; elle montera par \ous et avec vous vers son idéal et sa fin : alors, vous serez dans le monde les vrais précurseurs du Progrès, parce que vous serez les restaurateurs du l)ien et les initiateurs populaires de la ^ertu dans le monde.
IMais si la perfection morale vous manque, si l'orgueil, la volupté, la cupidité, l'égoïsme se font sur vos cœurs une domination qui vous dégrade ^ous-memes, voici ce qui doit arriver : au lieu de faire rayonner sur la multitude la heauté de vos âmes dans la splendeur de vos œuvres , vous laisserez dans vos œu^res les vestiges de vos vices. Au lieu de soulever l'humanité du sein de ses corruptions vers les régions de l'idéal, votre art, par une monstrueuse perversion des choses, fera descendre l'idéal au niveau des corruptions humaines ; et vous demanderez à cet art per^erti et à cet idéal renversé, de mettre au front du vice des reflets de grandeur fausse et de beauté factice. Au lieu de parler aux Times, vous parlerez au corps; au lieu de })eindre la passion, vous peindrez la sensation; au lieu d'exprimer les élévations de
NKCESSlTh Ul l'KOGKKS MORAI . 307
res|)ril,ce qui fst le Projrrèsdr* l'ai'l, Mtnsvous j)laii'ez à peindre aux yeux les t'-niotinus d»' la chair, ce qui est la dé«i:radation de l'ait.
Alors, quoi que fassent pour \ons exalter la folie de l'opinion et le despotisme du nlau^ais «iout; quelles que soient les couronnes <|ue le monde laisse tomber sur \os fronts, rien n'em- ]>ecliera une réprobation s(^ ère d'infliger a la per\ersion de Notre art des cliàtinients mérités. De quelque nom filorieux que l'on essaie de NOUS nommer : qu'on nous ai)})elle i)ropliètes, prêtres ou pontifes, régénérateurs du monde ou ])récurseurs du Progrès ; du fond des abaissements où NOUS ferez tomber les peuples, la Nérité imjjartiale vous criera par la Noix d'une postérité Acngeresse : « Vous a\ez failli à Notre vocation humaine et à votre apostolat social ; l'humanité agrandie par vous devait vous applaudir; vous l'aNez dégradée ; elle ne nous doit que ses malédictions. Allez, retirez-vous; on NOUS nomme les hommes du Progrès, nos oeuNres rendent témoignage contre nhus : nous êtes les hnnnnes de la décadence! ••
308 SIXIKME CONFÉRENCE.
II y .1 un troisième Progrès que riuimaiiité poursuit, et que notre siècle surtout :q)})elle avec enthousiasme comme le couronnement de tous les autres, le Progrès social.
Qu'est-ce que le Progrès social ? Dans la pensée de tons, le Progrès social est la marche ascendante de l'humanité par le perfectionnement progressif des constitutions, des lois et de toutes les institutions qui ont [)Our objet île diriger et de gouverner les hommes en tant qu'ils sont associés ; c'est le Progrès de l'homme par le perfectionnement de l'association humaine.
Or, voici sur ce ])oint deux vérités qui se répondent, et établissent l'impossihihté d'un \ rai Progrès social en dehors du Progrès moral. Sans le perfectionnement des hommes ou le Progrès moral, règle générale, il n'y a pas de vrai perfectionnement dans les institutions sociales ; et les institutions créées par le génie des hommes, quel que soit leur degré de per-
fection , deviennent des instruments de décadence ou de ruine sociale.
Il est manifeste pour quiconque vent y réfléchir sérieusement, que la })ensée de perfectionner indéfiniment les institutions humaines, si l'on ne travaille à opérer dans les hommes un perfectionnement parallèle , n'est que le rêve de l'impossihle. Ce fut l'aberration de plusieurs hommes de notiv. tem])s , de faire consister tout le Progrès humain dans le perfectionnement ou le changement des institutions. Pour eux tout le mal de l'humanité était dans les institutions humaines : à les entendre, là était tout le mal social, là était pour eux le péché originel qui enfantait avec tous nos maux , tous nos désastres solidaires. Ce péché originel qu'ils sujjjjrimaient dans rhomme, ils le transportaient dans la société; l'erreur une fois de plus déplaçait la vérité. On demandait à la forme le secret de guérir la substance , et à la surface le secret de réformer le fond. Au lieu de poser le Progrès de l'homme comme ressort du Progrès social, on posait le Progrès social comme ressort du Progrès de l'homme. C'était jeter l'hu-
310 SIXIÈME CONFÉREN'CE.
maiiité dans un cercle de réformes et de révolutions sociales d'oii elle ne pourrait plus sortir que par la ruine de la société.
Telle fut la folie de nos modernes réformateurs ; rêver des réformes et encore des réformes, toutes les réformes, excepté la seule qui prépare et amène toutes les autres, la réforme de soi. Hommes singuliers qui trouvent tout à réformer par le dehors et rien par le dedans ; qui parlent toujours de perfectionner la société, jamais de se perfectionner eux-mêmes ; qui rêvent chaque matin d'abolir dans le monde toutes les misères du corps , et qui ne font rien pour abolir en eux les misères de l'âme; qui étendent leurs bras menaçants pour secouer ce qu'ils nomment la lèpre sociale , et qui n'ont pas le courage de toucher à leur cœur pour en secouer la lèpre morale. Hommes audacieux et lâches tout ensemble, qui feraient une révolution pour faire régner leur idée, bouleverseraient mille empires pour faire triompher une seule de leurs pensées ; et qui ne tenteraient pas même un effort pour triompher d'une seule de leurs passions , et anéantir un seul de leurs vices. Ah! volontiers, je leur
NF.CESSITK DU PROGRÈS MOHAL. 311
dirai, avec un écrivain de ce temps : « 0 réformateur, tu dis : Il faut réformer les lois, réformer la société; irrand homme, quand te réformeras-tu toi-même? » Oui, réformetoi tout le premier, et les autres avec toi, et alors la réforme sociale viendra d'elle-même. La réforme sociale sans la réforme des hommes, n'est que le rêve de ta folie.
Certes, nous ne le nierons pas , les lois et les formes sociales ont , dans le Progrès de l'humanité, leur valeur relati\e. Les lois parfaites et les institutions progressives réagissent dans une mesure sur les mœurs ellesmêmes. >hus la question est précisément de faire des lois parfaites et des institutions vraiment progressives. Or, remarquez-le jjien, co n'est pas la perfection des lois et des institu- lions qui fait la perfection des hommes ; c'est le perfectionnement des hommes qui prépare le perfectionnement des lois et des institutions. Les institutions sociales sont à la société ce que le style est à un homme : elles en sont l'expression. Ce n'est pas le style qui fait la supériorité d'un homme, c'est l'honune qui fait la supériorité de son style. Dans les sociétés, les
constitutions et les lois sont comme la parole sociale : elles ne créent pas la perfection des âmes, c'est la perfection des âmes qui crée les lois et les constitutions parfaites. L'ordre, le bien, et le Progrès qui sont dans les hommes, passent peu à peu, d'eux-mêmes, dans les institutions elles lois. Comme la \ieetla sé\e de l'arbre s'épanouissent dans ses rameaux, les bonnes lois et les institutions heureuses, sortent par une croissance naturelle de la racine de nos vertus et de la sève de nos bonnes mœurs.
Au contraire, des hommes méchants sont impuissants à se faire de bonnes lois ; ils ne se constitueront jamais en association parfaite. Réunissez de tous les bouts de l'empire toutes ' les célébrités philosophiques, littéraires, politiques, économiques, législatives et administratives; que ces législateurs aient dans leur pensée tout ce qu'ont inventé pour le Progrès des civilisations le génie des plus grands hommes et la sagesse des plus grands siècles ; s'ils sont ambitieux, cupides, orgueilleux, jaloux, voluptueux, vicieux enfin , n'en attendez rien pour le vrai perfectionnement des institutions sociales. Ces
M-.CESSlTÉ DL PRUGKtS MuRaL. 313
illustres de la ci^ilisiltiull, ces maîtres de la législation vous feront des lois barbares et des constitutions sauvages. Ces lois et ces constitutions, comme toujours, intitulées progressives, marqueront, avec un éclat sinistre, les degrés descendants que suit dans le luxe d'une civilisation fausse la décadence d'un peuple.
Ah! c'est que, encore une fois, pour faire de bonnes lois, il faut avoir de bonnes mœurs, et que pour réformer les sociétés, il faut aNant tout réformer les hommes. \ ous auriez beau réformer un million de fois vos lois politiques et vos constitutions sociales; si le fond de l'humanité, c'est-à-dire l'âme, le co'ur et les volontés des hommes ne chantient , tous vos efforts ne seront que des avortements; si la vertu n'est aux unies, si la vie n'est aux cœurs, jamais les âmes perverses ne s'exprimeront en institutions salutaires ; jamais le désordre des moMirs ne se traduira par riiarmonie des lois.
Mais un momcnt,je le veux supposer, du sein d'une société corrompue, ^ous ;nez fait sortir des institutionset des législations parfaites, constitutions, lois, administration, politique, gouvernement , tout est en harmonie avec la na-
314 SIXIÈME CO.NFÉREXCE.
ture humaine et le besoin des temps; vous avez créé un mécanisme social dont les rouages suffiraient à gouverner un monde. Alors, je le demande, à quoi servira ce mécanisme si savant et si fort, s'il doit fonctionner dans des peuples sans vertus ? à créer pour les nations de fastueuses servitudes. Oui , au bout des perfectionnements de toutes vos institutions politiques, administratives et sociales, même les plus puissantes et les mieux concertées, j'affirme qu'une chose est inévitable : la suppression graduelle de la liberté civile, et l'aggravation progressive de la servitude sociale ; servitude d'autant plus inévitable , qu'elle résulte à la fois , du fait de ceux qui obéissent et du fait de ceux qui commandent.
Et d'abord, remarquez-le bien, pour voir se réaliser dans des royaumes, des empires ou des républiques, ces servitudes nationales, il n'est pas nécessaire de voir surgir du sein de ces nations corrompues des ambitions tyranniques. Dans les peuples pervertis, la servitude se fait toute seule, parce que les âmes y vont d'elles-mêmes. Toute société qui secoue le joug de la vertu et de Dieu est façonnée d'à-
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\ance pour la sci'Nitude des j)assi(>iis ; cllf* est j)rête pour le joug de lliomme : la dé^rradation morale produit d'elle-ineme cet efiet ; elle couduit de de^ré eu degré les peuples les plus licrs à l'humiliatiou de resclavage. Il ne faut pas s'en étonner : la lâcheté fait des eschnes, et les liassions font des lâches; lorirueil fait des lâches, la volupté fait des lâches, l'égoïsme fait des lâches, toutes les passions font des lâches : elles brisent, a\ec les grandes forces de l'âme, ce qui fait les peuples courageux ; et au lieu de ces virilités fermes dans le danger et fières devant l'injustice, elles créent ces faiblesses turbulentes tpii n'attendent, pour se prosterner jus(pi"à terre, que les triomphes de la force.
Ainsi, dans une cité fameuse par son culte pour la liberté, on avait \u, après les grandes orgies de la cupidité, de l'orgueil et de l'ambition, la noblesse, le sénat et le peuple, non-seulement aller d'un même pas, mais se jirécipiter d'une même chute dans une commune serxitude. C'est la remarque de Tacite, témoin indigné de cette ignominie et de cette lâcheté romaine: Romw rucrr in servitium , pf/i/cs , senatus , populus. Pourquoi s'en étoimer? Les passions
ont l'instinct du despotisme, elles font l'homme esclave au dedans, et le poussent encore à toutes les servitudes du dehors. Les peuples sans vertu ont heau crier : Liberté^ chacun de leurs vices leur prépare une chaîne ; et leur corruption morale est la prophétie infaillihle de leur servitude sociale. Ce résultat est si fatal, que quand les j)euples, pervertis par Torgueil, l'égoïsme et la volupté, viennent à se soulever dans un semldant d'énergie et à lever sur leur tête le drapeau de la liberté, ces multitudes qui vous apparaissent ivres d'indépendance, arrivent à demander, au nom même du Progrès social, ce qu'il y a de plus antisocial, l'égalité dans la servitude , le communisme , centralisation absurde et sauvage, où la liberté de chacun s'ajjsorbe et meurt dans la servitude de tous.
Et quand même cette servitude ne viendrait pas d'elle-même d'en bas, et ne trouverait pas sa raison d'être dans le règne du vice et le despotisme des passions ; la force des choses la ferait nécessairement descendre de la puissance qui est en haut. Alors même que les passions perverses n'auraient pas pour résultat iné-
vital)le de préparer les aines à la servitude, en y brisant peu à [)eu, dans ceux qui obéissent, les ressorts de la force; l'excès de la compression devient dans ceux qui gouvernent une nécessité à laquelle ils ne peuvent se soustraire sans laisser se briser dans leurs mains les ressorts des États. Moins les honunes savent se gouverner eux-mêmes par l'usage de la liberté, plus ils ont besoin d'être gouvernés par l'action de l'autorité. Les passions, dans toute société qui veut vivre, ne peuvent commander, il faut qu'elles obéissent ; d'une manière ou d'une autre , elles doivent être réprimées ; si la liberté personnelle ne les réprime par le dedans, l'autorité sociale doit les réprimer par le dehors. Répression libre ou répression forcée, répression individuelle ou répression sociale, c'est à choisir : si la première diminue, il faut que la seconde augmente ; car il est démontré, et par la nature de l'homme, et par l'histoire des sociétés, que les passions ne peuvent tenir, même une heure, le gouNernement des hommes. Les passions ne régnent pas, elles tuent ; elles ne gouvernent pas, elles détruisent. De là dans les sociétés, où les passions régnent
au cœur des liommes par la perversion des mœurs, la nécessité de la diminution de la lilierté et de la com})ression sociale. La première loi pour les sociétés c'est la loi de l'existence ; et la nature vous crie avec l'histoire que, dans la décadence des mœurs, la société ne peut subsister que par une compression sociale, croissant avec la corruption humaine. Et pourtant, j'ai supposé au gouvernail des choses des hommes nés pour le gouvernement humain ; j'ai supposé au sommet du pouvoir la sagesse, la force, le calme, la vertu. Et vous le voyez, la corruption des mœurs forcerait la sagesse et la vertu même à tourner à la servitude des peuples, les plus magnifiques inventions du génie politique. Que sera-ce donc, si les passions elles-mêmes , au milieu d'une société sans mœurs, viennent à prendre dans leurs mains ces instruments de règne créés par le Progrès social? Messieurs, la gravité des choses nous force ici à nous poser à nousmême cette question ardente : Au milieu de ces nations si fécondes en institutions et si pauvres en vertus , si perfectionnées dans l'ordre social et si perverties dans l'ordre nio-
N^r.ESSlTK or PROGnftS MORAL. 319
rai , qu'arriAora-t-il un jour, si ces peii[)les corrompus reucontrent , pour les p:o^^erlle^, (les chefs, des princes, des monarques diirnfs d'eux ? Oui, je le demande avec un léj^itime effroi, qu'adviendra-t-il, si les passions réimant en l>as et les passions réixnanl nu milieu, le mou\ement des chcises Aient à les faire monter incarnées dans des honmies, aux plus hauts somiuets de ces sociét«''s si savamment orjianisées ?
Messieurs, j'ai regardé dans les nations de l'Europe, et de tous cotés j'ai \u les peuples en extase devant les in\ entions de Aotre génie politique, exallant avec orgueil les institutions, les législations et les administrations créées pour le couvernement des sociétés modernes. J'ai vu les plus grandes nations enAcloppées, d'une extrémité à l'autre, dans un immense réseau de lois, de règlements et d'administrations; au sf>mmet de ces nations j'ai vu les conducteurs des j)euples qui, pour faire se remuer des multitudes, sur t(uite la surface des Etats, n axaient qu'à faire un signe ; du fond de leur palais, ils n"a\ aient (pi'à ti>ucher de leur doigt
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le plus petit ressort pour ^oir en uu instant mille autres ressorts obéissants et souples porter leur volonté à des millions d'hommes prêts à répondre : « Nous voici. » Et en voyant que ces mécanismes, si puissants pour le salut, pouvaient l'être encore plus pour la ruine, je me suis pris à trembler : j'ai dit r Malheur aux peuples sans vertus, malheur aux nations qui, préparées par leur décadence morale aux lâchetés de la servitude, trouveront, pour leur commander, des hommes que méritent d'avoir pour chefs les peuples déshérités de la vertu ; car, quand je me suis demandé, à la lumière de la raison et de l'histoire, à quoi dans des peuples sans Progrès moral, peuvent servir ces perfectionnements du mécanisme social, et ce qui doit advenir de ces nations si ardentes au perfectionnement des institutions, et si dédaigneuses de la perfection des hommes, tout a répondu : « Décadence. » Et quand j'ai demandé à quoi devaient, tôt ou tard, aboutir sans nos vertus morales les })rodiges de notre génie politique et social, tout a répondu : « La ruine. » Oui, Progrès dans la
vie morale on décadence dans la ^ io sociale : la vertu dans les hommes ou la riiino dans les sociétés, je vous dis que c'est à choisir !.,.
Messieurs, la protestation que j'ai faite au sujet de la science et de l'art, je sens le hesoin de la faire, en finissant, au sujet du Progrès social. Peut-être la pensée Aiendra à quehjues hommes de Aoir dans ces paroles une insulte à nos lois, à nos institutions et à nos systèmes d'administration ou de cou\ernement. A Dieu ne plaise! J'admets, avec le christianisme et la Aérité, tous les perfectionnements ([ue le piéuie de l'homme peut réaliser dans l'ordre social comme dans l'ordre artistique et dans l'ordre scientifique ; mais aussi , je ne crains pas de le proclamer avec le christianisme et la vérité ; sans le Progrès moral je n'aperçois, dans l'ordre social, que la décadence de la société. Ah ! c'est que là, comme partout ailleurs, apparaît cette vérité décisive et souveraine dans le sujet qui nous occupe : Le vrai Prngrrs humain, c'est Ir perfectionnement de l'homme. Sans lui, quoi que vous fassiez, tout marche à la décadence, dans la société , dans l'art , dans la science elle-même.
Au contraire, avec le Progrès moral, tout monte, tout s'élève , tout marche dans l'ordre à la conquête progressive de la destinée. La vertu par elle-même n'enseigne pas la science; mais elle met dans l'homme ce qui fait aller loin dans la science, le sens du vrai, et la lumière des grandes pensées. La vertu, par elle-même, n'enseigne pas les arts ; mais elle donne ce qui prépare les artistes illustres, le sens du beau et l'enthousiasme des grandes choses. La vertu, par elle-même, n'enseigne ni la politique, ni la législation, ni l'administration ; mais elle donne à l'homme ce qui prépare les errands léiïislateurs et les véritables hommes d'État, le sens de la justice et le dévouement à l'humanité. Donc, Messieurs, soyez les hommes du bien; soyez humbles, obéissants, désintéressés , patients , courageux , dévoués , chastes ; soyez vertueux enfin, et vous serez tout à la fois et de plus grands philosophes, et de plus grands artistes, et de plus grandshommesd'État. Faites danslesautres, etsurtouten vous-mêmes, du véritable Progrès moral, et vous ferez par là même du Progrès intellectuel, du Progrès artistique et du Progrès social, tous les Progrès enfin.
NÉCESSITK DU PKOGnHS MOUAL. 323
^ oilà lo Pro^Mvs auquel je mhis convie , et dont nous allons ou\rir, par les exercices delà retraite, la carrièie laborieuse. Le vrai Progrès moral n'est (|ue dans la rrf'orme de soi-même, et demain nous donnerons le secret de la réforme de soi, point de départ pratique de tout Proirrès moral. Venez tous, Messieurs, à ces exercices où se font les hommes forts ; ^enez entendre, dans la retraite, le secret du Progrès moral, ambitieux tout d'aliord de le léaliser en \ous. Ajtpelez a>ec \ous tous ceux (jui veulent vous sui\re sur cette Noie i^lorieuse qui conduit l'humaïuté à tous ses a rais Progrès ; ceux (pii, avant de faiie de la science, de l'art, de la politicpje, Aculent faire de la ^ertu ; ceux qui, a\ant de réformer le monde, Aculenl sérieusement se réformer eux-mêmes; hommes de la chasteté, honnnesde Ihumilité, hommes de lahnéiration . honnnes du dé\ouement , hommes de toutes les Ncrlus ; oui, convoquezles tous, sous tous les noms, sous tous les costumes et dans toutes les conditions. Que ces hommes soient des prêtres ou qu'ils .soient des soldats, (|u ils soient des hommes d'affaires ou des hommes de lettres, (ju'ils soient de la
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cour, de la chaumière ou du cloître; qu'ils soient des princes, des ouvriers ou des religieux ; s'ils sont des hommes vertueux, ce sont les hommes du Progrès, dignes, en se réformant eux-mêmes, d'aspirer à l'honneur de réformer l'humanité. C'est le drapeau de ra\enir : l'axenir appartient à qui saura le porter.
[La suite, voyez année 1837.)
TAIU.E DES MATIÈHKS.
FRcraiERi: CONrERERTCK.
La (jiic>tiuii du Pr<)j;ri's ;j
DCOXIÊME CONrÉKEIUCC,
Le |)Oinl ilc ilcpail du Progrès jl-j
TROISIÈME COlWrÉREIVCE.
Le teiniis tin. il du Proi;!-!-. Il<,
QUATHIEinE CONTÉREMCE.
1)0 la Videur du Progrès iniilériel et du ilanyer de son exa};i-ralion K;;)
CINQUIÈME COlUrÉRENCE.
Lf Progrès malerid divnii !.• Clirisiijnisuie ->:»|
SIXIEME CONFÉREMCE.
Néoessile dti Progrès moral par ra|)|K)it a la s^ien. •• . il l'art et à la Soeiéli- 07 j
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