‹ Le Progrès par le ChristianismeChapitre 18 sur 33 · E= LQ · texte numérisé non relu

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cend du sein de Dieu au plus intime de l'âme

des enfants par les dignités hiérarchiques,

constituées pour rendre par le dehors ainsi que

par le dedans Dieu palpable à l'âme humaine.

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Lorsque, au bruit des catastrophes qui ébran-

lent la terre de toutes parts, l'enfant, regardant

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autour de lui, ne rencontre partout que des

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majestés qui s'affaissent et des grandeurs qui

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tombent; et lorsque ces grandeurs, naguère

encore environnées de tant d'hommages et dé-

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fendues par tant de respects, semblent tout à

coup disparaître à ses yeux et s'évanouir dans

des écroulements et des ruines qui n'espèrent

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pas de résurrection : l'éducation catholique

lui découvre au plus haut sommet de labié- I

rarchie chrétienne une majesté qui semble

grandir par ses abaissements, et monter sur

se s propres ruines comme sur un piédestal;

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une majesté élevée si haut dans le monde des âmes, que les âmes lui envoient des quatre vents du ciel, à travers les mépris qui essayent de l'humilier, une vénération qui ne sait pas tarir ; une majesté qui n'apparaît jamais plus céleste, plus divine, plus vénérable, que quand les hommes manquent à sa défense, et que la terre de tous côtés semble fuir sous ses pieds ; une majesté si imposante encore, alors même que tout conspire à la découronner de son prestige, qu'elle n'a qu'à dire une parole et à faire un signe, pour tenir les peuples dans le saisissement et les rois eux-mêmes dans l'attente. C'est devant cette majesté, demeurée dans le monde des âmes universelle et suprême, que nous prosternons dans le respect et l'amour l'âme et le cœur des enfants, heureux de saluer d'incomparables hommages cette incomparable grandeur. Aussi lorsque, tournant du côté de Rome ces âmes qui ont faim et soif de vénération, nous leur montrons de loin ce vieillard, au milieu des tourmentes sociales, plus affermi sur la parole qui le porte que le rocher au milieu d'une mer en furie, nous leur disons : Enfants, voilà le père des

âmes ; voilà le vicaire de Dieu : ah ! croyez-le bien, ces enfants se prosternent, ils honorent, ils vénèrent : ils sentent au plus intime de l'âme la plus profonde impression de respect ; ils ont vu dans l'humanité la plus grande image de Dieu. Et ce docteur de la vérité, et ce père des âmes, et ce vicaire du Christ, et ce roi de la catholicité, du haut de la chaire de Pierre où il est assis depuis bientôt vingt siècles, c'est lui qui fait sur la terre la grande école du respect : école sans pareille, où il y a, pour enseigner le respect aux hommes, la plus grande apparition de Dieu ; pour pratiquer cet enseignement, deux cents millions d'âmes; et pour l'entendre, le monde entier ! Mais, pour compléter l'éducation du respect, qui est non-seulement de tous les jours, mais de toutes les heures, ce n'était pas assez de cette grandeur lointaine dont la plupart n'ont Pas le bonheur de contempler le visage et d'entendre la voix. Il fallait que cette majesté de Dieu, se rapprochant de plus en plus de l'âme des enfants, vint par des personnes vivantes la toucher d'aussi près que possible. Voilà Pourquoi après le Pontife il y a l'évêque ; et

au-dessous de l'évêque, le pasteur, le prêtre, le prêtre chargé par sa fonction même de mettre ces âmes d'enfants en contact immédiat avec la dignité du Christ, et de susciter en elles, sous le seul ascendant de la puissance morale, des respects d'autant plus profonds qu'ils remontent plus haut, et s'adressent à Dieu même en s'inclinant devant l'homme.

Aussi, c'est un fait d'universelle expérience : l'enfant bien élevé trouve dans son cœur, même sans la chercher, avec l'adoration de Jésus-Christ, la vénération du prêtre : il salue sa dignité divine, il vient baiser sa main consacrée et s'incliner sous sa bénédiction. La pensée ne lui vient même pas que s'abaisser de la sorte puisse être une humiliation. Lorsqu'il a respecté le prêtre, et que le prêtre l'a béni, il se sent meilleur pour avoir vénéré, plus grand pour s'être incliné ; et la paternité et la maternité ressentent le bénéfice de ces hommages rendus au prêtre. Jamais ils ne reçoivent de leurs enfants un amour plus respectueux et une vénération plus affectueuse, que quand ces enfants ont rendu eux-mêmes à tous les représentants du Christ des hommages plus

volontaires et des respects plus profonds!

Ainsi, vous le voyez, Messieurs, pour se faire sentir à l'âme de l'enfant et y créer des respects qui ont, sous des formes diverses, une commune origine, la majesté de Dieu s'y découvre dans deux sphères distinctes mais unies : dans l'ordre naturel et dans l'ordre surnaturel. Ces deux communications de la dignité divine viennent se rencontrer et se multiplier l'une par l'autre dans les deux dignités humaines en contact immédiat avec l'enfance, dans la dignité paternelle et la dignité maternelle. Même dans l'ordre naturel et à la lumière de la seule raison, le père et la mère sont à l'âme de l'enfant des représentations de la dignité divine. Dieu est la cause et la dignité première; eux sont la cause et la dignité seconde ; donc, les respects que l'enfant rend à Dieu rejaillissent sur eux pour les rendre Plus vénérables ; comme ceux qu'il leur rend directement à eux-mêmes remontent jusqu'à Dieu. Mais ce qui fait Dieu pour l'enfant plus visible dans son père et dans sa mère, c'est la dignité qui descend sur eux de la majesté de Jésus-Christ. Déjà augustes et vénérables aux

yeux de leurs enfants, ils reçoivent de Jésus- Christ qui les consacre une vénérabilité de plus. Gomme ils relèvent de Dieu par Jésus- Christ, père du siècle futur, ils relèvent de Jésus-Christ par l'Église, mère divine de l'humanité ; et cette investiture doublement sacrée leur communique un accroissement de dignité qui multiplie le respect en se multipliant ellemême.

Et lorsque le père et la mère délèguent à un instituteur catholique, avec leur dignité naturelle et surnaturelle, tous leurs droits d'enseigner et d'élever, il ne vous peut échapper quel caractère de dignité reçoit l'instituteur de cette double délégation, pour obtenir les respects de l'enfant qu'il élève. Il est comme Icconfluent où ces deux dérivations de la majesté de Dieu viennent s'unir, en passant par Jésus-Christ et par l'Église, par le cœur du père et par le cœur de la mère. Tel l'instituteur doit se montrer à l'enfant; tel il doit se considérer luimême dans la lumière de la raison et de la foi, rehaussé par la double investiture du droit humain et du droit divin, pour imposer à son élève le respect dont il a besoin, et qu'il ob-

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tient, même sans le demander, par l'ascendant de la grandeur que l'enfant reconnaît en lui. Que voit en effet l'enfant quand il regarde son maître? Il découvre à son front, avec le signe du droit de l'homme, le signe du droit de Dieu. Il croit que Dieu a donné à l'Église, par Jésus-Christ qu'il adore, le gouvernement de sa conscience ; et vénérant même dans un homme une part de cette magistrature descendue du ciel, il estime que c'est sa dignité de reconnaître et d'honorer une grandeur qui porte le sceau de Dieu jusque dans la faiblesse de l'homme ; et alors même que l'infirmité humaine se trahit par trop d'endroits, elle ne le laisse pas sans secours livré à la tentation du mépris ; parce que dans la lumière qui transfigure l'homme le divin apparaît encore, et facilite une vénération au fond de laquelle Dieu même est tout entier.

Cependant cette dignité dérivée, et, si je puis 'e dire, cette majesté d'emprunt, ne suffit pas toujours pour protéger dans l'enfant le culte d u respect ; il faut que cette grandeur, qui ne v,e m pas de lui, ait pour naturelle défense, avec a dignité personnelle, cette majesté propre

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qui vient de l'éclat d'une grande vertu et du prestige d'une grande sainteté. Il ne me suffit pas que l'instituteur catholique ne soit pas une personnification du vice, j'exige qu'il soit une personnification de la vertu ; il faut qu'il soit, au point de vue du mérite personnel, une belle et rare figure. Je ne me contente pas qu'il soit du vulgaire des vertueux ; et son renom d'honnête homme ne me rassure pas assez : je veux qu'il ait dans sa personne assez de dignité pour porter avec aisance le faix des grandeurs chrétiennes qui lui viennent par Jésus-Christ ; je veux qu'il soit un grand chrétien, un vivant Évangile, un type de vrai christianisme , un autre Christ en un mot : afin que l'âme de l'enfant sente en quelque sorte dans toute sa personne ce Christ qu'il représente et dont la dignité le couvre. Et c'est par là que le catholicisme achève le chef-d'œuvre de l'éducation, en réalisant dans toute sa perfection l'école du respect. Il crée des saints, portant au front une auréole qui n'échappe pas aux enfants, et qui laisse même aux plus inattentifs, avec l'image de Jésus-Christ, un sens de la dignité qu'ils ne peuvent plus perdre.

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