‹ Le Progrès par le ChristianismeChapitre 24 sur 33 · EJ · texte numérisé non relu

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prendre à l'enfance, pour les transmettre par

co =|

elle de génération en génération. Or, nous

essayerions en vain de nous le dissimuler, une

des plus grandes blessures faites à l'huma-

i— ' SJ

nité contemporaine, c'est la diminution du

respect et l'accroissement du mépris dans les

générations nouvelles. C'est là une des plaies

humaines et sociales qui arrachent à mon cœur d'homme et d J apôtre les gémissements

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dont je voudrais pouvoir vous exprimer

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= i— 1 = CM

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l'inexprimable tristesse. Ah ! Messieurs, voir

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insulter la grandeur et outrager la dignité ;

voir le mépris monter aussi haut qu'il peut

monter sur la terre ; et tandis que tous ceux

qui ont une parole, un talent, une fonction, une

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autorité, une influence intellectuelle ou une in-

fluence morale, devraient mettre la main à la

= IX

restauration du respect dans les âmes, hélas !

rencontrer toujours devant soi des hommes qui

unissentleurs efforts pour accélérer la chute des

âmes en précipitant la ruine du respect ; des

= co

hommes qui, tous les jours, oui, tous les jours,

= CM

recommencent cette œuvre d'abaissement hu-

main et d'abaissement social, populariser le

mépris et déshonorer la grandeur ; des hom-

mes qui s'en vont cherchant par le monde une

croyance, une institution, une personne au-

guste, pour lui jeter devant les multitudes des

insultes applaudies ; et, comme les Juifs ont fait

Pour humilier le Christ, choisissent de préfé-

= — co

fence ce qui est le plus vénérable et le plus

vénéré sur la terre, pour l'abreuver de plus . |

d' opprobres et le couronner de plus de mé-

pris : ah ! je le répète, assister à ce spec-

= — CD

tacle, c'est pour tout noble cœur et pour

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= — CM = — i— 1

en

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toute âme généreuse une indicible douleur !

Et voilà ce que nous avons vu, ce que nous voyons encore. Et, parce que les mépris, comme les respects, se tiennent par une invisible chaîne, le mépris de tout ce que l'humanité a environné de ses plus profonds et de ses plus persévérants respects, conduit inévitablement au mépris des hommes eux-mêmes. A force de mépriser ce qui a reçu les hommages de tant d'âmes humaines, et à force d'exalter à faux devant les multitudes une humanité vile, on en est arrivé là où l'on devait infailliblement aboutir : au mépris de l'homme. Dites-moi, Messieurs, ce mépris de l'homme par l'homme, est-ce que vous ne l'avez pas senti passer sur les âmes pour les flétrir et les abaisser, comme un vent d'orage flétrit et abaisse les moissons qu'il a touchées ? Est-ce qu'il ne suffit pas de lire ce qui s'écrit, d'entendre ce qui se dit, de voir ce qui se fait, pour comprendre et sentir combien les hommes de ce temps se dédaignent et se méprisent les uns les autres ? Qui suppose à son frère une conviction sincère, une intention pure, un mouvement désintéressé, une inspiration de dévouement ? Le dévouement, y

= CM

= CM

croyez- vous tous ? Je ne sais. J'y crois, moi ;

= CO

car je l'ai vu : je l'ai vu beau dans son hé-

roïsme et dans son abnégation ; mais aussi je

l'ai vu bafoué, insulté, méprisé par la bassesse

même ; et à côté du dévouement humilié et de

= CD

l'héroïsme insulté, j'ai vu une seule chose em-

portant des honneurs et des applaudissements,

= IX

le succès 1

Et de ce mépris des choses, et de ce mépris

des hommes, on est arrivé, comme par une

pente irrésistible, au plus dégradant et au plus

avilissant de tous les mépris, au mépris de

= CM

soi-même; non pas à ce mépris sublime qu'en-

seigne l'Évangile, qui n'est autre que le sou-

verain respect de Jésus-Christ ; mais à ce mé-

pris de soi qui fait qu'un homme s'estime assez

peu lui-même pour croire qu'un vil métal, ou un billet coté à la banque, soit digne de. représenter sa valeur humaine ou sa valeur sociale ;

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ce mépris de soi-même qui fait qu'on ne rougit

= — co

pas de tout vendre, oui, tout : sa pensée, sa

parole, son talent, sa fonction, soi-même tout

entier, à qui saura payer le plus et donner par

surcroît, pour prix de la bassesse, le triomphe

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et la gloire 1 De là ces apostasies qui conster-

EE— lO = — ^r = — en

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ïi :

co — =

Cn — E=

nent la probité et semblent une insulte à l'es-

lime publique et une abdication de toute hu-

maine dignité. De là ces adulations mercenaires des crimes heureux, et ces anathèmes

salariés jetés au droit qui succombe dans le

triomphe de la force. De là ces scandales de

co — =

l'intelligence, ces changements au jour et à l'heure de doctrine, de parole et d'écriture,

KO —

selon le souffle de l'événement et le caprice de

1 — i rz

l'opinion : scandales inouïs, qui attestent avec

le mépris des principes un souverain mépris

des hommes, et la totale absence du respect

qu'on se doit à soi-même 1

Voilà où pousse l'humanité l'éducation du

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mépris faite par l'antichristianisme. Qui nous

relèvera de cet abaissement ? L'éducation du

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h- 1 = ctï =

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ro = o =

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respect faite par le christianisme.

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SIXIEME CONFÉRENCE

cm

cm

SIXIEME CONFÉRENCE

Éminence,

Le catholicisme est la grande école de respect dans l'éducation, parce que faisant descendre de degré en degré par Jésus-Christ et par l'Église la majesté de Dieu jusqu'à l'âme des enfants, il y développe le sentiment de la grandeur qui est la source de toutes les grandeurs, et y crée le respect de Dieu, raison radicale de tous les respects. Or lé respect une fois produit dans l'âme humaine l'élève dans la mesure où il s'élève lui-même. A force de

co — =

Cn^^

donner aux âmes dans l'enfance le sens de la vraie grandeur, il les fait monter vers les gran-

cr-, — =

deurs mêmes qui ont conquis leurs respects.

Au contraire l'éducation du mépris, détruisant

dans les âmes le sentiment de ce qui est grand, les abaisse clans la proportion même où elles

co — =

méprisent ; et ce mépris, en se faisant universel, devient la dégradation et le péril des so-

KO —

ciétés que le respect n'élève et ne défend plus. Et voilà, avons-nous dit, un des signes ef-

frayants de notre siècle : la chute du respect.

Alors qu'il faudrait conspirer à tout rehausser

en travaillant dans toutes les sphères à la res-

tauration du respect, des hommes s'acharnent

to =

à tout ravaler en s'efforçant chaque jour de

co —

multiplier les mépris. Une chose hideuse que le xvm e siècle a produite, et que le nôtre avait

reniée, a reparu parmi nous ; le ricanement, cette grimace de Satan devant la majesté. Oui,

h- 1 = en =

■ la race des ricaneurs est ressuscitée, et leur

rire sans joie s'essaye par toutes les insultes à

l'abaissement de toutes nos grandeurs. Le

scandale est leur triomphe, pour ne pas dire

leur profit ; et quand il descend de haut, sur-

h- 1 = CO —

ID

ro = o =

NJ =

tout quand il vient à sortir du sanctuaire, au

cm

lieu de voiler devant l'âme du peuple ces chutes qui font pleurer les anges, ils travaillent à les publier, à les célébrer, à les illustrer. Mais ils ont beau faire, quiconque en plein christianisme entreprend cette tâche mille fois honteuse, propager le mépris, n'aboutit infailliblement qu'à le conquérir pour lui-même ; et ce qui est respectable demeure respecté. C'est que les générations chrétiennes ont reçu le sacre du respect; leur front en porte l'ineffaçable signe, et leur âme, l'indestructible instinct. Le catholicisme fera à jamais dans l'humanité sa grande école du respect : il continuera de révéler aux âmes la grandeur de Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur, et la grandeur de Jésus-Christ par l'Église notre mère; et les générations instruites à cette sublime école se feront dans l'avenir, ainsi que dans le passé, grandes comme leurs respects. ,

Et maintenant, Messieurs, vous me demandez si je n'ai pas fini? Nous avons vu l'éducation chrétienne enseigner à l'enfant, avec la Religion qui est la vie de tout, ces quatre choses simples mais fondamentales : la foi, t'amouT, l'obéissance et le respect. En appre-

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co — =

272 LE PROGRÈS DANS L'ÉDimATinN

nantà croire, elle affermit l'intelligence sur les

Cn^^

dogmes, et elle donne une base à la vie ; en apprenant à aimer, elle ouvre le cœur par l'af-

cr-, — =

fection, et elle donne l'épanouissement à la vie;

en apprenant à obéir, elle trempe la volonté dans la lutte, et elle donne la force à la vie ;

co — =

en apprenant à respecter, elle développe dans l'âme le sens de la grandeur, et elle donne

KO —

l'élévation à toute la vie. Pour compléter l'éducation et achever son chef-d'œuvre, vous

voulez savoir ce qu'il faut encore? Il faut ce qui seul sauvegarde et embellit ces quatre

choses, ce qui donne à l'homme le complément de sa beauté : l'auréole d'une angélique

pureté. Sans la pureté du corps lui-même re-

jaillissant sur tout l'homme, non-seulement

co =

rien n'est achevé dans l'enfant, mais rien ne

s'y soutient : son éducation reste mutilée et

presque toujours blessée à mort.

C'est par ce sujet délicat mais nécessaire

Cn =

que je veux achever ce que j'avais à dire sur

le progrés par l'éducation chrétienne. Daigne le Dieu de toute pureté purifier mon cœur et gar-

der mes lèvres; puisse cette parole porter dans

h- 1 = co —

ID

ro = o =

NJ =

NJ =

vos âmes un rayon si céleste qu'il n'y produise

cm

autre chose que l'amour de cette aimable vertu, l'arôme sacré de l'éducation et le charme le plus doux de l'enfance bien élevée. Je me contenterai aujourd'hui de rechercher qui a la puissance de sauvegarder la pureté dans l'éducation; demain je montrerai ce que devient l'éducation sans la pureté. Ainsi la conclusion (le nos conférences deviendra l'ouverture de nos pieux exercices ; le sujet est de lui-même assez pratique pour n'être pas déplacé au début d'une retraite.

Aujourd'hui encore, Messieurs, je commence

par évoquer un témoignage. «J'ai toujours vu,

« dit un écrivain célèbre, que les jeunes gens

« corrompus de bonne heure et livrés à la dé-

« bauche étaient inhumains et cruels ; la fou-

« gue du tempérament les rendait impatients,

« vindicatifs, furieux. Leur imagination, pleine

« d'un seul objet, se refusait à tout le reste ;

« ils ne connaissaient ni pitié ni miséricorde ;

« ils auraient sacrifié père et mère et l'univers

« entier pour satisfaire un seul de leurs demi | 8

« sirs. Au contraire, un jeune homme élevé « dans une heureuse simplicité est porté par « les premiers mouvements de la nature vers « les passions tendres et affectueuses; son « cœur compatissant s'émeut sur les peines de « ses semblables; il tressaille d'aise quand il « revoit son camarade ; ses bras savent trou- « ver des étreintes caressantes, ses yeux ver- « ser des larmes d'attendrissement.... Oui, « je le soutiens, un enfant qui n'est pas mal « né et qui a conservé son innocence jusqu'à « vingt ans, est à cet âge le plus généreux, le « meilleur, le plus aimant et le plus aimable « des hommes. On ne vous a jamais rien dit « de semblable; je le crois bien : vos philoso- « plies, élevés dans la corruption, n'ont garde « de savoir cela. »

Messieurs, qui a écrit ces paroles remarquables? Qui a si bien compris l'immense résultat de la pureté et de l'innocence conservée dans l'éducation? Chose étonnante, celui-là même qui s'est en d'autres points si étrangement trompé sur l'éducation de l'homme, ce génie fiévreux qui eut sur tous les sujets des quarts d'heure lucides et des éclairs de bon sens. Vous

PAR LA PURETÉ CHBÉTIIiNNK.

venez d'entendre l'auteur de VÉrnile. Je veux vous montrer que cette fois le père de tant d'erreurs a rendu témoignage à la vérité.

Et d'abord, ce qu'il faut bien entendre et poser ici comme point de départ nécessaire, c'est, que la pureté est menacée dans l'enfance par un mal qu'il faut combattre, si l'on ne veut qu'il ravage la vie et détruise l'œuvre de l'éducation.

Nous avons vu comment l'âme humaine reçoit dans l'éducation, par la satisfaction donnée à ses légitimes besoins, ses développements harmonieux. Mais, vous ne l'ignorez pas, cette béante de l'âme ne se découvre qu'à travers le corps qui compose avec elle la personnalité humaine; et si intimes, si profonds sont les liens qui les unissent, que les développements de l'une sont indissolublement unis aux développements de l'autre. Il y a donc aussi à faire, pour le complément de la formation de l'homme, une éducation du corps. Cette formation de la partie matérielle de l'homme, d°nt la nature se charge à peu près toute Sou 'e, demeurerait étrangère à cette prédica- "on, s'il n'y avait un point vulnérable dans la

nature humaine, par où les blessures faites au corps peuvent porter la perturbation et même la mort jusqu'aux plus intimes profondeurs de l'âme : ce point vulnérable du corps humain par où le mal entre dans l'âme des enfants, et y ravage quelquefois l'œuvre entière de l'éducation, c'est le sensualisme, la dépravation des sens, le désordre dans la chair, en un mot, la volupté. Le corps, par l'éveil plus ou moins précoce des plus redoutables instincts, conspire contre la dignité de l'âme; il prépare à l'homme une crise où presque toujours la vie se décide pour le bien ou pour le mal, et prend la voie de son progrès ou la voie de sa décadence.

Il y a une saison de l'homme dont l'image nous revient quelquefois, au milieu des orages de la vie, comme une sereine apparition : agi' le plus fortuné, s'il savait mieux son bonheur, où l'enfant, dans la joie radieuse d'un cœur innocent, n'a pas même pour troubler la paix de son présent la crainte des tempêtes qui attendent son avenir ; aurore de la vie plus pure que la plus pure aurore, où dans un enfant protégé par les regards d'une mère, tout : les

■= CM

B= CD

pensées, les désirs, la mémoire, l'imagination,

^E co

les regards, le visage, tout est si calme, si pur,

si limpide, qu'on n'y peut soupçonner l'idée de

la souillure, et que la pureté y reluit même à

travers le corps comme le soleil dans un cristal.

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