‹ Le Progrès par le ChristianismeChapitre 25 sur 33 · E VO · texte numérisé non relu

E VO

Alors que l'enfant porte dans tous les rayon-

nements de sa vie la lumière d'une chasteté

B= LQ

qu'aucun souffle n'a ternie, et qu'aucun orage

n'a troublée; oh! alors, que l'enfant déjà est

beau à contempler ! En le voyant peindre sur

son front candide, dans ses regards transpa-

rents et dans ses inimitables sourires, une âme

si naïve et si charmante, si belle tout à la fois

et si ignorante de sa beauté, on se demande

quel sera le bonheur de voir les anges dans le

ciel, puisque ces anges de la terre donnent à

ceux qui les regardent une si délicieuse vision.

Ni la fleur ouvrant sa corolle diaprée aux rayons

■EE — en

du soleil, ni le lac réfléchissant l'azur de sa pu-

reté tranquille, ni l'oiseau se jouant dans la

lumière, ni l'arbre déployant sa couronne de

fleurs sous un ciel de printemps, ni la fontaine

roulant ses Ilots sur un sable d'or et reflétant

dans ses eaux là beauté de ses rives : rien dans

I;| création ne peut égaler le ravissement que

H= — ^ ■EE — m

■EE — CM H= — ,rH

cr

9^RBB^HISB^E9BEBBHB^H^B99S9|^^^

CO —

278 le rnoGHÈs dans l'éducation

donne à une âme ce visage d'enfant, où la

Cn — —

beauté de l'homme apparaît immaculée comme

Ch — EE

le front de la Vierge sans tache, modèle de la

beauté humaine et de la pureté virginale.

Mais à cette beauté de l'enfant il manque ce qui doit l'achever et la rendre virile : la

CO —

trace du combat et le signe de la tentation vaincue. L'heure vient où cette pureté qui

kÛ — =

n'est qu'un charme doit devenir une vertu, et où ce qui n'est dans l'enfant qu'une possession

tranquille doit être dans l'adolescent une labo-

rieuse conquête. Hélas! et il faut bien en con-

h- 1 EE

venir, le malheur des temps et le milieu où se

meut la vie dans nos générations nouvelles,

font que cette heure souvent se hâte trop de

venir ; elle devance le vœu de la Providence

co ~

et le cours de la nature ; elle vient même

avant l'adolescence, et quelquefois saisit l'enfant comme une soudaine invasion au sein de

Cn =

sa faiblesse.

Un jour, quelle qu'en soit l'occasion ou la

cause immédiate, cet enfant, qui n'avaii

connu «pie les saintes aspirations d'un cœur

pur, et les angéliques instincts d'une âme

i— 1 = co —

h- 1 = ID =

ro =

NJ = h- 1 =

NJ =

tournée comme naturellement du côté du ciel

cm ;

PAR LA PURKTIî CHRÉTIENNE.

et de Dieu, sent que quelque chose de nou- • veau vient de s'éveiller en lui. Ce corps virginal, qui ne lui avait paru jusque-là que l'organe docile des harmonies de son âme, lui fait entendre tout à coup des désaccords profonds : ce sujet se pose comme un révolté devant sa souveraine; il lui révèle des instincts qu'elle ne lui connaissait pas, et des besoins dont la naissance le tient dans un étonnement mêlé de je ne sais quel effroi.

Une perturbation se fait tout à coup dans tout son être ému d'une extrémité à l'autre, comme un empire. tranquille se sent surpris dans sa paix par des émeutiors de la plèbe et des révoltés de bas étage. L'enfant s'arrête étonné et inquiet devant le mystère qu'il porte en lui, et qui n'est autre que lui-même; il regarde en tremblant devant lui, comme un voyageur qui a vu s'ouvrir soudainement à ses regards des horizons qu'il ne soupçonnait pas ; des sentiers inexplorés le tiennent un moment suspendu entre les tressailtements de la crainte et les tressaillements fle l'espérance : son regard se trouble devant fles perspectives mystérieuses, qui le ravis-

51*?^H^fl? W£ï' ' S

co — =

sent de loin et qu'il a peur de regarder de

Cn — —

près ; l'harmonie de son visage s'altère ; son

CT-, —

front a moins de sérénité, ses lèvres moins de sourire, son œil moins de limpidité, sa

~J — EE

parole moins d'abandon et de simplicité. Une ombre de mélancolie s'étend, comme un voile,

sur son front d'où la joie seule surgissait dans son unique et pur éclat; le rêve sur ce front

KO —

a remplacé la candeur, et l'on voit en le regardant qu'il sent le nouveau et cherche l'in-

Page 1