‹ Le projet de translation de la Faculté de Montauban à ParisChapitre 2 sur 12 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

Le souci dominant de l'Eglise réformée, à Theure présente, c'est la question des Facultés de théologie; elle est pressante, angoissante, redoutable. A. vrai dire, nulle autre n'a la même importaûce; car il s'agit du recrutement et de l'éducation des pasteurs, c'est-à-dire de l'avenir des troupeaux et du salut des âmes. Comment aera-t-elle résolue? Il est difficile de le prévoir; mais, qu'on le remarque, en de pareils problèmes toute faute ayant des conséquences incalculables, il faut, avant de prendre un parti, ouvrir la discussion, la prolonger, l'épuiser, faire la lumière. Point de résolution hâtive, ni surtout radicale.

Nous ne revenons pas sur le passé; nous partons des faits actuels, sans approuver ni blâmer.

La Faculté de Strasbourg nous ayant été ravie avec l'Alsace, les deux Synodes, luthérien et réformé, demandèrent, en 1872, que cette Faculté et celle de Montauban fussent transférées à Paris et fondues en une seule.

Ce double vœu n'a pas été accompli. L'Eglise de la Gonfes* sioii d'Augcibourg a seule obtenu satisfaction,

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Toutefois la Faculté parisienne a un caractère mixte qui lui permet de recevoir utilement des étudiants de l'Eglise réformée.

Cet établissement a deux professeurs titulaires dont un est réformé, deux chargés de cours luthériens, quatre maîtres de Conférences^ nommés pour un an, pris Fun dans TEglise luthérienne, les trois autres dans notre Eglise. Cette organisation est encore imparfaite, mais on ne saurait tarder à la compléter.

Or, deux circonstances récentes ont singulièrement ému beaucoup d'esprits; d'une part la nomination des maîtres de Conférences en dehors de toute intervention de l'Eglise, de l'autre, l'inscription de plusieurs étudiants de Montauban sur les registres de la nouvelle Faculté. C'est au milieu de cette émotion que l'on s'est demandé si les intérêts de l'Eglise réformée n'exigeaient pas la translation à Paris de la Faculté montalbanaise ; et nous apprenons, en eflfet, que bon nombre d'hommes influents, croyant à la nécessité, à l'urgence de cette translation, sont, dès à présent, résolus à la réclamer. Persuadé que la disparition de cette Faculté serait pour notre Eglise, déjà si éprouvée, un malheur irréparable, nous ne croyons pas pouvoir taire notre sentiment. On ne se méprendra pas, d'ailleurs, sur ce sentiment. Nous sommes d,e ceux qui veulent le triomphe des croyances évangéliques et l'organisation efficace du régime synodal; nous ne saurions combattre ici ni un parti qui, en dépit de quelques divergences, est bien le nôtre, ni des hommes auxquels nous unissent les liens d'une ancienne et respectueuse affection. Le but nous est commun ; la différence est dans les moyens.

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