‹ Le projet de translation de la Faculté de Montauban à ParisChapitre 3 sur 12 · LE VŒU DU SYNODE · texte numérisé non relu

LE VŒU DU SYNODE

Que faites-vous, nous dira-t-on, du vœu du Sjoiode général ? — Il est vrai que le Synode de 1872, dans sa séance du 10 juillet, à la veille de sa séparation, a voté la translation et la fusion

des deux Facultés à Paris. Mais, d'une part, nous remarquons que ce vote a été pris à une assez faible majorité; d'autre part, iious nous souvenons que la minorité se composait surtout de membres appartenant à la fraction évangélique.Nous pourrions ajouter que plusieurs de ceux qui votèrent les conclusions du rapport de M. le pasteur Dhombres en ont exprimé plus tard leurs regrets. Aussi doutons-nous que ce vœu fût aujourd'hui confirmé par un Synode exclusivement orthodoxe. Nous sommes persuadé que la décision de l'Assemblée de 1872 n'a pas été l'expression mûrie, authentique de la pensée de l'Eglise. Une question de cette importance demande la délibération des Consistoires et des Sjmodes particuliers avant d'être soumise au jugement du Synode générai; elle doit faire l'objet d'une enquête préalable et sérieuse. Or, le Synode y était si peu préparé que plusieurs de ses membres, pressentant les dangers d'une décision hâtive, déclarèrent qu'à leurs yeux cette question était trop grave, trop peu étudiée pour être résolue immédiatement.

Au reste, .voici deux faits qui nous mettent à l'aise vis-à-vis du vœu du Synode général.

Ce vœu n'est plus entier, au moins dans sa forme. En demandant la translation des deux Facultés et leur fusion en une. seule, la haute Assemblée entendait évidemment que cette double translation devait être l'effet d'un même acte de l'autorité compétente. Or, ce n'est pas ce qui a eu lieu; la Faculté de Strasbourg a été seule établie à Paris, ce qui équivaut à un rejet partiel du vœu du Synode. En tout cas, l'Eglise ne peut se sentir liée par une résolution qui date de plus de cinq années, et qui est demeurée lettre morte dans l'un de ses éléments essentiels.

Par contre, il faut se rappeler que la nouvelle Faculté est mixte, aux termes du décret qui l'institue. Cela signifie que non-seulement elle peut recevoir les étudiants réformés, mais qu'elle doit compter dans son corps enseignant un nombre équitable de professeurs de notre Eglise. Qu'est-ce à dire ? C'est que par là, et dans une juste mesure, le Synode peut regarder son vœu comme réalisé. Ce qu'il désirait, en effet, c'est que l'Eglise réformée fût dignenaènt représentée dans la Faculté

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qui se fonderait à Paris. Eh bien, nous aurons satisfaction sur ce point essentiel; et ne serait-il pas singulier que, pouvant jouir des bienfaits de deux établissements d'enseignement théo^ logique, on voulût, par fidélité à la lettre d'une résolution en partie méconnue, sacrifier l'un de ces établissements? On nous donne deux maisons, pourquoi en abattrions-nous une? Le prochain Synode ne nous en saurait aucun gré ; en tout cas, ne sfflrait^il pas plus respectueux de lui réserver la dérision définitive?

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