‹ Le Prolapsus Douloureux de l'OvaireChapitre 22 sur 25 · I0OI · texte numérisé non relu

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dans le petit bassin avec de temps en temps des douleurs plus vives.

Elle fait ensuite deux fausses-couches de trois à quatre

mois, la première à l’âge de vingt-quatre ans, la deuxième

l’année suivante.

A partir de ce moment les douleurs s’exagèrent, la malade est obligée de rester souvent étendue, parfois de garder le lit deux ou trois jours de suite, Elle appréhende les relations sexuelles, qui pour elle deviennent un supplice. Quant aux douleurs à la défécation, ia malade ne s’en plaint seulement - que dépuis quinze jours et elles ne sont pas particulièrement vives, mais il faut dire que nôtre malade n'est pas constipée, les selles sont quotidiennes. |

À l'examen, malade ayant un assez bon état général. Ce n’est ni une nerveuse ni une ptosique. Au toucher l’utérus est à peu près normal et n’est pas rétrofléchi. Les culs-de-sac latéraux sont souples. ;

Dans le cul-de-sac postérieur, on constate la présence d’une petite tumeur dont l'exploration minutieuse-est difficile parce que trop douloureuse.

Opération le 9 octobre. — Laparotomie médiane sousombilicale. L’utérus est normal, mais dans le cul-de sac de Douglas, on trouve les deux ovaires qui présentent des lésions très nettes d’ovarite scléro-kystique. On fait une résection cunéiforme antérieure et postérieure et la fixation des ovaires aux cornes utérines.

Suites opératoires sans incidents.

Malade revue le 9 avril 1919 en parfait état. Elle ne souffre plus et l'examen local montre que tous les culs-de-sac ‘ont libres et que le toucher n’est nullement douloureux.

A. Carcin 7

OBSERVATION XLV (Mauclaire)

Mme Vve R..., âgée de trente et un ans. Ménagère, entre le 14 janvier 1914. | |

Antécédents personnels. — Réglée à dix-huit ans, mais irrégulièrement.

Mariée à vingt-trois ans, a deux enfants, le premier à vingt-quatre ans, le deuxième à vingt-huit ans. Les grossesses ont été bien supportées malgré que la malade soit tuberculeuse et ait eu deux hémoptysies avant son mariage.

Les douleurs ont commencé un an environ après le premier accouchement, elles étaient plus marquées au moment des règles, mais supportables. Ce n'est qu après le deuxième accouchement qu'elles se sont exagérées et sont devenues intolérables. Un an avant son opération, elle perd son mari et n'a plus de rapports sexuels, mais la défécation réveille des douleurs très vives qui ne se calment que longtemps après et obligent mème la malade à s'étendre pendant un moment.

A l'examen, on voit quil s'agit d’une femme amaigrie, qui tousse et l'on constate d'ailleurs des lésions des deux sommets.

Localement on trouve un utérus très gros et en rétroflexion ; en arrière et à droite une petite masse comme une noix qui est sensible au toucher et qui est certainement l'ovaire. £

L'opération confirme le diagnostic.

On trouve un utérus très gros, œdémateux, dont le fond \

occupe le Douglas et comprimait l'ovaire droit qui est lui-

même très augmenté de volume et nettement scléro-kys« tique. |

On ne fait pas de résection cunéiforme de l'ovaire, mais toute une série de pointes de feu.

L’ovaire gauche qui était prolabé également et qu’on n'avait pas senti était presque normal.

On fait l'evariopexie antéligamentaire et on termine par une hysteropexie suivant le procédé de Doleris.

Pendant trois ans tous les troubles disparaissent, mais depuis septembre 191$, ies douleurs reviennent d’abord vagues, sourdes, puis de plus en plus aigues, mais sans atteindre l’acuité d'autrefois. :

Nous revoyons la malade le 7 avril 1919. Au toucher combidé à la palpation, on constate que l’utérus est en bonne position de volume et de consistance normale, le eul-de-sac postérieur est libre, dans le cul-de-sac latéral droit la palpation bimanuelle révèle la présence d’une petite masse, à con-* tours assez réguliers, un peu oblongue et nettement doulouréuse. Cette masse est certainement l'ovaire. Le résultat ne no:s semble pas très satisfaisant et si les douleurs deviennent plus vives, il sera nécessaire de supprimer cet ovaire

malade.

OBSERVATION XLVI (Mauclaire)

Mme G..., Marie, vingt-quatre ans, entre à la Charité le 18 septembre 1917 pour des douleurs sourdes à peu près continuelles et augmentées par tout effort.

Antécédents personnels. — Réglée à quinze ans, les règles ont toujours été régulières et non douloureuses.

Mariée à vingt et un ans. Nullipare.

C'est peu à peu que les règles deviennent douloureuses, irrégulières, mais jamais celte malade n'a présenté d'accidents aigus qui l'ont obligée à s'aliter.

Jamais de fausse couche.

La malade n'accuse pas de douleurs très vives à la déféca-

tion, mais se plaint de douleurs au moment du coît ; d'ailleurs

celles-ci cessent aussitôt après,

À En résumé, cette femme se plaint essentiellement de dou-

leurs sourdes dans le bas-ventre,

Au toucher on sent l'utérus en rétroflexion, un peu augmenté de volume, En arrière de lui, le doigt perçoit une petite masse très sensible, parfaitement limitée et qui ne peut êlre que l'ovaire.

L'examen ne montre pas d'autres ptoses, il n'y a pas de prolapsus génital, La paroi abdominale est bien constituée.

Aucun trouble nerveux, réflexes normaux, pas de zônes d'anesthésie ni d'hypéresthésie.

Opération le 1a octobre 1913. S

Laparotomie médiane, utérus en rétroflexion presque de volume normal, Les deux ovaires sont prolabés dans le Douglas et paraissent macroscopiquement sains. Il n'y a pas de dégénérescence scléro-kystique ni d'adhérences. On fait une boutonnière aux deux feuillets séreux de la partie haute du ligament large à environ 1: centimètre au-dessous de la trompe à mi-distance de la paroi pelvienne latérale et du bord utérin. L'ovaire est attiré dans eette brèche et placé en situation antéligamentaire suivant le procédé de Mauclaire.

On termine par une hystéropexie suivant le procédé de

Doléris.

Suites opératoires normales. Elle sort le 1° novembre. La

malade ne souffre plus.

En janvier 1919, les douleurs recommencent, siégeant dans le bas-ventre, deviennent continues avec poussées paroxystiques.

Nouvelle opération le 1°* inars.

Il existe des adhérences multiples autour de l'ovaire droit et de l’ovaire gauche. Leur libération est-difficile et devant tout un véritable magma inflammatoire qui occupe ovaires, trompent et englobent le ligament large, on se résigne à pratiquer une hystérectomie subtotale. Encore celle-ci est-elle assez difficultueuse et on doit pratiquer une hémi section utérine pour faire la libération de bas en haut.

Suites opératoires sans incidents, Guérison.

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