‹ Le Prolapsus Douloureux de l'OvaireChapitre 21 sur 25 · OBSERVATION XXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXI

(J.-L. Faure, la Gynécologie, 1903, p.101.)

La salpingopexie

Mme A..., vingt-trois ans, mariée depuis plusieurs années, sans enfants. Depuis longtemps souffre de douleurs vives dans le bassin. Utérus un peuimmobilisé en rétroversion, On sent les annexes prolabées dans le Douglas. Les douleurs ont résisté au traitement médical longtemps eonti= nué. °

23 janvier 1903. — Laparotomie. IL y a entre l'utérus, le rectum et l'intestin des adhérences nombreuses solides et' bien organisées qu’il faut couperaux ciseaux. Ces adhérences maintiennent l'utérus en rétroversion et les annexes sont complètement cachées derrière lui dans le Douglas. Les adhérences détruites ou sectionnées, l’utérusest ramené en avant et les annexes apparaissent fixées dans le Douglas par des adhérences qui cèdent à la main. Les amnexes sont saïnes,. les ovaires paraissent tout à fait normaux. Les trompes, à

part les quelques éraillures dues aux adhérences rompues

AQU | — 91 —

sont tout à fait normales. Maïs dès qu’on les abandonne à “elles-mêmes, elles retombent avec les ovaires dans le Douglas.

L'auteur prend le parti pour les maïntenir en bonne position de les suspendre au ligament infundibulo-pelvien qui contient les vaisseaux utéro-ovariens et va se fixer au détroit supérieur.

Les annexes sont ainsi suspendues au niveau du détroit supérieur sans tendance à retomber. Cettefixation contribue également à maintenir le fond de latérus dans sa situation normale.

Le ventre est refermé par une suture à irois plans. Guérison sansincidents.

La malade quitte l’hôpital en parfait état, ne souffrant plus

le 23 févricr.

OBSERVATION XXXIL(Mauclaire) .

Mme H.., quarante-trois ans, cuisinière.

Entre à l'hôpital le 25 mars 1915.

A eu deux accouchements normaux ; mais elle présente de nombreuses traces de vergetures et une mauvaise paroi abdominale.

Depuis son deuxième accouchement a une sensation cons= tante de pesanteur dans le pelvis et de temps en temps des douleurs plus aiguës paroxystiques.

A l'examen on constate un certain degré de prolapsus utérin avec cystocèle et rectocèle.

Au toucher, le col est hypertrophié et abaissé.

On ne réveille pas de douleur par la pression, dans le cul-

de-sèc postérieur, qui est libre. “

= 02 — L'utérus est gros, dur, du volume d'une orange. Les autres organes ne paraissent pas ptosés.

Etat général assez bon. Pas de troubles nerveux. Opération. — Laparatomie médiane.

Résection conéiforme antérieure de l'utérus.

g Ovariopexie à l'angle utérin des deux ovaires, qui étaient prolabés dans le Douglas ; mais paraissaient sains. On termine par une colporraphie postérieure.

Suites opératoires sans incidents.

La malade sort le 29 avril en bon état.

OBSERVATION XXXIIT (Mauclaire)

Mme L..., trente-trois ans, domestique.

Entre pour douleurs dans le pelvis et pertes blanches, le 93 juillet 1913.

L'examen général ne révèle rien d'intéressant.

Au toucher, on sent dans le cul-de-sac postérieur une masse dure, qui est le fond de l'utérus rétrofléchi. Par le palper bi-manuel, on sent dans le cul-de-sac latéral droit les annexes augmentées de volume, mais peu douloureuses.

Opération. — Cœliotomie, |

Gros utérus rétrofléchi et au-dessous de lui les ovaires un peu augmentés de volume, mais à peu près sains.

Ovariopexielaux cornes utérines, -

Hystéropexie par la méthode de Doléris.

Suites opératoires normales.

La malade sort guérie le 14 août.

OBSERVATION XXXIV (Mauclaire)

Mme L..., trente-deux ans, multipare, a souftert de dou-

| leurs ovariennes depuis l’âge de vingt-cinq environ. C'est

après son deuxième accouchement qu'elle a commencé à avoir unesensationde pensanteur dans le pelvis. Puis les douleurs se sont accentuées lui rendant le travail extrémement pénible, C’est pour ces douleurs qu'elle vient consulter et aussi pour des règles qui sont anormalement abondantes.

Le 5 décembre 1913, à l'examen on trouve un utérus en rétro-flexion eton est frappé de la douleur qu’elle accuse pendant cet examen.

A l'opération, l'explication de ces si vives douleurs est donnée par ce fait que derrière l’utérus tombé dans le Douglas, on trouve les deux ovaires prolabés et comprimés par lui. Ils paraissaiént sains.

On les fixe aux cornes utérines et on termine par une hystéropexie suivant la méthode de Doléris.

Suites opératoires normales, La malade sort le 2 janvier

Le 14 novembre 1917, la malade est en parfait état ; elle

n’a jamais plus souffert depuis son opération et a repris ses

occupations qui sont assez fatigantes.

OBSERVATION XXXV (Mauclaire)

Mme H..., trente ans.

Entre le 12 décembre 1913, à l'hôpital, pour douleurs dans le bas-ventre surtout marquées du coté droit. C’est une nullipare. Les douleurs sontsurtout vives au moment des règles, lesquelles sont très abondantes et durent plusieurs jours.

A l'examen on constate qu’elle a unerétro-version utérine.

(L'observation est un peu incomplète et ne donne pas d’autres détails).

Le compte rendu opératoire nous dit qu'il y avaitquelques

adhérences épiploïques avee l'utérus, et que les ovaires.

étaient prolabés dans le Douglas. On les a fixés aux cornes

utérimes et fait ensuite une hystéropexie.

Les suites opératoires ont été bonnes; la malade est sortie

le 3o janvier 1914 et nous ne l'avons pas revue.

OBSERVATION XXXVI (Mauclaire)

Mme R..., vingt-deux ans, domestique.

Entre le 17 décembre 1913. Elle souffre depuis deux ans environ, mais ces derniers mois les douleurs sont devenues intolérables. Elle sent qu'il lui est impossible de continuer à travailler dans cet état. Il y a plusieurs-mois qu’elle n’a plus pu avoir de rapports sexuels, par suite de l'intensité des douleurs. Elle est, dit-elle, devenue très nerveuse.

A l'examen, on trouve un col normal, un: utérus légèrement rétrofléchi. L'examen est d’ailleurs difficile, car il est douloureux et [a malade se défend et se contracte.

À l'opération, on trouve un utérus plutôt petit, rétrofléchi et deux ovaires prolabés dans le Douglas, mais petits également et sans lésions macroscopiques d’ovarite scléro-kystique. :

On les fixe aux cornes utérines et on fait une kystéropexie méthode Doléris.

Suites opératoires sans incidents. La maladesort le ro jan-

vier, très améliorée.

OBSERVATION XXXVII (Mauclaire)

Mme R..., femme de chambre, entre le 3x janvier 1914.

Elle a été opérée de l’appendicite en janvier rgr3 Quinze :

jours après sa sortie de l'hôpital, elle est prise de douleurs

— 95 — 4 très vives dans le pelvis s’accompagnant de nausées et de vomissements. Ces phénomènes se calment pendant quelque temps, puis les douleurs reparaissent ensuite sous forme de crises. Elle a une dysménorrhée très marquée ; règles douloureuses et revenant deux à trois fois par mois.

A l'examen, le 3r janvier, on sent un utérus normal: à droite par le palper bimanuel, on sent les annexes qui sont douloureuses. Cul de-sac latéral gauche ne révèle rien de particulier, Dans le cul-de-sac postérieur on constate une petite tumeur mobile extrêmement sensible. |

Opération. — Coœliotomie.

On trouve un ovaire droit très malade et on l'enlève.

L'ovaire gauche prolabé dans le fond du Douglas était cliniquement sain, On le fixe contre la corne utérine. |

Suites opératiores bonnes. La malade sort le 17 février 1914. |

OBSERVATION XXXVIIL (Mauclaire)

M..., vingt ans, femme de chambre, souffre depuis six mois dans le pelvis. C'est. une nullipare, elle n’a jamais eu de fausse-couche. Ses règles viennent toutes les trois semaines et sont très douloureux, l’obligeant à s’aliter. Dans les périodes inter-menstruelles, les douleurs persistent assez vives, exagérées par la marche, exacerbées par la déféeation. La malade est assez fatiguée et très nerveuse.

A l'examen la palpation de l'abdomen provoque une douleur assez vive du côté des annexes gauches. Aw toucher le cul-de-sac gauche est un pew douloureux et la douleur devient plus vive quand on explore le cul-de-sac postérieur.

A l'opération om trouve un utérus légèrement rétrofléchi

et les deux ovaires prolabés dans le Douglas.

pars 96 ——

L'ovaire droit est augmenté de volume, très nettement scléro-kystique : on lui fait toute une série de pointes de feu.

L'ovaire gauche est à peu près normal. On fixe les ovaires aux angles utérins et on fait une hystéropexie.

Suites opératoires sans incidents.

La malade sort guérie le 21 mars 1914, elle ne souffre

plus.

OBSERVATION XXXIX (Mauclaire)

Mme T..., vingt-neuf ans, entrée le 19 octobre r914. Antécédents personnels. — Réglée à 17 ans. Règles régulières, peu abondantes, non douloureusès. Pas de pertes blanches.

Quelques troubles digestifs légers. Constipation assez marquée. | Mariée à vingt-deux ans. À vingt-cinq ans, une fausse-couche de trois mois. À vingt-six ans, fausse-couche de deux mois.

En 1914, un accouchement prématuré à sept mois et demi à la suite duquel surviennent des pertes rouges abondantes, nécessitant un curettage. Û

Quelques semaines après, sensation de pesanteur dans le bas-ventre, les douleurs ne sont pas très aigues, mais suflisantes, pour que la malade se présente à l'hôpital.

Les douleurs sont un peu plus marquées pendant la défécation et le coït mais ne sont pas intolérables.

Au toucher. — On trouve un utérus en rétroversion. Les culs-de-sac latéraux sont souples et non douloureux, le cul-

de-sac postérieur au contraire est très sensible.

Opération. — Le 5 novembre 1914, on trouve les deux ovaires prolabés dans le Douglas.

On les fixe aux cornes utérines et on termine par une bystéropexie suivant la technique de Doléris.

Suites opératoires sans incidents.

8 avril 1919. — La malade revient nous voir sur notre demande. Son état général est bon et les douleurs ont complètement disparu.

Le toucher ne révèle plus aucune douleur dans le culde-sac postérieur qui est libre. |

Les annexes sont en parfait état.

OBSERVATION XL (Mauclaire)

Mme C.…., vingt-cinq ans, ménagère, entre à l'hôpital le 25 janvier 1917 pour des douleurs pelviennes qui remontent à trois ans à la suite d’un accouchement. Les règles depuis ce moment sont douloureuses ; la malade à l'entrée est amaigrie et se plaint d’anorexie. Elle est constipée et appréhende la défécation qui provoque chaque fois des douleurs très vives.

A l'examen, on constate un utérus légèrement prolabé, mais qui n’est pas augenté de volume. Dans le cul-de-sac gauche et dans le cul-de-sac postérieur, on sent une masse qui est très douloureuse au toucher et est certainement l'ovaire. | EE" l'opération, on trouve les deux ovaires prolabés, l'ovaire

droit est très gros, très nettement scléro-kystique et trop malade pour être conservé. Quand à l'ovaire gauche, il est plus sain et on le fixe à position antéligamentaire suivant le

procédé de M. Mauclaire.

= 98 — Suites opératoires bonnes. La malade sortle r*° mars 1917.

Elle n’a pas été revue depuis. .

OBSERVATION XLI (Mauclaire)

Thérèse A.., vingt-cinq ans, fille de salle, entrée le 29 septembre 1917. Ds

Antécédents personnels. — Réglée à quatorze ans, règles régulières, non douloureuses.

Mariée à vingt et un ans. Pas de grossesse ni de faussecouche. 4

Entre à l'hôpital le 29 septembre, parce qu’elle souffre du ventre, - |

Les douleurs ont commencé il y a environ trois mois.

Douleurs lombaires, douleurs pendant le coït, pendant la défécation. - à

Depuis trois mois a cessé tout rapport sexuel à cause des douleurs intolérables qu'elle éprouvait ; douleurs qui persistaient une heure à une heure et demie après le coït. Pertes blanches depuis trois mois. : : ve

Pertes rouges plus abondantes et très fréquentes.

Examen physique. — Bon état général.

Col normal.

Pas d’annexite. Culs-de-sac souples.

Dans le cul-de-sac postérieur, le toucher réveille une douleur très vive et permet de sentir une petite masse arrondie, mobile.

Opération. — Laparotomie médiane sous-ombilicale.

Utérus rétroversé. : 4.

Ovaire gauche prolabé dans le Douglas, mais libre d'adhé-

rences et paraissant sain.

ane 99 a

Ovaire droit est pen abaissé et sain.

On fixe l'ovaire gauche au niveau de la corne utérine. L'utérus est ramené en position normale, on fixe les ligaments ronds à travers les muscles droits suivant la technique de Doléris,

Résultats. — Suites opératoires sans incidents.

Dix-sept jours après, les douleurs ont disparu.

Toucher. — On ne sent plus rien dans le Douglas et le toucher ne provoque plus aucune douleur.

La malade sort entrès bon état et très satisfaite des résultats de l'opération.

OBSERVATION XLII (Mauclaire)

Mme R..., souffre depuis quatre à cinq mois de douleurs dans le pelvis. Depuis quelques semaines, les douleurs ont angmenté d'intensité s’accompägnant de nausées et obligeant la malade à cesser tout travail ; la défécation amène chaque fois une recrudescence de douleurs qui fait que la malade hésite à aller à la selle. Les rapports sexuels sont devenus un supplice.

Au toucher, le 26 mars 1914, on constate une rétroversion utérine très nette, l'exploration du cul-de-sac postérieur est extrêmement douloureuse pour la malade et l’on pense à un prolapsus ovarien concomitant.

L'opération confirme le diagnostic et derrière Flutéris rétrofléchi, on trouve les deux ovaires prolabés. On les fixe en position anteligamentaire et on termine par un Doléris.

22 avril 1918. La malade a été très améliorée par l'opérateur, Elle a repris ses occupations, mais il persiste quelques

douleurs à droite.

Le toucher n’est plus douloureux et montre un col et un utérus en parfait état. Le Douglas est vide. Il n'y a qu'un

peu de douleur dans le cul-de-sac latéral droit.

OBSERVATION XLIII (Mauclaire)

Mme F..., femme de chambre, entre le 11 février 1914 pour des crises douloureuses qui ont commencé il y a environ six semaines. La première crise est survenue le 22 décembre et a eù un début brusque obligeant la malade à gar= der le lit quelques jours. Depuis, les crises se sont répétées et amènent la malade à consulter.

Au toucher, on sent une masse douloureuse dans le Douglas.

Opération le 17 février. — On trouve un utérus en rétroflexion comprimant deux ovaires qui contiennent des petits kystes. Ignipuncture des ovaires et ovariopexie utérine angulaire. On termine par un Doléris.

Suites opératoires excellentes. La malade sort guérie.

Nous avons eu de ses nouvelles en mars 1919, elle n’a plus

jamais souffert.

OBSERVATION XLIX (Garcin)

Mme C..., trente et un ans, entre le 30 septembre 1918.

Mariée à dix-huit ans, a eu quelques mois après une gros. sesse : l'accouchement a été normal et les suites de couches bonnes. Elle s’est levée un peu tôt vers le dizième jour, ditelle et s’est un peu fatiguée. ‘

Quatre à cinq semaines après l'accouchement, elle a com-

mencé à soufrir dans le bas-ventre ; sensation de pesanteur

Page 1