‹ Le proloque dans la tragédie d'EuripideChapitre 17 sur 63 · Cf. fragm. 666 (Nauck, III, p · texte numérisé non relu

Cf. fragm. 666 (Nauck, III, p

12. Conjectures sur la chronologie de quelques pièces d'Euripide de dates incertaines (Revue de philologie, iuillet iQio, p. ai3-223).

LES TRAGÉDIES d'eURIPIDE ET LA CHRONOLOGIE 9

tophane s'en moque dans les Acharniens, v. 4i8; voir la note du scholiaste), Mélanippe la sage à 4 1 1 , comme le prouve l'allusion de Lysislrata (v, 1124); Archélaos est des dernières années d'Euripide, de même qu' Hypsipyle, citée par le scholiaste des Grenouilles (v. 53) avec les Phéniciennes et Antiope, comme antérieure de peu aux Grenouilles.

La date des trois premières pièces portées dans le tableau qui précède est certaine. Les indications qu'elles fournissent, éclairées par la chronologie, ont donc une valeur toute particulière. Quant aux autres, il est difficile d'assigner à plusieurs d'entre elles leur rang exact. Mais ce point est d'une importance secondaire. L'essentiel est de pouvoir déterminer, à quelques incertitudes près, la place respective de ces drames dans la chronologie, c'est-à-dire l'ordre suivant lequel ils se sont succédé. Or, Andromaque a précédé très vraisemblablement Hécube; viennent ensuite les Suppliantes, puis Héraclès, placé entre Hécube et les Troyennes. Il n'y a pas de doute sur l'ordre de succession des pièces suivantes : les Troyennes, Electre, Hélène, les Phéniciennes, Oresle, les Bacchantes. Restent les Héraclides, Ion, ïphiyénie en Tauride. On ne peut indiquer pour ces trois drames que la période à laquelle ils se rattachent. Les Héraclides sont à peu près contemporains d'Hécube, Ion se place probablement entre les Suppliantes et les Troyennes, non loin sans doute de cette dernière pièce. Iphigénie en Tauride appartient au même temps qu'Hélène, un peu avant ou après 4 12.

La chronologie fournit donc dans l'ensemble des renseignements fort précieux pour l'étude des prologues. Elle permet de faire nettement ressortir, pour des périodes déterminées de la vie d'Euripide, les changements ou les progressions qui pourront être relevées, d'éclairer ailleurs certaines ressemblances, d'en tirer des conclusions. Mais ces indications n'ont pas toutes la même valeur et ne sauraient être mises sur la même ligne. De même on devra établir divers plans entre les conclusions et nuancer ces dernières selon la valeur des indications chronologiques.

LES ATHETÈSES

Une question préalable se pose : les prologues d'Euripide que l'on va étudier se présentent-ils sous la forme qu'ils ont reçue du poète? On y discerne des altérations de détail, comme dans les autres parties du drame, mais quelques critiques ont cru en découvrir dans les prologues un plus grand nombre qu'ailleurs. Bernhardy > estime que la plupart des prologues ont été défigurés par des interpolations. Il va même jusqu'à penser que le prologue d'Ion et celui des Bacchantes ne peuvent être attribués à Euripide sous leur forme actuelle 2. L'hypercritique a trouvé sur ce point son expression dans la dissertation de Klinkenberg, De Euripideorum proloyorum arte et interpolatione, Bonn, 1881. Suivant l'auteur, les prologues auraient été systématiquement interpolés, et ce ne sont plus quelques vers isolés qu'il faudrait y corriger ou en retrancher pour leur rendre leur physionomie primitive : il serait nécessaire d'en expulser certains éléments représentés quelquefois par de longues suites de vers. Sur un total de gSS vers environ que forment les seize prologues d'Euripide, Klinkenberg en supprime, corrige, ou suspecte fortement plus de 2/io, c'est-àdire plus du quart. A l'en croire, une partie des interpolations proviennent des grammairiens qui auraient intercalé dans les prologues des détails complémentaires, des étymologies, des particularités mythologiques 3 ; l'autre, des acteurs qui auraient cherché à modifier telle ou telle donnée du récit ou à en accroître le pathétique ^. Il ' faut reconnaître que la forme

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