‹ Le proloque dans la tragédie d'EuripideChapitre 18 sur 63 · P. io3, io · texte numérisé non relu

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LES ATHÉTÈSES 11

adoptée par Euripide se prête sans difficulté, comme on le verra, à l'introduction des éléments les plus divers. On fait valoir en outre le sans-gêne avec lequel les acteurs, avant la loi de Lycurgue ', traitaient le texte des tragiques. Pourtant aucun témoignage n'autorise à supposer que les acteurs aient pris avec les prologues des libertés particulièrement étendues. Quel intérêt, d'ailleurs, se demande M. Decharme ^ auraientils eu à allonger les prologues? 11 n'y a donc rien à conclure avant d'avoir étudié les textes que l'on incrimine.

Cet examen détaillé a été fait par Klinkenberg, qui croit avoir découvert un certain nombre de lois, ou plus exactement de procédés constants appliqués avec rigueur par Euripide. Tous les prologues, dit-il, se divisent en trois parties 3; le ^rpoAsvitwv donne son nom au début du prologue, dans les premiers vers, ou tout au moins il fait connaître clairement son identité ''; le lieu de la scène est indiqué aussitôt que possible et introduit par ce; sont désignés par ses les choses et les personnes que le speclateur a sous les yeux, mais non les autres ^; le prologue ne prédit jamais l'avenir i*; le récit n'y est jamais interrompu par des éléments étrangers '; le zpoXoYt'Ct^v n'adresse jamais la parole à celui qui entre en scène après lui ^ ; le prologue ne renferme aucun cas de tautologie ^. Sont suspects enfin tous les vers contenant des mots inusités chez Euripide et chez les tragiques, ou pris dans une acception qui ne se rencontre pas ailleurs dans le drame '«.

La plupart de ces prétendues lois reposent sur une pétition de principe. Malgré le plan adopté par Klinkenberg qui prétend les tirer d'une critique préliminaire des prologues, elles ne résument pas des conclusions de détail fondées sur le texte lui-même. En effet, les raisons invoquées par l'auteur pour

I. Plutarque, VU. dec. Orat. Vil (vie de Lycurgue), ii. Édit. Firmin Didot, Paris, i8^i.

3. Euripide et Vespril de son théâtre, p. 417. 3. P. 98. ti. P. 100.

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