‹ Le proloque dans la tragédie d'EuripideChapitre 39 sur 63 · I. Noter (v. 3): Zeù; yàp... aî'tio · texte numérisé non relu

I. Noter (v. 3): Zeù; yàp... aî'tio

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en excitant la colère d'Apollon, l'avait déterminé (oj oy; XOAwOetç, V. 5) à tuer les Gyclopes. En punition (twv à-oiv', V. 7) il s'est vu obligé de servir chez un mortel. Ce mortel, il l'a protégé. Pour quelle raison? Parce que (yâp, v. 10) il était pieux. Aussi l'a-t-il soustrait à la nécessité de mourir (6v, au V. II équivaut à ajxov ouv). Apollon n'a plus qu'à rappeler le refus opposé à Admète par ses amis et par ses parents, et l'acceptation d'Alceste, pour arriver au sujet.

Au début de Philoctète, Ulysse se demande s'il justifie vraiment son renom de sagesse et de bon sens. D'où lui vient cette appréhension? C'est qu'au lieu de vivre à l'écart des soucis, il s'engage volontairement dans mille difficultés périlleuses. Quelle est la cause de cette conduite imprudente? Le désir de la gloire. Plus loin, Ulysse explique le motif de sa venue à Lemnos. Il veut essayer de ramener devant Troie le héros abandonné avec ses flèches. La cause de ce voyage, c'est la prédiction du devin Hélénos ; il a déclaré que la ville ne pourrait être prise qu'à l'aide de Philoctète et de son arc. L'accident de Philoctète, quoique assez lointain, est d'autre part une cause directe de la situation présente'. On apprend que le héros ayant été piqué par une vipère, Ulysse l'avait fait débarquer à Lemnos. Le récit met donc en lumière la succession des causes et des effets. Euripide avait-il expressément marqué cet enchaînement? On ne peut tirer une conclusion certaine des deux résumés laissés par Dion Ghrysostome; en tout cas le lien des faits entre eux est nettement souligné par Dion. Disc. 62, § 12 : y^p; cf. dise. 69: xoù; yâp. — Disc. 62, § 12 : TOUTOU Bà ^Yja'tv ai'Ttcv sivat... Cf. dise. 69, § 2 : ûç' r}q î)'.)vOTi;j.iaç. — Disc. 62, § 12 ; oé^Yjç yap. Le discours 69 retrace dans le détail les raisons de l'arrivée d'Ulysse à Lemnos : 2 : 5 yàp Sri-"E/v£voç... 3 : Tupoç [xàv âïj toÙç ^aaïAsaç... — id: cjx av oiiv oÎijlyjv...

La nourrice de Médée tient manifestement à faire ressortir que l'expédition lointaine des Argonautes a été la cause première des malheurs présents. Ce rapport de cause à effet est mis en lumière par oùx àv au vers 7 ; par oùS 'àv au vers 9 : Plût aux dieux, dit la nourrice en commençant, que le navire Argo ne fût point parti vers la Colchide, etc.. [s'il avait pu en

être ainsi] ma maîtresse ne serait pas venue sur la terre d'Iolcos, — elle n'aurait pas poussé les filles de Pélias à tuer leur père, — et n'habiterait pas le territoire de Corinthe. Les étapes successives du roman de Médée depuis l'arrivée de Jason en Colchide sont donc, l'une après l'autre, rattachées par le même lien à l'expédition des Argonautes. A l'intérieur de ce développement se trouvent indiquées d'autres causes, mais leur rapport est marqué moins fortement : vers 8, pourquoi Médée a suivi Jason (èxxXaveTcra). On arrive ainsi à la situation présente : vuv (v, i6). Médée ne rencontre plus que des haines; c'est que les sentiments de Jason ont changé ; il l'abandonne en effet (yâp, v. 17) pour la fille de Créon. Ces circonstances expliquent l'indignation de Médée; par un scrupule de précision le poète revient sur la cause de son désespoir (vers 20,

Les faits exposés au début du prologue d'IJécube s'enchaînent avec une netteté remarquable. Polydore indique pourquoi son père l'avait envoyé en Thrace (v. 6, Ssî^a;) : Polymestor était un hôte de Priam (v. 7, ^viou). Priam avait fait suivre Polydore d'une grosse somme d'argent (v. 10); c'était pour que ses enfants ne fussent pas dans le besoin, au cas où Troie succomberait (l'va, V. II). Mais quelle raison avait-il d'éloigner Polydore plutôt que tel autre de ses fils? C'est que Polydore était le plus jeune des Priamides : veoitatoç S'^ Ilptaixtowv, 0 -/.ai [xs y?5; — ûz£;é-£iA(];£v (v. i3-i4); son âge ne lui permettait pas de porter les armes (yap, v. i4). La cause de la conduite observée par Polymestor avant la chute de Troie (soins vigilants donnés au fils de Priam) n'est pas expressément indiquée, mais elle est suggérée par le contexte et par le tour: Iwç |j,àv... (v. i6)" kr.d §à.., (v. 21). Après la prise de la ville, Polydore est assassiné par son hôte, qui convoite ses richesses (v. 26 : ypujoU... yâpv^) et le poète revient sur cette explication pourtant bien claire au vers 27 : t'v'aÙToç yp'jub^ èv SéfjLotç iyri.

lolaos raconte qu'Eurysthée a chassé d'Argos les Héraclides. C'est le point de départ d'une situation que le prologue analyse avec rigueur dans ses causes et dans ses effets. Les Héraclides errent de ville en ville, non seulement exilés, mais vagabonds (v. i5-i6). Pourquoi? Parce qu'Eurysthée (yâp, v. 17) met en

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avant, comme moyen d'intimidation, la puissance d'Argos. Le résultat est que les cités de moindre importance n'osent ouvrir leurs portes aux fugitifs, etc. Qui donc a poussé les Héraclides à chercher un refuge à Marathon? C'est que (^ap, V. 34) les rois d'Athènes, fils de Thésée, sont apparentés aux exilés. lolaos insiste sur cette explication (v. 87, wv é/.aTi). En effet, c'est là le point capital, le vrai titre des Héraclides à la protection d'Athènes.

Le laboureur, dans le prologue d'Electre, fait ressortir avec force les causes de la conduite d'Égisthe. Pourquoi le complice de Clytemnestre s'est- il opposé au mariage d'Electre avec un prince argien? Il craignait qu'elle ne donnât le jour à un fils que sa situation mettrait en état de venger Agamemnon (v. 22, Sei'aaç [j-r/). Il a donc enfermé la jeune fille dans le palais. Mais il appréhendait qu'elle ne contractât quelque union secrète. Pour prévenir cette surprise, il voulait la tuer (v. 25 et 26 : [t.it T(o...). Clytemnestre l'en a détourné. Cette intervention généreuse a de quoi surprendre. Le laboureur en donne le motif (v. 29,Yap; V. 3o, loetae p./^...). En conséquence (v. 3i, à/. xwvSs 5r,) Égisthe a imaginé de faire épouser à la jeune fille un paysan, et il se croit ainsi délivré de ses craintes. Par un remarquable scrupule de précision et de clarté, le laboureur revient au vers ^o sur les explications données au vers 22 : et vâp, etc.. Plus loin, il expose les raisons qui l'ont déterminé à respecter la jeune fille (v. 45, alr/Jv3îJ,ai vap).

Si la grossesse de Creuse a été ignorée de son père, c'est qu'Apollon le voulait ainsi (v. i4, vip). En déposant les deux serpents d'or dans le berceau de l'enfant, la mère d'Ion a voulu se conformer à l'habitude des descendants d'Erichthonios (v. 20, (jwî^ojffa, etc.). Hermès rappelle l'origine de cette coutume, et revient à l'histoire de Creuse en rattachant de nouveau à cette tradition les dispositions prises par la jeune fille : oôsv (v. 24) reprend sous une autre forme le awJTouja du vers 20. Si Apollon a eu recours aux bons offices d'Hermès, c'est à cause des liens fraternels qui les unissent l'un à l'autre (v. 28, wv àBsXçôç). Hermès suit les ordres d'Apollon pour lui être agréable (v. 36-87, Z^P''" Trpiffawv). Il découvre le berceau afin qu'on aperçoive l'enfant qui y est déposé (v. 4o, w; ôpwO' 6 TraTç), etc.

L'enchaînement est marqué avec soin au début dlphigénie en Tauride, quand la fille d'Agamemnon aborde sa propre histoire. C'est elle que son père croit avoir immolée à cause d'Hélène ('Eàévkîç el'vey', v. 8). Pour expliquer comment il a été amené à cette décision, le prologue reprend les faits dès le début : rassemblement de la flotte à Aulis (v. lo, vàp). Le but d'Agamemnon (v. 12, ôîawv) était de prendre Troie et de ramener Hélène, pour être agréable à Ménélas (v. lA, MevéXeo) yipv) (fspwv. Cf. Ion, V. 36-37). Or Agamemnon a été conduit à interroger Calchas. Pourquoi? Parce qu'il n'obtenait pas les vents favorables (v. i5, ou xj-f/dcvcùv), etc. Les diverses causes sont donc distinguées avec grande précision, et mises en valeur par la forme de la phrase.

Au début des Bacchantes, Dionysos met nettement en lumière les raisons de sa conduite. Thèbes est la première ville grecque visitée par le dieu : c'est qu'il a voulu punir de leurs calomnies les sœurs de Sémélé et venger sa mère, en attestant sa propre divinité (v. 26, kr.ei; v. 32, xoiyxp). Les mesures exemplaires prises par Dionysos sont destinées à faire éclater sa naissance divine (v. 39: oeT yip). Penthée ose entrer en lutte avec lui: Dionysos, pour le châtier, saura lui montrer qu'il est un dieu (wv ei'vey.', V. 47).

Dans d'autres prologues l'enchaînement est moins suivi, mais il est sensible néanmoins par endroits.

Aphrodite explique au début du prologue qu'elle protège ceux qui l'honorent et punit ceux qui la dédaignent (v. 5-6). La cause de cette double attitude est introduite aussitôt après (v. 7, Y^p)- La déesse annonce au vers 9 qu'elle va montrer la vérité de ses paroles, et les indications qu'elle fournit sur Hippolyte sont introduites par yap (v. 10). Elle déclare au vers 24 que sa vengeance est prête. Ceci appelle une explication. Aphrodite la donne en racontant comment, par sa volonté, Phèdre s'est éprise du fils de Thésée (v. 24, ycép). De même le vers 48 explique pourquoi Phèdre sera comprise dans la vengeance de la déesse : -{ip, etc.

yEthra ouvre le prologue des Suppliantes par une invocation à Déméter. Le sens de cette prière est expliqué aussitôt (v. 8 : et; -ca^Ss yip pXs^l^aa' èTcr^uçatAïQv tàSe — ypotXtq. Les Argiennes sont venues

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la supplier dans leur détresse. Que s'est-il passé? Leurs fils sont tombés devant Thèbes (v. 1 1, ya?) et on leur refuse la sépulture.

De loin en loin, le prologue d'Héraclès fait ressortir entre les événements exposés une relation de cause à effet. Amphitryon a dû quitter Argos pour avoir tué Électryon. Héraclès, ému de son infortune et désireux de lui faciliter le retour dans son pays, a accepté de purifier la terre de ses monstres (v. i8: £^eu[xap{C(»)v /.a( 9é).wv). L'accomplissement de ses travaux doit donc être la rançon de ce retour (v, 19, y.a66oou. .. [j.'.a6sv). Les liens "qui unissent Amphitryon, beau-père de Mégara, à la famille de Gréon sont la cause de sa misère présente, en même temps que l'absence d'Héraclès (v. 87, io\)\xou yàp ovtoç xatâoç sv [AuyoT; yOovéç). Lycos n'ayant rien à craindre du héros veut anéantir sa descendance. A quel motif obéit-il? Il veut éviter que les fils d'Héraclès, devenus grands, ne lui demandent compte de ses crimes (v. ^2, [xr^ ::o6'). Amphitryon justifie de même sa présence aux côtés de Mégara: Héraclès lui a laissé (v. 4-4, XeiTst vâp [xe) la garde des enfants.

Poséidon fait connaître dès le quatrième vers la cause de son apparition : depuis qu'il a fondé Troie avec Apollon, il n'a cessé de protéger la ville (i^ oZ yâp). Troie est tombée aux mains des Grecs. La cause de ce désastre, c'est l'introduction du cheval de bois dans la ville (v. 9, v^p). Le dieu se retire, car (v. i3, yap) il est vaincu par Héra et Athéna. Il abandonne les autels parce que (v. 26, yâp) les dieux ne reçoivent plus d'honneurs dans une ville désertée.

Çà et là dans le prologue d'Hélène le rapport de cause à effet est mis en relief par la phrase. La fille de Protée, Eido, a reçu le nom de Théonoé à cause (v. i3, y^p) de ses facultés prophétiques. Les trois déesses s'étaient réunies sur le mont Ida afin de se disputer (v. 26, ôéXouaat) le prix de la beauté. Gypris a remporté la victoire en promettant à Paris l'hymen d'Hélène. 11 vient à Sparte pour recevoir (v. 3o, wç (jyrtCdi^) sa récompense. Les causes théologiques de la guerre de Troie sont introduites par yap (v. 38) et les intentions du maître des dieux marquées par wç (v. 39). Une parenthèse avec yâp (v. /j5) explique que c'est par la volonté de Zeus qu'Hélène a été enlevée dans un nuage par Hermès, etc.

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