Griecfi- Literaturgeschichte, III, p. Sg
3. Voir Decharme, Euripide et l'esprit de son théâtre, p. 419.
h. Situ, Gesch. der griech. Literatur.p. 200. — Bernhardy, Grundriss der griech. Litteratur, II, 2, p. 438 : Les spectateurs avaient besoin d'un guide à travers le labyrinthe de l'intrigue. Cf. G. Mûller, Hist. de la littéral, grecque, II, p. 807 (ïrad. K. Hillebrand), et aussi M. Croiset, III, p. 322.
5. M. Croiset ne semble d'ailleurs attribuer à cette explication qu'une valeur limitée.
. CM. Croiset, III, p. 3a3.
qui complètent le prologue d'Andromaque à la suite du monologue initial.
Est-il exact que le but du prologue soit de ramener à l'unité les pièces dont les parties sont faiblement liées entre elles, comme Hécube et Ilippolyte"? Mais la tragédie d'Euripide ne présente pas toujours ou cette dualité d'action ou ce morcellement de l'intrigue.
Sans doute le prologue, conçu comme un avertissement préliminaire, pouvait paraître utile pour informer le public des changements apportés à la légende par Euripide 2, par exemple dans Electre, Hélène, les Phéniciennes. Pourtant cette raison ne saurait être invoquée dans la plupart des cas 3. Enfin il ne semble pas que le public mêlé auquel s'adressait le poète puisse justifier la précision souvent excessive de l'exposé^', ni la forme du prologue. Sophocle, qui écrivait pour les mêmes spectateurs, n'a pas senti cette nécessité et n'en a pas tiré en tout cas le même type d'exposition.
Il convient de s'arrêter plus longuement sur une explication séduisante qui a été souvent proposée &. En replaçant le monologue initial dans l'ensemble de la pièce et en considérant la physionomie générale des drames d'Euripide, on a été frappé de l'étendue de la légende traitée par le poète dans chacune de ses tragédies : l'épilogue ouvre une vue sur l'avenir comme le prologue sur le passé. Les dénouements montrent la même précision minutieuse que les exposition s 6, et l'emploi du deas ex machina permet au poète, non seulement de régler en détail des situations souvent compliquées, mais de prolonger jusque dans l'avenir l'issue du drame.