‹ Le proloque dans la tragédie d'EuripideChapitre 63 sur 63 · Id · texte numérisé non relu

Id

Suppliantes et des Troyennes » . Il conclut que plusieurs prologues d'Euripide ne sont pas seulement des expositions nettes et précises, mais font naître un commencement d'émotion tragique =».

Sans entrer dans une discussion d'ordre esthétique étrangère à l'objet de cette étude, il faut remarquer que le public athénien ne paraît pas avoir senti, en tout cas, les défauts essentiels du prologue d'Euripide. On ne comprendrait pas, s'il y avait été hostile, que le poète eût persisté dans l'emploi de cette forme immuable. Il est très vraisemblable au contraire que les contemporains étaient surtout frappés des avantages du monologue initiaP. Sophocle s'est probablement inspiré de la manière d'Euripide en ouvrant les Trachiniennes par la longue" tirade de Déjanire^ et le prologue est devenu d'un usage courant dans la comédie nouvelle s.

3. On a supposé cependant qu'Euripide le jeune, en remettant sur la scène quelques-uns des drames de son père, avait cru devoir changer la forme des prologues, raillée par Aristophane. On s'expliquerait ainsi qu'il soit question de deux prologues pour VArchélaos, le Phrixos, etc., Voir Decharme, p. 417, note 1.

4. M, Decharme, pp. 4oî et 4o3, n'est pas de cet avis parce que le monologue de Déjanire est prononcé devant l'esclave et qu'il a un caractère dramatique. Mais le TrpoXoYt'Jîwv, chez Euripide, n'est pas toujours seul en scène; d'autre part il est très remarquable que Déjanire ne s'adresse pas à l'esclave présente. Le monologue qu'elle débite offre bien des ressemblances de détail avec ceux d'Euripide, et la valeur dramatique qu'on lui reconnaît montre seulement dans quelle mesure Sophocle, s'inspirant d'Euripide, aurait réussi à garder son indépendance.

5. Cf. Sittl, Gesch. der griech. Litler., p. 200; Fr. Léo, Plautinische Forschangen, Berlin, iSgS, p. 174, etc.

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