‹ Le proloque dans la tragédie d'EuripideChapitre 62 sur 63 · Notamment sur l'emploi de formules didactiques · texte numérisé non relu

Notamment sur l'emploi de formules didactiques

2. C'est l'explication à laquelle paraît se rallier M. Decharme, p. 420.

3. M. P. Masqueray, Euripide et ses idées, p. 44, dit que les généalogies sont en quelque sorte des aide-mémoire. L'explication semble insufUsante. Sophocle n'éprouve pas le besoin d'en introduire dans ses prologues et Euripide lui-même n'en fait pas toujours usage.

l8a LE PROLOGUE DANS LA TRAGÉDIE d'eURIPIDE

Bacchantes. Mais c'est qu'alors les tendances habituelles du. poète se trouvaient d'accord avec les conditions particulières de la légende, et que des préoccupations d'une autre nature réclamaient une correspondance symétrique : il est clair que dans Hippolyle l'exacte opposition des deux divinités ennemies a une signification religieuse, que dans Ion les explications d'Athéna font un contraste malicieux avec celles d'Hermès. Le poète a évidemment d'autres desseins que celui de faire entrer dans une même pièce une étendue de légende aussi grande que possible.

Il serait intéressant de savoir si Euripide est resté fidèle d'un bout à l'autre de sa carrière à cette forme de prologue. Iphigénie à Aulis et Andromède semblent bien faire exception, mais on ne peut se fonder sur ces deux exemples : il n'est pas certain (\xx' Andromède s'ouvrît par une monodie et que le début à' Iphigénie à Aulis n'ait pas été profondément remanié. Que le monologue initial tel que l'a conçu Euripide présente de graves inconvénients, c'est ce qui ressort de toute cette étude. Les modernes n'ont pas eu de peine à les mettre en lumière, et à montrer combien ces exposés longs et froids étaient contraires à la vraisemblance dramatique'. Euripide n'a trouvé que de rares défenseurs. Lessing a essayé de soutenir que les renseignements donnés sur le passé, et même les prédictions du prologue répondaient à une conception raffinée du drame, et faisaient voir dans sa perfection l'art du poète tragique 2. L'intérêt d'/on serait bien moindre, dit-il, si le spectateur n'était prévenu par Hermès des liens qui unissent le néocore à Creuse^. M. Decharme estime qu'on a peut-être exagéré le reproche de froideur fait aux prologues^. Il allègue le caractère pathétique du monologue de la nourrice dans Médée, déjà loué par les anciens 5. Il trouve dramatiques les prologues d^Hippolyte^, des Héraclides'^ , d'Andromaqiie, et même des

I. Voir, par exemple, le jugement de M. Ph. Fabia, Les Prologues de Térence. Paris 1888, p. 69.

a. Hamburgische Dramaturgie (Ed. Fr. Schrôter et R. Thiele, 1^7), n* XLIX (p. 283 et suiv.)

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