INFLUENCE D'OSSIAN SUR L'EXPRESSION DES SENTIMENTS
Les sentiments qu'éveilla ou que développa la lecture des poèmes ossianiques sont assurément l'élément encore aujourd'hui le plus connu de leur influence. C'est par là en effet que leur succès a été le plus visible et le plus populaire ; c'est par là aussi qu'il a été le plus fécond, puisqu'il a aidé une nouvelle littérature à prendre conscience d'elle-même et à se développer. Même après qu'Ossian était tombé dans le discrédit ou dans l'oubli, les sentiments qu'on peut appeler ossianiques vivaient encore et animaient la poésie. Ces sentiments n'avaient pas, pour naître et se développer, un absolu besoin de l'authenticité complète des poèmes, tandis que la plupart des idées morales et littéraires examinées tout à l'heure s'écroulaient si Ossian n'était plus Ossian. Ces sentiments ont donc pour la plupart été déjà signalés ; je me contenterai de les caractériser nettement, en insistant seulement sur ceux qui n'ont pas jusqu'ici attiré l'attention. On comprend d'ailleurs qu'ils aient été, moins que les idées morales et littéraires inspirées par Ossian, l'objet de dissertations et de commentaires : les écrivains contemporams les faisaient passer dans leurs ouvrages plutôt qu'ils ne les notaient séparément.
J'ai déjà indiqué au commencement de cette étude la nouveauté et les caractères du paysage ossianique. Or les poèmes paraissent juste au moment où dans toute l'Europe les yeux s'ouvrent enfin à la beauté des paysages et l'âme aux émo-
OSSÎAN ET l'oSSIANISME AU XVI II*' SIECLE 279
tions qu'ils inspirent. Après les descriptions encore conventionnelles et idylliques de Thomson, de Klopstock et de tant d'autres, voici qu'avec les lettres de voyage de Gray, avec Rousseau surtout et Bernardin de Saint-Pierre, avec Goethe, avec Fôrster, la vraie nature apparaît. Ossian apporte une note tout à fait nouvelle,et très différente de celle de Rousseau. Son paysage est grand, monotone et stérile. On quitte les sites riants et les aspects familiers pour rêver à de vastes contrées nues et austères, peuplées de brouillards et de nuages. Ossian est le premier poète de l'automne, de l'automne du Nord, triste et pluvieux, saison mélancolique qui sera si souvent peinte et chantée par les romantiques. Thorild, Franzén, plus tard Chateaubriand, plus tard Byron et Lamartine lui doivent beaucoup à cet égard. R. Shairp a fait ressortir avec compétence, dans un passage que j'aimerais à citer entièrement (1), combien le paysage ossianique reproduit fidèlement, encore de nos jours, celui des Hautes-Terres de l'Ecosse ; grâce à Ossian, il est devenu un des aspects essentiels du paysage dans la littérature européenne. Ni Laprade ni Biese, qui ont écrit l'histoire du sentiment de la nature chez les modernes, n'ont remarqué que pour plusieurs des plus grands poètes ou écrivains européens, le paysage ossianique a été le premier asile de leurs rêves, et l'Italie le second. Ainsi Herder, Goethe, Chateaubriand, Byron et Lamartine. Tous les cinq ont d'abord habité Morven en pensée, puis le séjour en Italie leur a offert des tableaux tout différents qui ont remplacé les premiers. Ajoutons que, sous le nom d'Ossian, Macpherson s'est montré le premier poète de la mer. Il en a très heureusement rendu les aspects les plus divers, son sourire lumineux, son calme majestueux, ses menaces sombres et ses colères effrayantes. Les Scandinaves ont été, comme de juste, particulièrement sensibles à cet élément du paysage ossianique : il les a aidés à préciser, à
<n Principal R. Shairp, Aspects ofPoetry, 1872, p. 284.
280 LE PRÉROMANTISME
fixer leurs impressions, et Ossian est pour quelque chose dans le Viking de Geijer (1811) qui est le premier poème de la mer en Europe.
Le ciel et les astres prennent dans le paysage ossianique une place prépondérante. Nous avons vu combien des morceaux les plus célèbres sont consacrés au soleil, à la lune et aux étoiles. Cette poésie sidérale a été l'une des grandes nouveautés d'Ossian. On avait déjà chanté en vers la soleil et ses bienfaits ; mais il suffit de comparer le fameux début du livre III du Paradis Perdu et l'hymne au soleil qui se trouve dans VEté de Thomson avec les morceaux analogues d'Ossian pour apercevoir combien celui-ci prêtait davantage au sentiment et à la rêverie. Quant à la lune, Ossian paraît avoir été son véritable introducteur dans la poésie moderne, où elle devait tenir un si grand rôle. De même pour les étoiles, et surtout pour l'étoile du soir ou du berger, dont le début des Chants de Seîma exprimait le charme poétique d'une manière si heureuse que les plus grands poètes n'ont pu que le répéter. Dès l'apparition d'Ossian, ces morceaux excitèrent la plus vive, la plus débordante admiration, notamment en France avecSuard et d'autres. Herder en 1782 traduit quatre morceaux de ce genre dans son Esprit de la Poésie hébraïque. Un curieux volume publié en Allemagne et qui montre combien Ossian était devenu classique, les Récits tirés d'Ossian — Livre de lecture pour les débutants dans la langue anglaise {\ 784 et plusieurs fois réédité), contient en appendice l'invocation au soleil de Carthon, celle à la lune de Dar-thula et celle à l'étoile du soir des Chants de Selma. Tout cela constitue un paysage sentimental, dans lequel on se plaît à rêver plutôt qu'on n'aime à le décrire, une toile de fond pour les amours inquiètes et mélancoliques, pour les tristesses vagues, pour les aspirations inassouvies, pour tous ces sentiments si fréquents à la fin du XViii^ siècle et au début du suivant, pour le IVeltschmerz et pour le mal du siècle.
Au reste, le paysage ossianique est assez vague pour s'adap-
OSSIAN ET L'oSSIANISME AU XVIII® SIECLE 281
ter aux impressions particulières de chacun dans le pays qu'il parcourt ou qui lui est cher. Aux Suisses, comme le doyen Bridel, il est spécialement sympathique par ses montagnes et ses lacs. Thorild, en 1781, voit les ombres d'Ossian passer sur l'horizon de montagnes boisées de la Suède : le paysage ossianique lui est cher parce qu'il est presque national. Vers la même époque, Alfieri est absolument du même avis. Il nous raconte qu'il n'avait jamais lu Ossian lorsqu'en Suède, devant la nature majestueuse et sombre du Nord, des sentiments tout ossianiques remplirent son âme ; il les retrouva plus tard quand il fit la connaissance des poèmes dans Cesarotti. Le Polonais Brodzinski voit sur les Carpathes monter dans des nuages ossianiques les ombres des ancêtres ; il y entend retentir les accents du barde Bojan qui chante l'ancienne Pologne. Ducis retrouve Ossian dans les plaines de la Sologne, et Trouvé dans les montagnes du Forez. D'autres fois, c'est un aspect de la température, une saison, qui s'harmonisent bien avec les souvenirs que laisse Ossian. Goethe écrit dans son journal le 1 8 septembre 1 788, à Schaffhouse, par un temps brumeux : « Je pense à Ossian. » On trouve d'autres exemples de cette association d'idées.
Ce paysage n'est pas toujours calme et mélancolique : Ossian peint aussi la tempête et l'orage. On y trouve de sombres invocations aux vents, aux tempêtes, qui conviennent aux grands désespoirs devant les affreux coups du sort. Goethe a traduit dans Werther le désespoir d'Armin : « Levez-vous, vents d'automne, soufflez sur l'obscure bruyère ! écumez, torrents de la forêt ! grondez, ouragans, dans la cime des chênes !... » Cela est déjà nettement romantique.
Des sentiments plus précis se déploient volontiers dans ce cadre qui leur convient à merveille. C'est d'abord l'amour ; l'amour pur, délicat, chevaleresque, comme ces hardis guerriers le ressentaient pour leurs fidèles amantes, l'amour fait de tendresse, de pitié, de désir de protéger, qui rend plus cher tout ce que l'on a eu de la peine à défendre et à sauver.
282 LE PRÉROMANTISME
Ossian est un des livres préférés des amoureux de ce temps-là, le livre qu'ils lisent en pensant l'un à l'autre, Werther le traduit pour Charlotte : en réalité,Goethe,à vingt-deux ans.l 'avait traduit pour Frédérique Brion. Herder, cette même année 1771, écrit à sa fiancée qu'il trouve beaucoup à redire maintenant à Klopstock et à Gessner, surtout comme peintres de l'amour. « Mais l'amour dans les chants des bardes écossais ! Ce n'est qu'en eux qu'on trouve toute la tendresse, la douceur, la grâce, la noblesse, la force et la délicate pureté morale qui nous séduit complètement et cependant nous laisse hommes.» Et il cite comme exemple le poème à'Oïthona. La perfection de l'amour dans Ossian est un des traits qui ont le plus frappé ses jeunes admirateurs.
En général, c'est un poète sensible : dans ses chants règne une « douce sensibilité ». Il exprime à un haut degré cette réaction contre les droits exclusifs de l'intelligence et du bon sens qui marque la seconde moitié, à peu près, du XVIII® siècle, et qui est un des principaux traits du préromantisme européen. Ce caractère frappe déjà ses premiers lecteurs. On ne réfléchit pas, on ne discute pas, on se laisse aller au courant de ces émotions vagues et monotones, on se laisse noyer dans cette sensibilité molle et passive. Cette intime et puissante séduction qu'exerçaient dans toute l'Europe certaines pages de Jean-Jacques, on la retrouvait dans Ossian, plus continue et plus complète. La sensibilité y était plus molle, plus rêveuse et plus alanguie. Jamais poète n'avait offert une telle suite de tableaux et d'impressions, où la raison tînt si peu de place, oii l'émotion fût si constamment sollicitée et à tout propos. Ossian est aussitôt et partout appelé « le poète du cœur ».
C'est surtout le poète de la mélancolie. Si l'on aime les lectures qui attristent, qui font verser des larmes, on trouve en lui le poète idéal. Il a célébré le plaisir de la douleur, thejoy of grief , les charmes de la mélancolie. Or celle-ci est à l'ordre du jour à la fin du siècle. C'est quelquefois une mélancolie
OSSIAN ET l'oSSIANISME AU XVIII® SIECLE 283
lugubre, celle de Werther lorsque « Ossian a remplacé Homère dans son cœur ». Schiller admire dans Werther le parti qu'a su tirer l'auteur, pour exprimer l'état d'âme du héros, de ce « sombre, vague, mélancolique monde ossianique ». On trouve dans les chants du Barde, dit Dorât, « cette mélancolie sombre qui est peut-être une des sources du sublime », Plus souvent c'est une mélancolie qui n'est pas sans douceur et sans charmes, celle à laquelle la traduction de Le Tourneur a converti Fontanes, celle que chantera Ducis à propos du tableau d'Ossian peint par son ami Gérard : « Long tourment, mais si cher, si plein de volupté...»; 1' «élégante mélancolie » de Foscolo ; la languida tristezza de G. Barbieri, qui est la source oii puise, dit-il, le chantre de Malvina et de Fingal. Ossian, « l'ami de celui qui est triste », dit Feith, en est le meilleur interprète. A la fin de cette période, Chateaubriand raillera, à propos de M™^ de Staël, « la grande fontaine du Nord, où tous les bardes se sont enivrés de mélancolie ».
Cette mélancolie, si elle n'est pas, comme le dira M™® de Staël, essentielle aux « littératures du Nord », est du moins habituelle à la race celtique, à en croire les meilleurs juges, Renan surtout, qui en caractérisant La Poésie des races celtiques semble définir celle d'Ossian. Matthew Arnold est du même avis, ainsi que R. Shairp. Ils s'accordent à dire que, venant du Celte Ossian ou du Celte Macpherson, la poésie ossianique a séduit son siècle par cette couleur générale de rêve, de regret, de mélancolie, si conforme à l'âme celtique. C'est rOssian de Macpherson qui a donc eu l'honneur de faire entrer pour la première fois l'esprit celtique dans le grand courant de la littérature européenne moderne ; à ce titre seul il méritait sa gloire.
Il y a plus. La tristesse ossianique repose sur un sentiment profond et sincère de l'instabilité des choses humaines, de la fuite irréparable de la gloire et du bonheur. En empruntant à la légende irlandaise le vieux barde aveugle, dernier sur-
284 LE PRÉROMANTISME
vivant d'une génération de Kéros, en faisant de lui l'interprète de ce que l'âme moderne sentait s'éveiller en elle d'inquiétude inassouvie, d'aspirations vagues et de regrets d'un idéal évanoui, le jeune Macpherson avait fait un coup de maître. Jamais rencontre ne fut plus heureuse, et cette rencontre fit son succès. Comme le vieil Ossian, les jeunes gens du dernier tiers du XVIII^ siècle et de l'aube du siècle suivant n'ont ni foi sereine, ni idéal assuré; ils agitent d'une manière pathétique le mystère de la vie. R. M. Meyer dit que « les guerriers ossianiques sont des héros antiques qui ont lu Hamlet»(I) et la jeune génération fourmille de Hamlets pensifs et impaissants.
(1) Zeitschriff fiir vergkichende Literaturgeschichte, 1904, p. 196.
Tels sont les principaux points qui se dégagent d'un examen général de la question. Quand on étudie Ossian en Angleterre, on rencontre à chaque instant les rivalités ou les jalousies entre Anglais, Ecossais et Irlandais, et les soupçons ou les discussions touchant l'authenticité, plus suspecte là que partout ailleurs. En Fiance, les regards sont surtout attirés vers l'époque de la gloire et de la vogue d'Ossian, poète préféré de Napoléon, barde officiel de son règne. En Allemagne, il faut surtout s'occuper du rôle d'Ossian dans la poésie bardique et de son utilisation pour des fins patriotiques. Un tableau d'ensemble comme celui que j'ai essayé d'esquisser, malgré ses graves lacunes en ce qui touche certaines littératures secondaires qui n'ont presque pas été étudiées de ce point de vue, offre au moins l'avantage de faire ressortir les caractères communs de l'ossianisme européen.
Celui-ci a pour matière, parfois le texte anglais de Macpherson et, à la fin du siècle, de Smith, beaucoup plus souvent des traductions dont la plupart transforment le texte, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, ici plus élégantes, là plus poétiques, rarement littérales, et influent par suite grandement sur l'impression que reçoivent d'Ossian ses lecteurs des diverses nations. Il se manifeste d'abord par des imitations de tout genre : la poésie européenne, souvent usée et qui aspirait à se rafraîchir et à se renouveler, s'empare d'Ossian pour tailler librement dans cette étoffe nouvelle. D'autres, qui ne sont pas poètes, trouvent dans Ossian un document authentique et inappréciable sur les peuples celtiques et en général sur l'Europe du Nord, et en tirent d'importantes conséquences kistorîques et morales. Il a sa place parmi les élé-
286 LE PRÉROMANTISME
ments nouveaux qui enrichissent et modifient la littérature européenne, et par certains traits importants annonce le romantisme. Enfin, hommes de lettres ou non, beaucoup de lecteurs sont gagnés par le charme d'Ossian, par l'originale grandeur de son paysage, par la pureté idéale de ses sentiments, par la sensibilité et la mélancolie que ses poèmes respirent. Tels sont les principaux éléments constants et généraux de son succès, et les principaux effets qu'il a produits sur la littérature européenne.
Tout cela était absolument nouveau, au moins sous cette forme, dans la seconde moitié du XVIII® siècle. Young venait de faire entendre dans ses Nuits une note plaintive et lugubre, toujours pareille, mais puissante par sa monotonie même ; il restait un peu philosophique et austère. Gessner jouait ses airs champêtres, et l'on se sentait transporté dans l'innocence première du monde ; ses bergeries étaient aimables, mais un peu fades. Plus récemment encore, Rousseau, par l'originalité de son attitude, par l'ardeur de sa prédication, par la hardiesse de ses idées, par la pureté de ses sentiments, par le charme de ses peintures, avait profondément ému toute l'Europe. Ossian, sans nuire à leur succès, contenait quelques-uns de leurs éléments les plus appréciés et en offrait plusieurs autres. Il était tendre, gracieux, pathétique, funèbre, éloquent, émouvant ; il contait, il évoquait, il philosophait. Cette variété entrait certainement pour beaucoup dans son succès.
Il a donné une voix à beaucoup d'aspirations encore vagues, et qui se sont précisées en s'exprimant.Il a autorisé une poésie plus sentimentale, plus passionnée, plus hardie. Il a élargi l'horizon littéraire en donnant pour pôle à la poésie un Nord conventionnel et vague, mais nouveau du moins ; en ouvrant au rêve des horizons inconnus ; en attirant l'attention sur les éléments instinctifs, primitifs, de toute poésie. A tous ces égards son influence a été essentielle. De ces mondes nouveaux Ossian n'offrait qu'une fausse clef, dit fort bien Haym
OSSIAN ET l'oSSIANISME AU XVIII® SIÈCLE 287
dans son livre sur Herder, mais cette fausse clef ouvrait tout de même. Nul exemple ne montre mieux, je crois, que ce qui compte surtout en histoire littéraire générale, ce n'est pas la valeur propre de l'œuvre, c'est ce qu'elle a suscité : la direction, la force et la durée du choc qu'ont ressenti les âmes et les imaginations.
A la fin du XVIII® siècle son rôle n'était pas terminé, tant s'en faut ; mais sa tâche principale était accomplie. Alors se forme dans plusieurs pays une nouvelle poésie, qui a assimilé quelques éléments ossianiques et rejeté les autres. Ossian a contribué à renouveler les idées littéraires ; sur le chemin nouveau qu'il leur a indiqué, elles continuent leur marche en avant et le laissent loin derrière elles. Dans le riche concert de la sensibilité moderne, la harpe du Barde ne fait plus entendre qu'une note grêle et fausse, bientôt dédaignée, et qui enfin se tait.
INDEX
DES NOMS d'auteurs ET DOUVRAGES COLLECTIFS OU ANONYMES
Les ouvrages cités isolément sont rassemblés sous le nom de leurs auteurs : on trouvera l'Iliade au mot Homère, et Werther au mot Gœthe. Les diverses parties et les divers auteurs de la Bible et de VEdda sont rassemblés sous ces deux titres généraux. Les chiffres en égyptienne indiquent les pages où il est plus partij culièrement question de l'auteur ou de l'ouvrage. N = en note.
Addison, 24, 42. 47, 49, 54, 63.
Adelung. 41.
Adlerbeth, 144-145, 261. 262,
Alembert (d"), 28. 29.
Alfieri, 53, 174,281.
Algarotti. 48.
AUison, 27.
Alstrup, 232.
Ammien Marcellin. 259.
Anchersen, 109.
Andersen. 83.
Andrès. 188.214.219.
Andrews. 139.
Andrieux. 269.
Angiolini. 212.
Aponte. 220.
Arbaud-Jouques (d'). 233, 246.
Arioste. 43. 44. 171.179.
Aristote. 26. 104.270.
Arlincourt (d'). 173.
Arnaud. 224.
Arnkiel, 101.
Arnold, 124.180.182,283.
Atterbom. 246.
Aurivillius, 24, 58.
Babbit, 45 n.
Bacsànyi. 232.
LB PRÉBOMANTISMB
Baggesen. 124.
Balbo.219.227.
Baour-Lormian. 231. 232, 233. 236.
Barbieri.218,219.283. Barbosa du Bocage, 62.
Baretti. 45. 66.
Bartholinus. 79, 85-86. 89, 92, 94.
Batka, 75 n., 76, 99. 100, 106, 157,
Batteux,21.26.44.60.
Baumgarten. 58, 63.
Bayle,94. 124.
Beattie. 133,211.
Beck, 173n.
Bédier, 23.
Beers.44n., 197n.
Bellamy, 45.
Belleforest. 78.
Bellman. 43.
Benson. 76 n.
Beowulf, 259.
Bérard. 23.
Bergh.38etn.,62.259n..270.
Bergklint. 61.
Bergsten. 222.
Berlepsch(M'"«de).213,221.
Bernold, 263.
INDEX
Bertôla. 155.
Bettlnelli.61.66,27I.
Blanchi, 254.
Biese.279. Bilclerdiik,51.59.64.214.230,238,
Bjôrner.87.88n., 115. 183.
Blackwell. 23. 28, 35, 36, 37.
Blair. 38, 103. 104, 128, 129, 140.
143 et n., 144. 145. 163, 180,
Blake, 39, 5 1,58, 137. 2 16, 243.
Blanck.l4.20n.,75n.,76.91.109n.
BHcher. 232.
Blum, 35 n.
Bock (de). 126.
Bodmer. 25 et n.. 40. 45. 47, 57, 67.
Boèce, 189.
Boethius, 23, 259, Boie. 29.
Bolleau, 25,28-29.32,44.45.60.
Bonstetten(de), 156. 185.269.271.
Bosweli, 208.
Bouterweck, 254.
Bowles, 53.
Brahms, 255.
Brandes. 10.
Brandi. 21 n.
Brazzolo, 272.
Breitinger. 25, 30, 45, 47, 57. 67.
Bridel, 218. 232, 233, 238. 263. 281. Brodzlnski.56.281.
Brognoli. 66.
Brown, 275.
Bruce. 141.245.
Brun (Frederika), 222.
Bruno. 24, 60.
Brydges. 235. 238.
Bull. 34 et n.. 45 n., 92 n., 124 et n.
Burger,29,50,55,67.220.228.
Burke, 209.
Burns,53.71,216.
Byron,53,216,241.243,279.
Caillet, 55.
Calepio, 25 n.
Calsabigi. 254.
Cameron. 238. 239,
Capmâny. 64.
Carducci, 69.
Casarlni. 252.
Castrén.76n.,94, 109n., 124, 174,
César, 128, 164. 259.
Cesarotti. 104. 126, 210, 212, 213.
Chanson de Roland, 259, Charrot. 97 n.
Chasteilux. 216. Chateaubriand. 80. 81. 88. 1 16, 128,
Chatterton. 214.
Chénier(André).40.51.68.71,186,
Chénier (Marie- Joseph). 217, 233,
Chérade-Montbron, 173.
Chiniac (de), 89, Churchill. 93 n.
Cicéron, 66.
Clark. 201.
Claudius.55.59. 162.
Claussôn, 87.
Clermont-Tonnerre. 233, 238, 239.
Clewberg-Edelcrantz, 1 72. 226. 241.
Cluverius, 1 18.
Coleridge,53,56.71.181.186.216.
Colini, 127.
Collins,98, 177.
Condillac, 35.
INDEX
Condorcet, 29.
Corneille, 175.
Cortès, 231 n.
Cottle(Amos). 181,183.
Cottle (Joseph). 172.
Coupigny, 233. 243. 244.
Cowper,34.53.57.216.
Crabbe, 2 1 6.
Cramer, 153, 247.
Crane.l4. 35n..44n..45n.,76n.,
Crome, 225.
Csokonai Vitez, 34, 40.
Cubières-Palmezeaux, 27, 29, 243.
Cunningham, 251.
Cysarz, 64 n.
Dabi, 222.
Dalin, 92.
Dante, 43. 66, 271.
David (Louis), 255.
David de Saint-Georges, 217, 231.
Delille, 239.
Denis. 104. 144, 145, 147, 156, 162-
Dérjavine, 249.
Derrick, 238.
Descartes. 27. 124. Despinoy, 233.
Des Roches. 95.
Diderot. 26. 28. 29, 33, 34, 35. 36.
Dit delà Bande d' Igor, 2]4.
Dorât, 63. 217, 261, 283.
Dow, 251.
Downman. 139.
Drollinger, 39, 45.
Dryden, 54, 98.
Du Bos, 24, 26. 58.
Ducis,59.243,276.281.283.
Dusch. 164. 248.
Duval. 233.
£J(fa. 75-103. 248. 263.
Ehrmai>n, 164 n., 247 n.
Elwert. 230.
Emerson. 124.
Enbom, 222.
Encyclopédie, 127-128.
Engelbrecht, 225.
Erskine. 208, 251.
Eschenburg, 252.
Eschyle, 137.
Estala. 43.
Evans, 36, 122, 132, 141,211.213.
Ewald, 30. 50. 59, 87, 174-176.
Eyre. 178.
Fantastici. 219.
Fantoni,219.
Farley.76etn..95. 134,138. 142.
Fâzil bey. 52.
Feiiôo,24,29,52,61.
Feith, 222, 229, 244. 283.
Felton, 44.
Fénelon, 66, 92.
Ferguson, 38.
Fest. 232 n.
Filinto Elysio, 62.
Floris, 218.
Fontanes,2l7.242.249.273.283.
Fontenelle. 44. 92.
Foppa, 254.
Formey. 126.
Fôrster. 279.
Foscolo. 51.71.219.244, 250, 283.
Franzén, 30, 41. 184,241,279.
Fréret, 94.
Frimann, 42.
Frugoni, 250.
Gade 255.
Gagnerus, 44.
Gama (da), 34.
Garçao. 48.
Geijer. 280.
Genlis(M'"«de).216.
Geoffroy. 26. 27, 44.
Gérard (Alexander). 63.
Gérard (François), 255. 283.
INDEX
Géraud, 217.
Gerstenberg. 27, 43, 49, 62. 63, 104,
Gessner. 10 n.. 154. 166, 180, 245,
Ghalib, 59.
Gianni. 219.
Gibbon. 126.213,258.259,261.
Gilbert, 53.
Girodet, 255.
Gidrwell, 30, 139,210,263.270.
Gleim. 52. 54. 104, 105, 106, 107,
Gniéditch, 249.
Goethe, 26. 29, 32, 38, 50, 55, 56,59.
Goldsmith, 25, 48, 53, 54, 57, 58,
Golther, 75 n.
Gomberville, 92.
G6ransson,84,88, 117, 123.
Gosse, 84, 134.
Gothenius, 210, 226, 266.
Gottsched, 25, 27. 40, 43. 49.
Gozzi. 53, 66.
Graf,66n., 197n..218.
Grâter, 177, 178, 180, 187-188.
Gray. 15, 40, 57, 61. 66, 99, 118.
Griffet-Labaume, 217, 231.
Grimm (Melchior), 26, 123. 209.
Grimm (Jacob et Wilhelm), 1 84, 1 88.
Grohmann. 75n., 147. 148.
Gustave III. 176.
Hagedorn, 42.
Hagen (von der). 1 88, Halem. 247.
Hallam. 10.
Haller (Albrecht von). 29. 67, 212*
Haller (William), 177 n.
Hamann, 15, 22, 24. 25. 27. 35.
Hamilton, 238.
Harold, 201, 214, 228, 232, 237.
Haschka, 248.
Hasselqvist, 197n.,263.
Haym, 229 n., 286.
Hazard. 197n.,208.227n.
Hazlitt,217.
Heber, 246.
Hecht,211n.
Heine. 250.
Heinrich. 232 n.
Heinse, 243.
Herbert,81n., 139, 183.
Herder, 15,22.24,26,27,28,29,35 36,37,38.42.43,49,50,51,55 62, 63, 64, 68, 69, 70, 71. 78 125,132,144.145,140-151 155, 160, 185, 186, 187, 188 189, 210, 213, 220, 221, 222, 228, 229, 230. 236. 250, 259, 261, 262, 268. 269. 271. 279 280. 282, 287.
Hettner, 10.
Hickes, 86-87, 89. 98. 134. 147,
Hill,231.
Hobbes, 262.
Hogarth, 48.
Holberg, 92.
Hbiderlin, 39.
Hole (John), 238.
Hole (Richard), 141, 171, 173, 174,
Home (Henry), 260.
Home (John), 200, 251.
Homère, 22, 23, 24, 25, 35, 44. 50, 63,65,82, 104, 156, 158, 179, 202, 209, 210, 218. 220, 228, 237. 261. 267, 269, 271. 272,
INDEX
Horace. 22, 66, 94.
Horvàth, 42, 56.
Hoven (von den), 229.
Huet. 92-93, 117.
Hugo, 66, 250.
Hume, 48. 208, 211.
Hurd,32.40.4I.48,63.
Husbands. 35. 39. 97.
Hutcheson, 48.
Hwass, 189.
Iriarte, 25.
Jacobi. 52. 243.
Jacoubet. 40 n.. 170 et n.
Jefferson, 216.
Jerningham. 171, 173.
Jiriczek, 36 n..^38 n.
Johnson, 21. 48. 58. 133.210.211.
Johnstone. 139. 141, 183.
Jonas. 78 et n.
Jornandès, 1 10.
Joukovski, 241.
Jovellanos,39,51.67.
Jung-Stilllng, 221.
Kaleoala, 259.
Kalfî, 10.
Kant,49.63. 146.149.
Karamzine. 28. 54, 59, 222.
Karpinski, 54.
Kaufmann, 62, 255.
Kazinczy, 232.
Kellgrén. 28, 30, 38, 39. 59, 61 . 223, 226.232.246,249,267,271,273.
Keysler, 88, 89. 101,107.
Kind, 22 n., 49.
Kittredge, 134.
Klinger, 50, 55.
Kiopstock, 24, 30, 40, 45. 46, 50, 52, 58. 59. 67, 100, 125, 143, 144,156,157-162,174,177, 186, 210, 220, 221. 227. 228, 232, 239, 247-248. 255, 258, 268,271,272,279,282.
Klotz. 213.
Knôs. 232.
Kosegarten. 185. 188,230.248.
Kraft, 183.
Krantz, 99.
Krasicki. 232.
Kretschmann, 156. 162. 230. 242,
Kunzen, 254.
La Fontaine, 124,
Lagenbring, 39.
La Harpe. 261.
Lamartine, 241, 250, 279.
Lamm, 10, 14,20n., 76n.,91,I84,
La Mothe le Vayer, 93 n.
La Motte-Fouqué, 188.
Lampillas. 26.
Landor. 183.
Lange. 52.
La Peyrère. 93-94.
La Place. 25.
Laprade. 279.
La Tour d'Auvergne, 189.
Lavater, 40, 53. 59, 62, 67.
Laya, 137,217,245.
Lebrun (Ecouchard), 44.
Lebrun des Charmettes, 233.
Leconte de Lisie, 87, 154.270.
Le Gay, 243.
Lenoble. 92.
Lenz.50.55.228.27I.
Léonard, 53, 207, 242, 249.
Leoni, 227.
Leopold, 176, 184,222.
Le Prévôt d'Exmes, 232.
Lerse,271.
Lessing, 25, 26, 29, 42, 49, 54, 61,
Lestley, 142.
Le Sueur, 254.
Le Tourneur, 22, 28, 53. 2 17. 230-
Lewis, 138.
Liden, 183.
Lidner, 26. 32. 50. 59. 67. 222. 244,
LE FBÉHOUAMTISMB
INDEX
Lilienfeld. 230.
Lindner, 36.
Lirondelle, 271 n.
Logan, 141,238,245.
Lohenstein, 105, 161.
Lombard, 233, 238. 239.
Lote, 30 n.
Lowth,39,61.267.
Lucain. 85, 158.
Lycophron, 83.
Lyttleton, 208.
Macfarlane, 238. 274.
Mackenzie, 137.
Macpherson (James), 36, 61, 106, 121, 129. 132, 138, 165. 180, 198,199,200-201.202,210, 211, 212, 213. 214, 162, 221, 224, 257, 279, 283-284, 285.
Macpherson (John), 143.
Magnus (Johannes). 78.
Magnus (Laurie), 10.
Magnus(01aus),78, 119, 142.
Magnusson, 181.
Malherbe, 66.
Mallet. 36. 65. 70, 78. 84, 88. 90, 93, 95,97,99,103.104.109-130, 132. 133, 136, 138, 139, 142, 143, 159, 162, 170, 172, 179, 188, 189, 190. 191. 192. 198, 250, 258, 259. 263, 269, 276.
Marchena, 231.
Marc-Monnier, 10.
Marmontel, 26, 28, 29, 40. 60, 129, 169, 260, 274.
Mason, 98. 118, 133. 136, 139, 141, 161, 177,208,251.
Mathîas, 138, 141, 142.
Mattei,219.
Matthisson, 222.
Maugain. 66 n.
Mazza,219.
Méhul, 254.
Meissner. 242.
Mendelssohn (Moses). 22. 28, 49.
Mendeissohn-Bartholdy, 255.
Menéndez y Pelayo. 20 n., 34.
Menestrier, 190.
Mercier, 22, 27, 29, 40, 50, 62. 272,
Merck, 160.
Mérian, 125,261.272.273.
Meyer (F. L. W.). 230.
Meyer (R. M.). 284.
Michaud. 53.
Miger, 233, 246.
Miller, 62, 241.
Milton,24,40.44etn.,45.58, 124.
Molière, 124.
Moller, 184.
Montagu (Mrs), 208.
Montaigne, 132.
Montengon, 231.
Montesquieu, 26, 110, 112, 113,
Monti,59,60,219.241.245.
Morandi, 254.
Morck, 92.
Moreri, 94, 127.
Morhof, 101.
Moritz, 241.
Mornet, 26 n., 29 et n.. 44.
Morris, 180. 182.
Muller(F.Aug.),250.
Millier (Johannes von), 149.
Muller (Maler), 50, 62, 222.
Muller (0. Fr.), 168.
Muncker. 157. Murait, 28.
Musset (de), 206.
Napione, 219.
Nariéjni, 241.
Neikter, 22, Nôldeke, 242.
Nevres, 54.
Nicolai,49, 155.
Niebelungen, 259.
Nieuwland. 45.
Neubech, 177.
Nordby. 75n., 134.
Œhlenschiaeger, 172, 181, 184.
Olafsen, 83.
INDEX
OIai.78n.,81,82n.
Opin. 246.
Ortiz,231.
Ossian, 36. 37. 38. 39. 66, 104, 114.
Ovide, 61.
Oxenstjerna, 172-173.
Ozérof. 253.
Palissot, 44.
Parini, 53. 66.
Parny. 174.250.
Passow(A. C. de). 124.
PatriarchI, 210.
Patrizzi, 24.
Paul Diacre, 161.
Peers, 14.231.
Pelloutier. 38. 89, 111.118.
Penrose, 141.
Penzel, 145.
Percy. 15, 36, 40, 42. 43. 99. 118.
122, 123, et n.. 124. 125, 136.
Peringskjôld.87etn.. 147. 163.
Perreau, 245.
Petersen, 228. 229, Pétrarque, 250.
Pétrov. 222.
Pfaff. 230.
Pfau,75n.;i54.
Phelps, 44 n.. 75 n.
Pibrac. 169.
Plndare. 63, 158,209.274.
Pindemonte,51.219,252.
PIron. 239.
Pitiscus. 189.
Platon. 60. 91.
Platow. 184.
Pontus de Tyard, 60.
Pope. 32. 39. 45. 56. 62, 95. 238. 239.
Porcei. 25.
Porthan,41,43, 212,259, 266, 270.
Posnett. 10.
Pougens, 189.
Powhele, 139.
Pram. 173, 174, 176.
Primavera, 219.
Prinsen. 14. 232 n.
Pyra, 27, 45.
Quigley, 25 n.
Quintana, 43, 59.
Racine (Jean). 22. 239. 253.
Racine (Louis). 40, 67.
Raday, 232.
Rambach. 49. 242.
Ramier, 239.
Ramsay. 28.
Raspe.210.225.
Regne'r, 41.
Régnier, 60.
Reid. 48.
Reiner, 230.
Reinhold, 30.
Renan, 40, 283.
Resenius, 79, 82-85, 88, 93, 98.
Resewitz. 27.
Restif de la Bretonne, 232.
Rhode, 228.
Richardson. 178,253.
Richter (Hélène), 48 n.
Ritson, 118.
Roberti.2I2.
Robinson, 221.
Ronsard, 44.
Rosa, 60.
Roscommon. 95.
Roucher, 68.
Rousseau (Jean- Jacques). 29. 30, 50.
Rousseau de la Valette, 92.
Rudbeck, 91.
Ryno, 252.
Saam, 252.
Sachs, 99.
Saint-Evremond. 24. 27.
Saint-Geniès. 173. 179.
Saint- Lambert, 128.
INDEX
Saînt-PJerre. 128. 279.
Saintsburv, 10, 20 n.. 41.
Saint-Simon, 217. 237. 261. 262.
Salis, 246.
Saivi, 252.
Sammes, 95, 96.
Sandvig, 130.
SantaRitaDurao.34.43.
Saunders, 197 n.
Saxo Grammaticus, 77 et n., 78,