‹ Le promenoirChapitre 43 sur 58 · GARDE CHAMPÊTRE · texte numérisé non relu

GARDE CHAMPÊTRE

Non qu'un zèle honnête le presse De faire respecter la loi, Mais la nature en allégresse L'invite à remplir son emploi.

Lesté d'un déjeuner, il longe Les talus verts des grands taillis Et son regard vaguement plonge Dans l'épaisseur de leur fouillis.

Les gamins pillards, triste engeance Redoutent de l'apercevoir ; Car s'ils méritent sa vengeance, Contre eux il fera son devoir.

Mais que surgisse la rencontre D'un truand de muscles pourvu.

Le bon garde champêtre montre...

De la prudence. — Il n'a rien vu.

D'un pas plus rapide et moins ferme- Il reprend sa marche aussitôt.

Mais voici que, près d'une ferme, On crie : « Eh ! Champêtre, il fait chaud.

IjS GARDE CHAMPÊTRE

Depuis deux heures je pioche, Dit un fermier, j'sis altéré ; Je vas tirer à U pignoche, Voulous du eidre ou du pire} »

En trinquant, le fermier s'épanche ; Il perd de l'argent, c'est son lot, Et pour se consoler il penche Sur chaque verre le goulot.

<( Les grains ni le bétail, Champêtre, Ne se vendent plus quasiment Et, vous en conviendrez, peut-être, C'est la faute au gouvernement. »

Tel propos est jugé funeste, Par l'agent de l'autorité Et tout en buvant il proteste Que tout va bien, en vérité.

On se quitte avec l'espérance Que, malgré ce maudit sècbin, Les pommiers de belle apparence Rempliront les fûts, l'an prochain.

GARDE CHAMPETRE

Il s'éloigne en sifflant, chemine Guilleret à travers un champ Que l'horizon rouge illumine Des splendeurs du soleil couchant.

A Fanchon qui vient son geste ample Envoie un bonjour et, ma foi, Il a l'air de dire : Contemple Un représentant de la loi.

Plus loin, couchés près d'une haie, Des faucheurs sont à beuvetter :

« Pour trinquer chez nous sans monnaie, Champêtre, il faut vous arrêter. »

Pour boire à la santé du monde Pas besoin de le sermonner ; Mais les arbres font une ronde Dont il a lieu de s'étonner.

« Chez moi, bredouille-t-il, la soupe M'attend, ben le bonsoir, mes gàs ; Demain, tomberont sous ma coupe Ceux qui vous font des dé... dé-gâts. »

I^O GARDE CHAMPETRE

lit qu.md du soleil en déroute Le dernier r.iyon d'or a lui.

I! revient par la grande route Qui n'est pas trop large pour lui.

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