CONCLUSIONS
La typho-bacillose est une bacillose aiguë qui surprend les individus en apparence bien portants et simule la fièvre typhoïde dont elle emprunte presque tous les symptômes. -
Elle est « plus méconnue que rare », et nous voyons que nombre de typhoïdes, de typhoïdettes, à évolution anormale, à récidives fréquentes, à convalescence traînante, ne sOnt en réalité que des typho-bacilloses. Le champ de cette maladie s'étend de jour en jour, au fur et à mesure que l'étude clinique et les procédés de laboratoire permettent de mieux la diagnostiquer.
Reste à baser le pronostic, et c’est là une des parties les plus importantes de la question :
1° La terminaison mortelle, pendant la phase aiguë, est relativement rare ; le malade meurt dans l'adynamie ou par lapparition brusque d’une localisation grave (méningite).
2° Le plus souvent, la maladie évolue en deux temps : :
Phase aiguë. — Convalescence pénible. Puis, au bout de six mois, un, deux, trois, quatre ans,
J. Huard ù
= 70 — apparition d’une localisation tuberculeuse. C’est “elle qui commande le pronostic. Celui-ci sera d’autant plus favorable que la lacalisation sera absente, tardive ou discrète ; |
3° Une des localisations les plus importantes chez l’enfant est celle qui se fait sur les ganglions du médiastin ; c'est là, en quelque sorte, que la bacillose sommeille après la phase aiguë pour se disséminer ensuite, et « tout sujet qui a présenté des signes de typho-bacillose, avec adénopathie médiastine, est toujours exposé à faire, quelques semaines ou quelques mois après, uné méningite, une pleurésie ou une péritonite » (1).
Le pronostic doit donc toujours être réservé ; après la phase aiguë, le malade sera l’objet d’une surveillance médicale constante, et traité comme un tuberculeux. | En
Toute la question du pronostic esl résumée et schématisée dans cette formule de M. Claisse :
«On doit se défendre pour le présent contre le pessimisme, pour l’avenir contre l’optimisme (2). »