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L'ÉLIMINATION PROVOQUÉE

L'élimination provoquée d’une substance introduite dans l'organisme et facile à mettre en évidence dans les urines permet d'étudier le degré de perméabilité du rein pour cette substance. Elle ne peut malheureusement renseigner sur l’ensemble des fonctions rénales, n1 sur l'état anatomique de l'organe: de ce que les tubes ou les glomérules éliminent mal tel ou tel corps, il serait en effet 1llogique de conclure qu'ils n’élimineront pas mieux tel ou tel autre. Les procédés d'exploration du rein basés sur ces recherches peuvent être utiles au diagnostic d’une insuffisance rénale : ils en indiquent mal la nature ou le degré.

On ne peut affirmer que le rein s’est montré incapable d'éliminer le chlorure de sodium, l’urée, le bleu de méthylène par exemple, qu'après avoir répété à plusieurs reprises l'épreuve déterminée et obtenu des résultats concordants.

Si, en effet, l'élimination d’une substance introduite dans la circulation dépend surtout de l’activité sécrétante du rein, elle dépend aussi de facteurs secondaires dont il importe d'amoindrir l'effet. Cette cause d'erreur évitée, les méthodes qui utilisent l'élimination provoquée permettront, ce qui est capital, de voir comme le rein se comporte vis-à-vis du chlorure de

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sodium ou de l’urée par exemple, c'est-à-dire de dépister la rétention chlorurée ou la rétention azotée, dont les conséquences bien connues ont en pathologie un rôle si considérable.

Ces procédés peuvent être groupés en trois catégories. Les uns ont pour but de rechercher la façon dont le rein se comporte vis-à-vis de l’eau ingérée en boisson; les seconds, comment ils rejettent une matière colorante susceptible de passer normalement dans l’urine après ingestion ou injection; les derniers, moins inoffensifs, étudient l'élimination d’un sel ou d’un corps azoté.

Il faut faire une place tout à fait à part à ceux d’entre eux qui utilisent le chlorure de sodium, l’urée ou l’albumine.

A. ÉLIMINATION DE L'EAU. POLYURIE EXPÉRIMENTALE. — La polyurie expérimentale de Guyon et d’Albarran ! peut servir à étudier le fonctionnement des deux reins, mais est surtout applicable à l’étude comparée de leur fonctionnement individuel. À l’état normal, « la quantité d’urine éliminée augmente après l’absorpüon d’eau. Cette augmentation, déjà sensible dans la deuxième demi-heure de l'expérience » (Albarran), si on recueille toutes les demi-heures les urines d’un malade à qui on a fait absorber deux ou trois verres d’eau ou de tisane diurétique, atteint son maximum à la fin de cette demi-heure ou dans la demi-heure suivante. Elle diminue ensuite. La proportion d’urée au litre diminue en raison inverse de la quantité de liquide sécrété, mais la proportion n’est pas

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