‹ Le Pronostic des Néphrites Chroniques et le LaboratoireChapitre 15 sur 33 · Association française d’urologie, octobre · texte numérisé non relu

Association française d’urologie, octobre

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exacte, et, en réalité, les deux reins sécrètent plus d'urine parce qu'ils sécrètent plus d'urée.

Lorsqu'un des deux reins est seul malade ou plus malade que l’autre, il modifie beaucoup moins ses fonctions: l’écart entre les deux glandes s’exagère surtout grâce aux variations fonctionnelles du rein sain.

Cette méthode, à laquelle le P'Albarran attache une très grosse importance permet d'affirmer, lorsqu'elle donne des résultats négatifs, que la perméabilité rénale est très diminuée. Encore faut-il pour qu'elle soit applicable que l'insuffisance de l'élimination aqueuse ne soit pas sous la dépendance d’un trouble circulatoire. Cette réserve faite, la méthode peut rendre des services : il ne faut pas lui demander des indications qu'elle ne saurait donner.

B. ÉLIMINATION D’UNE SUBSTANCE COLORANTE.— On a successivement étudié : 1° la fuchsine: 2° le bleu de méthylène ; 3° la rosaniline ; 4° l’indigo-carmin ; 5° la phénol-phtaléime.

1° Fuchsine. -- La première en date parmi les épreuves d'élimination colorée, celle de la fuchsine est due au P' Bouchard. Elle n'est guère employée et nous ne la mentionnons que pour mémoire.

20 Bleu de méthylène.— L'épreuve de élimination du bleu est due à MM. Achard et Castaigne !.

A l'état normal, le bleu injecté sous la peau à la dose de 0 gr. 05 apparaît dans les urines au bout d’une demi-heure ou d’une heure. Son élimination

A. Société méd. des hôpitaux, 30 avril 1897, 1% janvier 1898, 24 février 1899.

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augmente rapidement pour atteindre son maximum vers la troisième ou quatrième heure, et décroîl ensuite lentement et progressivement; elle dure de quarantesix à soixante et douze heures.

La marche de l'élimination est cyclique et régulière.

. Le colorant peut être éliminé sous forme de chromogène, facile à mettre en évidence dans les urines, sion les chauffe avec de l'acide acétique. IL est plus rapidement éliminé si le sujet est couché que s'il reste debout. On étudie pratiquement :

10 Le début de l'élimination ordinairement retardé, quand il existe de l’imperméabilité rénale ;

20 La quantité de bleu éliminée, généralement faible dans le même cas; |

3° Le rythme de l'élimination qui peut être polycyclique ou intermittente {affections hépatiques, maladies nerveuses, néphrites) au lieu d’être régulière (Chauffard) ;

4° Sa durée.

En fait, comme le rythme de l'élimination, sa durée, la quantité de colorant excrélé, peuvent être modifiés par bien des facteurs, en dehors de toute insuffisance rénale, c’est surtout le moment où le bleu apparait dans l’urine qu'il importe de préciser.

L'épreuve du bleu de méthylène a provoqué de très nombreux travaux souvent contradictoires. On sait, en effet, que cette élimination peut être normale dans certain cas de néphrites, parfois à évolution rapide. Widal et Lesné ont vu cette élimination se faire rapidement chez des lapins porteurs d’une néphrite épithéliale intense, expérimentalement provoquée par l'injection

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d'acide chromique. Bard et Bonnet !, Lemoine, Widal, Vaquez, Bernard, Achard lui-même, ont démontré que, dans les néphrites, dites épithéliales, le bleu s’élimine aussi bien ou même plus rapidement qu'à l'état physiologique.

Le rein amyloïde l’élimine normalement (Achard et Lœper). Plus rarement, il est vrai, les reins franchement scléreux peuvent se comporter de la même façon à son égard (Widal, Bard et Bonnet, Jouffray).

Inversement, dans quelques cas exceptionnels, (Achard et Castaigne, Albarran et Bernard), le bleu est irrégulièrement éliminé par les malades dont les reins sont normaux.

Pratiquement, cependant, si on met de côté les pyelonéphrites, les hydronéphroses et les formes chirurgicales de la tuberculose rénale, c'est surtout chez les malades porteurs de néphrite chronique qu'on observe un trouble de l’élimination du bleu. Encore ne peuton en déduire le degré n1 la nature des lésions rénales : il est à peu près impossible dans l’état actuel de nos connaissances, d'interpréter exactement les diverses données que l'épreuve fournit. Chacune d’elle, prise isolément, ne peut nous renseigner sur l’état ou le fonctionnement du rein. L'élimination retardée, d’une faible quantité de bleu, permet d'affirmer qu'il existe un certain degré d’imperméabilité rénale, mais non pas de porter un jugement sur l’ensemble des fonctions rénales, ni de préciser les caractères de cette imper-

1. Recherches et considérations sur les différences de la perméabilité rénale dans les diverses espèces de néphrites (Arch. gén. de méd., 1898).

lors

méabilité. Précieuse en chirurgie urinaire, la méthode du bleu de méthylène ne rend que peu de services en néphrologie médicale.

3 Rosaniline. — L'épreuve de la rosaniline, proposée par le P" Lépine! et son élève Dreyfus *, offre peut-être sur l'épreuve du bleu quelques avantages de technique. Elle donne des résultats analogues à ceux que fournit cette dernière, à quelque différence près, et ne peut guère être utile, pour établir le pronostic d'une lésion médicale chronique des reins.

C. MÉrnHoDEs QUI RECHERCHENT LA FAÇON DONT SONT ÉLIMINÉS UN OU PLUSIEURS SELS. — On a successivement uülisé dans ce but :

1° L'iodure de potassium ;

20 Le salicylate de soude.

1° Jodure de potassium. — L'épreuve de l'iodure de potassium, bien étudiée par le P' Lépine et par Lafave #, est beaucoup plus simple que les précédentes. Elle n'exige pas l'étude du moment où l’iode apparaît dans l'urine, puisque son élimination suit presque immédiatement l’ingestion du sel ; elle ne demande pas davantage qu’on se préoccupe du rythme de l’éhimination, ni de sa durée. On se contente d’en pratiquer le dosage dans les urines des 24 heures. Lorsque la perméabilité est sensiblement diminuée, l’élimination de l'iodure se prolonge et ne dépasse pas, dans la première journée, la moitié du chiffre normal ; lorsque

1. Lépine, Soc. de méd. de Lyon (Lyon médical, p. 251 et 573). Ibid., Congrès de Montpellier, 1898.

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