Thèse de Lyon
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sa durée etsa marche, habituellement cyclique et régülière, n’ont qu'une importance relative.
Il n'en est pas de même de la quantité de sucre éliminé. On distingue à ce point de vue :
1° La glycosurie régulière, lorsque la quantité totale de sucre éliminé varie de À à2 gr., la limite inférieure de la glycosurie normale étant de 50 cgr. et sa limite supérieure de 2 gr. 50;
20 L'hypoglycosurie ou l’anaglycosurie:;
3° L'hyperglyclosurie, avec élimination dépassant 2 gr. 50 de glucose.
Achardet Delamare, Pugnat et Revilliod, Albarran, pensent que la glycosurie est le plus souvent irréguhère chez les malades dont les reins sont lésés : c'est alors, à leur avis, dans la plupart des cas, l’hypoglycosurie que l'on peut observer. Exceptionnellement toutefois, pour ces auteurs, l'épreuve de la phloridzine peut donner des résultats normaux, malgré l'existence incontestable de néphrite chronique. Réciproquement, la glycosurie expérimentale peut se trouver modifiée par un trouble passager de la fonction rénale (Achard et Delamare, Albarran): l'hypoglycosurie est moins souvent observée que l'hyperglycosurie; celle-ci peut se rencontrer au cours des affections aiguës où chroniques les plus diverses (pneumonie, fièvre typhoïde, rhumatisme articulaire aigu, néoplasmes, éthylisme, rhumatismes chroniques, etc.).
En fait, l'hypoglycosurie ou l’anaglycosurie accompagnent les affections rénales les plus diverses. Elles se voient aussi bien au cours d’un ictère bénin avec albuminurie passagère, que dans les néphrites chro-
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niques les plus graves. On les rencontre chez les asystoliques albuminuriques, comme chez les malades dont les reins sont atteints de dégénérescence épithéliale. De plus, la quantité de sucre éliminée n’est pas en rapport avec le degré des altérations anatomiques du rein. Cette constatation enlève déjà, en ce qui concerne le pronostic d’une affection rénale pure, toute valeur à l'épreuve de la phloridzine. On ne peut se rendre compte du degré des lésions d’après la quantité du sucre éliminée. |
L'anaglycosurie elle-même, qu'on observe pratiquement dans la plupart des cas, ne permet pas d'affirmer que les reins sont très sérieusement atteints, el n’entraîne pas forcément un pronostic à réserver (Achard et Delamare).
M. le professeur Teissier ! avait remarqué depuis longtemps que l’épreuve de la glycosurie phloridzique donnait, chez les brightiques purs, des résultats en apparence paradoxaux, et peu conformes aux conclusions d'Achard et de Delamare. Son élève Rebattu a, dans sa thèse ?, entièrement repris la question, et après avoir observé de très nombreux cas, arrive à des conclusions diamétralement opposées. C’est ainsi qu'en examinant 19 malades, atteints de néphrites chroniques, sans lésions ni troubles hépatiques, il a trouvé chez tous, sans exception, une glycosurie phloridzique normale. Il a pu constater en revanche que chez la plupart des tuberculeux cavitaires à foie gras et dégénéré, cette épreuve était négative ; presque tous
1. Société médicale des hôpitaux de Lyon, 29 janvier 1910. 2. Loc. cit.
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les sujets examinés présentaient de l’hypo ou de l’anaglycosurie. Il en a été de même chez les asystoliques avec foie cardiaque, les cirrhotiques, c’est-à-dire chez tous les malades dont le foie est insuffisant ou dégénéré. Enfin, chez les malades porteurs de lésions hépatorénales associées, la plupart tuberculeux, les résultats ont été très variables. De ses observations, Rebattu üre cette conclusion que le pronostic doit toujours être réservé chez un malade, quel qu'il soit, lorsque l'épreuve de la glycosurie alimentaire est négative : on peut alors affirmer, en effet, l'insuffisance hépatique, le plus souvent définitive. La glycosurie phloridzique ne peut donc servir au pronostic du Mal de Bright que si celui-ci évolue chez un malade dont le foie est lui-même atteint(congestion, cirrhose, dégénérescence). Elle ne renseigne pas sur l’état du rein lui-même, 1solément considéré; elle n’est pas, comme on l'a cru longtemps, un moyen des plus sûrs d'étudier la valeur fonctionnelle du rein, considéré comme glande active et non pas comme un simple filtre.
De ce que nous venons de dire, il suit logiquement que, chez des malades dont le rein est devenu imperméable, la constatation d'une glycosurie phloridzique positive est d’un meilleur pronostic que celle de l’anaglycosurie. Quel que soit le mécanisme physiologique de cette glycosurie expérimentale, 1l n’en reste pas moins certain qu’elle ne peut se produire que chez des malades dont le foie est au moins relativement sain. Cette déduction a évidemment son importance (Teissier) !.