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LE PRONOSTIC D'UNE NÉPHRITE CHRONIQUE

Ce long exposé terminé, que doit-on en retenir ? Comment peut-on, en pratique, utiliser les méthodes proposées, pour arriver à établir un pronostic rationnel ? Nous croyons que l’on doit distinguer, à priori, deux cas, selon que le malade considéré est ou n'est pas en état d’urémie manifeste ; la conduite à tenir diffère du tout au tout.

Lorsque le malade n’est pas urémique, il importe évidemment avant tout d'établir quelle est la valeur fonctionnelle de ses reins et comment leurs lésions peuvent être compensées ou supportées. Pour atteindre ce but, le clinicien doit commencer par rechercher de quelle façon le malade élimine les chlorures et les substances azotées qu'il ingère : la cryoscopie urinaire, l'épreuve de la chlorurie alimentaire spontanée, celle de l’azoturie, avec l'étude de l'indice de rétention azotée, lui permettront d'obtenir ce résultat. Plusieurs analyses d'urine seront nécessaires : on devra tenir compte, en appréciant les données qu'elles fournissent, du bilan des aliments ingérés et absorbés. L'étude qualitative de l’albumine excrétée permettra de se rendre compte des modifications dyscrasiques du milieu intérieur. L'épreuve de la glycosurie phloridzique, en renseignant sur l'état du foie, indiquera quels sont les moyens de défense du malade considéré.

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Si celui-ci devient urémique, il faudra surtout apprécier le degré de l’auto-intoxication : le dosage de l’'urée dans le sang et le liquide céphalo-rachidien devra être pratiqué. L'étude de la glycosurie phloridzique offrira les mêmes avantages que précédemment. Mais celle du syndrôme urinaire passera au second plan. Elle reprendra son importance si le malade survit à sa crise : il faudra alors, en effet, prévoir et prévenir leur répétition possible ou leur gravité probable.

Est-1l besoin d'ajouter que ces recherches, longues et difficiles, ne doivent pas faire passer au second plan l'étude clinique proprement dite du malade considéré ? Le pronostic d’une néphrite chronique dépend presque autant de l’état du système cardio-vasculaire que de celui des reins ; il ne peut être établi sans qu’on tienne compte, d'autre part, de l’état des autres grands appareils. La clinique reprend ici toute sa supériorité : elle ne saurait être séparée du laboratoire ; ceci est tellement évident qu'il serait puéril d’insister.

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