‹ Le Pronostic des Néphrites Chroniques et le LaboratoireChapitre 5 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les néphrites chroniques constituent un groupe essentiellement polymorphe, en ce qui concerne leur symptômatologie, comme en ce qui touche à leur évolution. Quelle différence entre la sclérose rénale d’origine goutteuse, si facilement tolérée pendant de longues années, et ces formes infectieuses ou toxiques du mal de Bright, qui, en quelques mois, conduisent les malades à l’urémie, aux œædèmes, à l’asystolie! Il est à remarquer, à ce propos, combien il est difficile de baser le pronostic d’une affection médicale chronique des reins sur son étiologie, même lorsque celle-e1 est bien connue. La scarlatine, par exemple, peut, lorsqu'elle frappe la glande rénale, ne donner qu'une albuminurie résiduale ou cicatricielle, comme elle peut entrainer la production d’une néphrite intense, avec complications cardio-vasculaires graves. Aussi, l’attention des urologues s’est-elle portée, en ces dernières années, depuis que la clinique et le laboratoire marchent étroitement unis, vers le perfectionnement des méthodes destinées à nous renseigner sur la valeur fonctionnelle des reins. Médecins et chirurgiens ont étroitement collaboré pour essayer d'apprécier l'étendue des lésions néphritiques et leur évolution probable. Leurs efforts ont fait éclore un grand nombre de procédés, dont beaucoup n'ont eu qu'une valeur éphémère. D'autres, plus rationnels ou plus pratiques, ont subsisté : aucun n’a pu être utilisé à l’exclusion des autres, ce qui laisserait supposer que nous ne pos-

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sédons, à l’heure actuelle, aucune méthode capable d’indiquer exactement l’état des reins d’un malade à examiner. Ceci est exact : la sécrétion urinaire est extrêmement com-

plexe ; la physiologie en est encore mal connue. On ne

, peut demander à un procédé d'examen, isolément considéré, d'étudier l’ensemble de ces fonctions.

Ceux qui ont été successivement proposés se réclament cependant d'un principe physiologique. On ne peut les juger raisonnablement qu'à condition d’avoir bien présentes à l'esprit les lois qui régissent l'élimination urinaire et que nous connaissons. Le rein est à la fois une glande à sécrétion externe et une glande à sécrétion interne. Celle-ci existe ; mais si l’on sait remédier à son insuffisance (sérum de veine rénale et traitement des états urémiques), on en ignore absolument la nature et les effets. C’est uniquement à la sécrétion externe du rein que s'appliquent les méthodes que nous allons étudier. Suivant le mode d'action qu'il exerce, le rein peut être envisagé comme un simple organe de filtration, ou comme une glande douée d'une activité propre. La composition de l’urine, le taux des substances qu’elle renferme, la nature des corps qu'elle ne contient pas normalement peuvent permettre de se faire une opinion sur l’état anatomique de la glande qui l’a sécrétée. Mais, en tant qu'organe éliminateur, le rein est sous la dépendance de tous les autres grands appareils. La composition de l'urine varie avec celle du sang : le rein n’élimine, en fait, que ce que charrie le torrent circulatoire, et, lorsqu'il est sain, il élimine tout ce qui lui est offert, sous une certaine forme et à un certain taux. Plus la tension artérielle est élevée, plus l'élimination urinaire doit être active, pourvu que les capillaires rénaux restent perméables.

On a cru longtemps que l’urine contenait surtout les matériaux résultant de la désassimilation des tissus. Il est

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certain aujourd’hui que sa composition dépend surtout du régime alimentaire : « Un individu sain, en état d'équilibre nutritif, et dont le poids ne varie pas, élimine par ses émonctoires exactement autant de matériaux qu'il en a absorbés » (Marcel et Henri Labbé). Les analyses d'urine n'ont de valeur que si elles permettent d'établir une comparaison rigoureuse entre les ingesta et les excreta. Il est évident toutefois que, si l'excrétion urinaire est fonction de l'ingestion, elle est surtout et avant tout fonction de l’absorption : on ne peut expliquer par l'insuffisance rénale une hypoazoturie due à un trouble de la fonction pancréatique, par exemple. Dans les cas douteux, il ne faut jamais manquer d'établir le rapport entre l’azote urinaire et l'azote fécal, en les comparant l’un et l'autre avec l’azote ingéré.

Parmi les lésions des glandes annexes du tube digestif, il en est qui sont surtout importantes à déceler : ce sont celles du foie. On n'ignore pas, en effet, la remarquable synergie qui existe entre les reins et la glande hépatique, et combien le pronostic devient sombre lorsqu'ils sont touchés simultanément. Enfin, l'influence du système nerveux sur la sécrétion urinaire est incontestable, bien que mal connue : il faut en tenir compte, lorsqu'on veut étudier celle-ci pour apprécier l’état anatomique des reins et leur valeur fonctionnelle.

Ceci dit, nous pouvons diviser en trois catégories les méthodes d'exploration des fonctions rénales à l’état pathologique :

1° Les premières, basées sur l'examen des urines, en étudient les propriétés physiques et la composition.

20 Les secondes recherchent comment le rein se comporte vis-à-vis d’une substance étrangère à l'organisme et qu'il doit éliminer du torrent circulatoire. Ce sont les méthodes dites de « l'élimination provoquée ».

3° Les troisièmes, surtout utiles lorsqu'on se trouve en

le den en étudiant 1 nn ou Le propriétés du

. sanget du liquide céphalo-rachidien, dans lesquels s’accu- Ç mulent les principes que le rein ne peut rejeter. Elles ont + Sp une grosse importance en ce qui concerne le pronostic des états urémiques. | |

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