OBSERVATION XI
Il s’agit d’une petite malade examinée par M. le docteur Beauvieux qui à bien voulu nous communiquer les renseignements suivants
Mme L..., accompagnée de sa petite-fille, âgée de 3 ans 1/2, vient consulter le docteur Beauvieux en octobre 1913. La grand’mère se plaignait d’un larmoiement et telle était la raison qui avait motivé la consultation. Au cours de celle-ci, le docteur Beauvieux, en regardant par hasard l'enfant placée à contre-jour, remarqua le reflet de l'œil de chat à l’œil gauche de la petite-fille. Croyant s'être
trompé, il observa plus attentivement, tout en causant avec la grand”-
mère. Chaque fois, sous une certaine incidence, le même reflet appa-
raissait. Intrigué, il demanda à Mme L.. si la famille n'avait pas remarqué cetle particularité. On lui dit qu'en eflet, on avait été frappé par ce fait, mais qu'aucune importance n’y avait été attachée, l'enfant étant en excellente santé et rien ne pouvant faire supposer chez elle la moindre affection.
L'examen ophtalmoscopique fut immédiatement pratiqué et montra en bas et en dedans une tumeur d’un blane grisâätre occupant à peu près le quart de la surface rétinienne. La région du pôle postérieur et de la macula était encore préservée, si bien que l’enfant paraissait avoir encore une acuité visuelle très satisfaisante, reconnaissant en eîlet les plus petits objets, les personnes qui l’entouraient. Le corps vitré élail très transparent, mais, en regardant avec soin, on constatait déjà à la surface de la tumeur des petits prolongements flottant au-devant d'elle. L’œil droit était intact.
Le diagnostic s’imposait. La grand’mère fut invitée à prévenir la
famille que le docteur Beauvieux désirait lui parler. Le père et la:
mère furent mis au courant de la gravité de l'affection et de la nécessité d’une énucléation hâtive, malgré la conservation de la vi. sion. Très surpris el alterrés, les parents demandèrent à réfléchir et consultèrent d’autres spécialistes qui tous furent du même avis. ‘
L'énucléation de l'œil suspect fut acceptée et pratiquée le 3 novembre 1913 par le docteur Beauvieux avec l’aide du professeur Lagrange. L'opération terminée, sous chloroforme, une greffe d’œil de
lapin fut tentée suivant la technique inventée par M. le professeur
Es r F.
; se.