‹ Le Propagateur du magnétisme animal. Tome secondChapitre 30 sur 33 · TRAITEMENS MAGNÉTIQUES FAITS PAR DES PRETRES · texte numérisé non relu

TRAITEMENS MAGNÉTIQUES FAITS PAR DES PRETRES

M. ML. de la Marne, ne veut pas absolument que e magnétisme soit un agent naturel, il a besoin

pour expliquer ses effets, de faire intervenir le diable, dont il nous suppose les véritables suppôts. Son caractère de prêtre dévi ait cependant lui donner plus de charité 5 et il devrait au moins, avant de lancer ses diatribes dans le public, s’informer si des religieux ne nous avaient pas donné l’exemple du mal que nous faisons aujourd’hui, en préconisant notre moyen de guérir. Pour éviter des recherches à M. de la Marne, chaque n° de notre journal contiendra quelques cures faites par des personnes revêtues d’un caractère sacré. Peut-être les enveloppera-t-il dans la même damnation. En ce cas, il aura fort à faire j car il en existe à notre connaissance plus de 5oo. Parmi ces guériseurs , se trouvent des évêques, des archevêques et un cardinal, etc. Nous faisons des voeux pour que la contagion en gagne un plus grand nombre et jusqu’à M. M... de la Marne luimême espérons qu’ils seront exaucés ; en attendant cet heureux moment, voici des extraits de traitem en s où les soins de dignes prêtres ont eu les plus heureux succès.

Extrait cVune lettre écrite par le Révérend Pire Gérard y Supérieur-Général de V Ordre delà Charité ; au PèrePellerin , Supérieur de la Maison de Mont- Rouge , datée de la Rochelle y le i5 Juin ij84.

c< J’ai fait un miracle dans ce pays-ci, dont tout

l’honneur revient à M. Mesmer, et qui donne la plus haute opinion de sa découverte. Monsieur le comte de la Tour-du-Pin , lieutenant-général, commandant en cette province , est venu visiter notre hôpital : je l’accompagnai dans la salle des soldats, au moment où l’on donnait l’extrême-onction à un jeune homme infiltré depuis la tête jusques aux pieds, et dont la respiration était si laborieuse depuis trois jours, qu’on était obligé de le tenir presque debout dans son lit. Le médecin ayant dit à M. de la Tour-du-Pin, qu’il était sans ressource ; ce dernier, qui sait que je suis instruit du magnétisme, m’a engagé à tenter la cure du malade, ou du moins de le soulager. Je n’ai pu résister à ses instances, mais je vous avoue que j’entrepris le traitement avec répugnance, parce que je craignais , que le malade ne me périt dans les mains. Le contraire est arrivé, à mon grand étonnement. Dès la nuit suivante le malade urina abondamment ( ce qu’il n’avait pas l'ait depuis vingt-quatre heures ), et il alla trois fois à la garde-robe. Depuis ce jour, les évacuations se sont soutenues, les bras, les jambes, qui étaient d’une énorme grosseur, sont dans l’état naturel. Le malade se promène , boit et mange bien. L’état-ma» jor est venu me voir , me remercier ; tous les officiers du régiment en ont fait autant, M. le comte de la Tour-du-Pin a publié ce miracle dans toute la province, et cela m’attire tant de malades, que je Suis obligé de m’enfermer,

Lettre de M. l'abbé Berthier, chanoine théologal, adressée d iWT. le marquis de Puységur .

De Serour en Auxois , le i3 septembre I7$5.

Monsieur,

Je n’avais pas osé m’adresser directement à vous pour obtenir la permission de communiquer le secret du magnétisme que j’exerce sous vos auspices , depuis plus de six semaines. Les succès que j ai eus m’attirent plus de malades que je ne peux en traiter, je vous aurai donc la plus grande obligation, Monsieur, si vous voulez bien m’accorder la permission de me donner des coopérateurs, et de me prescrite les conditions que vous exigez pour cela. J’ai de mes confrères, des médecins , des chirurgiens, des citoyens honnêtes, instruits et sages, qui, en assistant aux traitemens, se sont convaincus qu’il y a un agent; ils attendent le mot, et je ne désjre pas moins pouvoir le leur dire très promptement, car je nai pas un moment à moi.

J’ai reçu hier une lettre de monsieur deSancyqui me mande que mon frère, capitaine dans votre régiment, doit pouvoir remplir le juste désir que j’ai de m’associer plusieurs personnes , tant pour me soulager que pour augmenter le lien, et Unie le mande d’après une lettre qu’il a reçu de vous. Par la meme poste, mon frère me mande de m’adresser directement à vous. Voilà, Monsieur, ce qui augmente ma

confiance pour la demande que j’ai l’honneur de vous faire.

\ ous serez peut-être bien aise de connaître le bien que vous m’avez mis à portée de faire, ce sera une jouissance, etc...

Un de mes confrères ayant un mal de tête continuel depuis quinze ans , avec des redoublemens qui le rendaient incapable de rien, surtout dans les mauvais temps , a été magnétisé une vingtaine de fois ; il se trouve maintenant tellement soulagé, qu’il ne souffre plus que légèrement lorsque le temps veut changer; il continue et espère être bientôt entièrement guéri.

Un jeune homme avait la fièvre tous les jours; en quatre traitemens elle s’est dissipée.

Une fille de vingt ant avait à la tête et à l’oreille une douleur continuelle et très vive depuis quinze jours; elle craignait que ce ne fût une rechute des memes maux qui lui avaient dure l’année passée et le commencement de celle ci, pendant quatorze mois. Elle est venue quarante fois au traitement, la douleur a toujours cede au traitement, mais dans les coinmencemens elle revenait sur-le-champ : peu à peu les accès ont retardé, et enfin au bout de vingttrois jours, ayant vomi les six derniers, elle a été complètement guérie.

Un autre de mes confrères, sujet à des coliques qui mettaient sa vie en danger, en avait des ressentimens tous les jours depuis trois mois : ils ont cessé, des le second traitement, d’être journaliers; ils sont

revenus deux fois en trois semaines, ils ont toujours cédé au traitement.

Une pauvre femme vint il y a huit jours avec un bras qui paraissait entièrement perclus par un refroidissementjsesdoigts ne pouvaient pas se remuer: des le premier traitement elle les remua, et elle va beaucoup mieux.

Un notaire, âgé de cinquante ans, avait été refroidi dans les neiges l’hiver dernier; à force de remèdes, il était débarrassé en partie d’un rhumatisme qui le rendait entièrement perclus, mais il ne pouvait pas porter ses bras, surtout le gauche, plus haut que l’épaule ; il a été guéri en deux traitemens.

Jugez, Monsieur, d’après ces faits, de l’affluence que j’aurais, si je pouvais traiter ceux qui s’adressent à moi; mais je ne peux donner au magnétisme que cinq heures par jour, etc.

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