Ainsi préparés, les chefs de la religion doivent
s’entourer de la population entière, sans distinction de sexe, de condition ou d'âge, depuis le vieillard jusqu’à l'enfant à la mamelle. Dans ce but, ils doivent consacrer un jeüne solennel, qui sera le premier acte de cette humiliation nationale que réclame le prophète. — WT? étre pur, être saint, Piel TP tenir pour saint, déclarer saint, consacrer, ici impératif Piel. Si l’on rend par sanctifier, ce sens correspond à l’idée que nous exprimons par les mots: sancüfier le sabbat, le dimanche, c’est-à-dire célébrer avec une intention religieuse, consacrer à Dieu.
Q\X jeûne, rac. D\X jeüner. C’est le jeûne qui accompagne toujours un deuil public, sans pourtant que personne y soit légalement contraint, excepté le jour des expiations, seule circonstance où le jeûne soit formellement prescrit. Il ne devait pas se prolonger au-delà d’un jour, d’un soir à l’autre, Lév. XVI, 29; XXIILI, 27. 29. 32. Actuellement encore, les Juifs observent ce jeûne du jour des Expiations; ils l’étendent à 28 heures, c’est ce qu’on appelle «le long jeûne». Il est à remarquer que le mot EX, souvent usité dans les livres historiques et les prophètes, ne se trouve pas dans le Pentateuque. L'idée du jeûne y est exprimée par la périphrase Ÿ22 52y, rendue par humilier, affliger l'âme; cette dernière expression équivaut au terme plus moderne de EX qui lui fait parallèle dans És. LVIII, 3. Dans le Ps. XXXV, 13, les mots du Pentateuque sont complétés et expliqués par l'addition de DŸX2 : j'affligeai mon âme par le jeûne. Il semble, toutefois, que l'expression employée dans le Pentateuque renferme en outre une idée d’humiliation morale associée à l’acte matériel du jeûne. Cepen-
dant, il faudrait se garder de prendre Ÿ23 dans le sens d'âme; le terme n'indique ici que la personne même, l'être même, l'individu. — MS assemblée, rac. VSD fermer, enfermer, retenir. Hiphil, éfre réuni, assemblé ; le substantif, qui se trouve plus souvent sous la forme MST, signifie assemblée, réunion, surtout celle de jours de fête ou de solennité, c’est-à-dire celle convoquée pour un but religieux comme ici, une assemblée solennelle dans le temple. Es. I, 13; Amos V, 21. C’est la xavryvars, l'assemblée générale et solennelle du peuple. Le prophète s’adresse 1ci directement aux prêtres qu'il charge de faire cette convocation dans le temple. — #11 M2 acc. de lieu, pour 122, dépendant de 20N. Le mot anciens ne saurait être pris 101 comme un vocatif, ainsi que l’ont entendu quelques interprètes. C’est aux prêtres que s’adresse le prophète et non aux anciens comme au verset 2. Les prêtres, les anciens, c’est-à-dire les magistrats de tous ordres et le peuple, représentent toutes les classes de la nation que les prêtres sont chargés de convoquer, voir II. 16. vw ?N PDT et criez à l'Éternel. Le prophête s’adressant aux prêtres, ce sont eux qui, au nom de l’assemblée, doivent faire entendre une prière qui, dans la circonstance, et comme l'indique le verbe PPT, doit être un cri de l’âäme, l'expression d’une poignante douleur et avoir pour but d’obtenir le pardon et la délivrance et surtout la préservation des maux qui doivent accompagner le grand jour de l'Éternel dont la présente épreuve laisse pressentir la prochaine apparition.
15. — MAIN, interjection exprimant la douleur mêlée d’étonnement et de crainte, ah! oh! une fois employée
seule 2 Rois IT, 10. Le plus habituellement, elle se rattache directement à ce qui fait l’objet de la crainte ou de la douleur, Jos. VII, 7; Jug. VI, 22; dans notre texte, elle se rattache à ce qui suit par le préfixe ?. Dans Ez. XXX, 2 ce mot se présente sous sa forme simple fn. Le mappik, qui a pour effet de rendre le ñ mobile, en fait ressortir la prononciation gutturale qui convient bien à notre interjection : Ah! quel jour! — On rencontre ici, pour la première fois dans l’ordre chronologique de la littérature prophétique!, une expression fréquemment employée par les prophètes postérieurs à Joël; dans la théologie de l'Ancien Testament, elle rappelle une idée qui, par un développement progressif, trouve sa forme complète dans le grand dogme de l’eschatologie chrétienne. Il vient un jour, solennel entre tous, où, à la suite d’une catastrophe sans pareille, le bien triomphera du mal par une intervention directe de Dieu; de là pour ce jour l’épithète de jour de l'Éternel, mr 2h. L'idée d’une justice divine s’exerçant contre le mal et en triomphant, l’idée de la destruction finale des méchants et du rétablissement du bien dans la création de Dieu, appartient à toutes les époques de l’économie de l’Ancien Testament. Elle se révèle déjà clairement dans la promesse de salut faite à l’homme déchu, Gen. IT, 15 ; toute l’histoire biblique en est pénétrée et quelques-uns de ses faits en sont plus particulièrement une éclatante confirmation. Mais, pour la première fois avec Joël, cette idée généralement admise revêt le caractère précis
1 Cette expression se rencontre déjà dans Abdias (v. 15), qui est, selon toute probabilité, antérieur à Joël d’une vingtaine d’années, voyez l’Introduction (A.-J. B.). |
d’un dogme ayant désormais pour formule l’épithète dont se sert ici le prophète, celle de jour de l'Éternel, expression destinée à rappeler une intervention directe de Dieu en vue de mamifester sa justice dont il assure le triomphe par la ruine totale de ses ennemis. — A l’idée du n° OV se joint toujours celle de sa proximité. Ce jour est proche, 2NP. Sans vouloir indiquer un moment précis, le prophête à pourtant en vue une époque assez rapprochée, celle de la présente génération. N12° litt. 7 viendra, 11 n’est pas encore arrivé, mais il arrive, w vient; le prophète non seulement Le pressent, mais il l’entrevoit s’avançant comme une furieuse tempête dans laquelle se révêle la puissance dévastatrice du Tout- Puissant. *ÿ violence, oppression, ruine, dévastation. Ici dans un sens métonymique, l'effet étant pris pour la cause. Rac. 77% être fort, agir violemment, dévaster. Particule de comparaison, comme, comparable à, telle que peut l'être une dévastation procédant du Tout- Puissant. ”3© Tout-Puissant, mavyroxoarwp, épithète le plus souvent jointe en prose au nom DN, Dieu, et qu'on trouve surtout dans la période patriarcale. En poésie, 1% s'emploie toujours seul et rappelle l’idée de la force en Dieu, force qui contraint et souvent brise ce qui lui résiste. Quant à la forme grammaticale de ce mot, terminaison - avec voyelle brève, on ne sait comment l’expliquer. Il se peut que ce soit une forme archaïque dont il existe plusieurs exemples, surtout dans les noms propres, tels que 2”, 17, °0. D’autres y voient une forme plurielle avec suffixe 1° pers., analogue à la forme ‘IN; le mot signifierait «mes puissants» de là «mon Diéu puissant», puis le «Tout-Puissant». Voir
Gé LE PROPHÈTE JOEL
Gesenius, Thes. p. 1366. Dans les prophètes, on ne le rencontre que trois fois: 1C1, És. XIII, 6 et 1072 EL, 24: Le passage d’Ésaïe est une répétition presque littérale de ce v. 15 de Joël. Cet emprunt des paroles d’un pro- phête par un autre se rencontre souvent; chez les successeurs de Joël l'expression 7117? DŸ est d’un usage fréquent. — 7ù et ”1Ù ont la même racine 710, et, comme on peut le remarquer, ils font ici une espèce de jeu de mots : Dévastation et Dévastateur, qui est tout à fait dans le goût de la poésie hébraïque. Toutefois, dans ce passage, c'est bien plus sur la pensée que porte ce jeu poétique que sur la ressemblance des mots, qui dans notre verset ne présentent pas cette parfaite assonance que l’on rencontre si souvent ailleurs.
16. — Reprise de la description interrompue depuis le verset 13. C’est l’un des plus beaux traits de la composition de Joël, en particulier dans ce premier chapitre, que ces suspensions dans le récit, pour faire entendre . un appel, une exhortation, une plainte ou une prière. Ainsi se trouve évitée la monotonie d’une narration trop prolongée. Toute joie a disparu, elle s’est évanouie du milieu des enfants des hommes (v. 12) dont la détresse est extrême par suite du double fléau des sauterelles et de la sécheresse; plus de joie même dans la maison de Dieu par l'impossibilité où l’on est d’y apporter les sacrifices habituels (v. 9) dont la célébration était souvent accompagnée de joyeuses démonstrations de
1 Voy. là-dessus, Herder, Génie de la poésie des Hébreux, trad. Carlowitz, p. 464.
musique et de chants, 1 Chron. XIII, 8; Ës. XXX, 29; Amos V,23, mais non de danse, comme le supposent certains commentateurs, car on ne pourrait citer un seul exemple de sacrifice fait au temple avec accompagnement de danse. — N?7 nonne? sous cette forme l’interrogaton ne laisse attendre qu’une réponse affirmative. Ewald, S324, b. — à prépos. devant — 32? qui ne se trouve pas employé dans Joël; rac. 733 au Qal inus. en hébreu; en arabe, elle signifie éfre élevé, paraître, d'où l’hébreu 33 un prince, un chef. Devant nos yeux, c’està-dire nous pouvons le voir clairement de nos propres yeux. — ?2N nourriture, ce qui se mange. Plus particulièrement les céréales, Hab. IT, 17, frumentum. Ici, surtout ce qui est mentionné v. 10. — M2 couper, retrancher, hph. éfre retranché, périr, étre perdu — TN I, 11. — "20 la joie. L’hébreu à beaucoup de mots pour rappeler l’idée de joie, mais il est difficile, souvent même impossible, d'exprimer la nuance particulère de chacun de ces noms. Joël en a employé trois, MOÙ I, 12, MAY et ©3 I, 16. Ces deux derniers rappellent plus particulièrement une joie bruyante, comme l’indiquent les racines verbales arabes qui signifient danser, sauter de joie, sautiller. La racme 0, d’où NÈŸ, à son correspondant en sanscrit: çag, qui signifie bondir, sauter, d’où le nom caca, un lièvre. La racine MAD veut dire: se réjouir, se livrer à la joie, mais généralement il s’agit d’une joie plus calme que celle rappelée par les deux autres mots. L'idée primitive paraît être dans le sens intransitif où l’on trouve ce verbe employé, Prov. XIIT, 9 : la lumière du juste, est-il dit, MA? non : réjouira on se réjouira, mais est joyeuse,
c’est-à-dire est ardente, brille clair; c’est donc une joie qui se révèle par un visage serein. La joie que rappellent les expressions TDÙ et 7} ne différe de celle appelée Ma que par le degré d’intensité dans la manifestation; celui, par exemple, que nous constatons entre une Joie calme et simple et l’allégresse ou le transport Joyeux, Job IL, 22 etc. TU et 553 ont à peu près le même sens, seulement 5x appartient exclusivement à la poésie. Dans l’usage, Les écrivains ne tiennent pas toujours strictement compte de cette gradation que nous venons d'indiquer. Mais, malgré ces licences ou ces négligences, subsiste toujours la distinction que fournit le sens étymologique des racines, sens d’après lequel Joël dispose ici parfaitement ses mots.
17. — La sécheresse à eu des effets aussi désastreux que l’invasion des sauterelles; celles-ci ont détruit la moisson sur pied et la sécheresse enlève toute espérance pour une prochaine récolte; car les semences ont séché sous leurs mottes. L'interprétation de ce verset présente quelques difficultés par suite de plusieurs mots qui ne se trouvent qu'ici et dont 1l n’est pas facile de déterminer exactement le sens; ainsi tout d’abord : 22 (dr. Ley.). Si l’on rattache ce verbe à la racine araméenne #2), on obtient le sens assez généralement accepté de se corrompre, se putréfier; mais si l’on prend la racine arabe abesa, il faut traduire alors par sécher, sens préférable au premier, car, comme il s’agit ici de blé en terre pendant un temps de sécheresse extrême, l’idée ne saurait être celle de corruption, occasionnée par l’humidité, mais celle de desséchement du germe par suite de l’ari-
dité du sol. #9ÿ équivaudrait à 2° exaruit, — DITS ar. ley.; d’après la racine verbale T2, séparer, répandre, disperser, ce nom doit signifier graines, semences, comme le syriaque peredta. — BPNEV àx. ley. La racine de ce nom est A3 enlever, emporter, balayer. Employée Jug. V, 21. Le nom doit signifier ou une chose qui balaie, qui enlève, c’est ainsi qu’en araméen MEŸV désigne un balai; ou bien, dans un sens passif, quelque chose qui est enlevé, balayé. De la même racine est formé, avec N prosthétique, le nom AN, qui signifie le poing, pugnus (Ex. XXI, 18; És. LVIII, 4), de l’idée des doigts ramassés sur eux-mêmes. Les exégètes, à l'exemple des anciens commentateurs juifs, ne sauraient donc mieux rendre ce nom que par motte de terre, résultant du travail du cultivateur, lorsqu'avec un instrument quelconque 1l ramène la terre pour couvrir la semence et en assurer ainsi la germination. C’est ce que donne à entendre l’expression: leurs mottes. VA) 3° pl. Prét. Niphal de Ê£Û. Pour se faire une juste idée de ce que veut dire le prophète, 1l faut bien comprendre le sens de ce verbe, qui est celui d’être éonné, interdit, ébahi ; c’est l’idée du silence complet causé par un sentiment d'horreur ou d’étonnement. Les greniers privés de blé restent vides, désolés, c’est-à-dire sont laissés à l’état de solitude et comme immobiles de stupeur, Éz. XX VII, 85. Ces greniers vides, ces granges en ruines donnent à comprendre que l’épreuve durait depuis assez longtemps. Les verbes au parfait de ce verset reportent également vers un passé plus ou moins éloigné. 103 Niphal de 0"; les syllabes D ou ÿ? entrent dans la formation de plusieurs verbes exprimant l’idée de détruire, renverser,
rompre, en grec érjoow, all. reissen. Ici, sens passif du Niphal. — NXR plur. de VS rac. VEN cacher, accumuler. Le substantif indique tout d’abord ce qui est caché, de là wn trésor, puis le lieu où l’on cache ou dépose une chose, un promptuarium, un magasin, 1c1 un grenier, horreum. — PNY àx. key. plur. de 28 grange. La racine de ce nom peut être 3 ou 2; l’un et l’autre donnent la mème idée; le premier, par l’un de ses sens (rassembler, congregare), le second par celui de jeter, lancer, ne nous permettent d'entendre sous ce mot que quelque chose de semblable au nom précédent, auquel il fait parallèle: un lieu où l’on amasse, où l’on jette du blé. D'ailleurs, sous une forme plus simple, 1142, on trouve ce mot avec le sens incontestable de grenier, Age. IT, 19. Gesenius veut que AŸ322 soit, pour la forme, un dénomimatif de V2 avec un % qui serait préfixe ou préformante locale suivie d’un daghesch euphonique dans le % suivant, de même que ni?32, l'endroit où l’on place les pieds, vient de PA. La Vulgate n’a pas compris ce verset et les LXX n’avaient peut-être pas le même texte (voir Capelle, 268).
18. — Soufirances du bétail. — "N3 à l’'Hiphil, seule forme sous laquelle existe le verbe MN, gémir, soupirer. — M2 bestia, bétail, d’un rac. inus. 272, qui, en arabe, signifie fermer (la bouche), se taire, être muet. Ce nom désigne donc un être privé de la parole et généralement le gros bétail. — 1323 Niph. de 12, imus. au Qal, éfre troublé, errer dans le trouble. On se représente le bétail souffrant du manque d’eau et de pâturage, errant de tous côtés en mugissant. —
TJ) troupeau, litt. rangée, file, de la racine V1}, disposer, ranger. — p2 collect. bœufs, dans le sens du latin bos, des deux genres, comprenant ainsi des mâles et | des femelles. Rac. 792 inus. au Qal; la voix Piel, là où on la rencontre, ne présente aucun sens auquel on puisse rattacher ce nom. C’est l’arabe quile fournit: bakara, fendre, ouvrir, idée d’une application facile au travail de la terre. — fY 2 pâturage, de la racine NY paître. — D3 dans le sens de même, adverbe. La disette est si complète que non seulement le gros bétail manque de tout, mais même le menu bétail, moins avide et qui se contente de la nourriture la plus chétive, ne la trouve pas. — NX collect. menu bétail, l'opposé de 792 et, comme lui, sans distinction de sexe; le plus généralement: un troupeau composé de brebis et de chèvres, une seule fois 1 Sam. XX V, 2, il indique exclusivement un troupeau de brebis. Rac. incon., voy. Gesenius, Thesaurus. — YAUN). de DUN manquer, faire une faute, se rendre coupable ; Niph. étre traité comme coupable, être puni pour une faute, pænas dedit, périr.
19. — Le prophète s’adresse à Dieu de qui seul, dans une pareille détresse, peut venir un secours efficace. Le feu dont il est ici question désigne l’ardeur dévorante du soleil qui consume toute verdure et dessèche les courants d’eau. — MiNJ prairies, nom plur. et poétique. Rac. r"iNJ inus. au Qal, 1. q. M1) éfre assis, s'asseoir, habiter. Ce nom désigne wne demeure, un lieu de repos, et, lorsqu'il s’agit de troupeaux, un enclos, des parcs, caula, dans lesquels ils paissent ou se reposent. De là prairies, Ps. LXV, 13; Jér. IX, 10. C’est pourquoi le
mot 272 ne doit pas être entendu 1ci d'un désert proprement dit, mais plutôt d’un lieu de pâturage, d’une racine qui, dans la plupart des dialectes sémitiques, signifie conduire, diriger, administrer. Le mot 7272 signifie donc «le lieu où l’on conduit les troupeaux pour les faire paître». Dans la règle, 1l faudrait 1e1 l’article comme au verset 20; son omission est, sans doute, une licence poétique. 2712 et n2n?, fém. de 271? flamme. Rac. 272 inus., Arabe Zaheba, brüler, flamber dans le sens du mot suivant Do Piel.
20. — Au verset 18, sont mentionnés les animaux domestiques qui, inévitablement, partageaient les souffrances des hommes; mais l'intensité de l’épreuve est si générale que même les bétes des champs, les animaux sauvages ne peuvent s’y soustraire et sont représentés comme faisant monter leurs plaintes jusqu'à Dieu. — APN 3° fém. sing. Qal de AY qui ne se trouve qu'ici et Ps. XLII, 2, néanmoins, le sens de ce verbe est facile à comprendre. En arabe, le terme araja, entre autres sionifications, à celle de porter son attention vers une chose ou vers quelqu'un, intentum esse, instare. C’est bien l’idée qui ressort de la double application qui est faite de ce verbe au physique et au moral dans le Ps. XLII, et là, comme dans le passage de Joël, le seul sens qui puisse convenir à A1) est celui que nous exprimons dans notre traduction : Méme les bêtes des champs soupirent après toi. Il est à remarquer que, le sujet étant pluriel, le verbe est au singulier. Les constructions de substantifs au pluriel avec un verbe au féminin singulier sont fréquentes en poésie. Ici, une semblable construction
se comprend d’autant mieux que le subst. M272 est un terme collectif au singulier. — PEN, pl. constr. de P’EN, désigne proprement le canal, le lit d’un fleuve. . La rac. P2X ne se trouve en hébreu qu’à l’Hithpaël dans le sens réfléchi de se contenir, se dominer, Gen. XLV, 1; És. LXIII, 15. — La fin du verset est la répétition du verset 19, terminant ainsi la strophe par une espèce de refrain.