‹ Le prophète JoëlChapitre 17 sur 28 · QUATRIÈME STROPHE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME STROPHE

Les trois strophes qui précèdent ne sont, pour ainsi dire, que l’exorde du discours du prophète, exorde emprunté très naturellement aux circonstances locales dont le simple narré est des plus propres à exciter l’intérêt et à fixer l’attention des auditeurs. Les esprits étant ainsi suffisamment préparés, Joël veut leur faire comprendre quels doivent être Le sens et la portée du deuil auquel 1l les convie. En exhortant les habitants du pays à se montrer sensibles à l'épreuve présente en prenant part à un deuil national, 1l a en vue autre chose que ces signes d'humiliation extérieure dont se contentaient les peuples d’alors, lorsqu'ils se trouvaient sous le coup d’un malheur public. Le Dieu d'Israël, qui regarde au cœur, ne saurait se laisser toucher par des actes qui ne seraient pas l’expression vraie des sentiments des individus. Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, leur dit-il, et revenez à l'Éternel votre Dieu de tout votre cœur, II, 12. 13. C’est par une sincère et profonde repentance, c’est par des supplications réitérées que vous pourrez toucher l'Éternel et obtenir d’être délivrés de ce terrible fléau. — S’adressant directement aux sacrificateurs comme aux représentants du peuple et en même temps à ses médiateurs auprès de Dieu, il les presse de se mettre les premiers à la tête de ce grand deuil avec ces dispositions qu'eux surtout doivent comprendre. — MAT ceignez-vous, sous-entendu : du vêtement d’affliction, le seul qui soit convenable dans la circonstance

et qui est mentionné dans le second hémistiche, voyez v. 8. À moins que cette expression n’ait un sens métonymique, rappelant d’une manière générale le deuil, la tristesse, comme Amos VIII, 10; Ésaïe II, 24; Job XVI, 15. — 720 menez deuil, 120 signifie proprement se frapper la poitrine en signe d’une douleur excessive, planæit. — Sacrificateurs, vocatif, voir v. 2 au mot 177 ; lamentez-vous, voir v. 5. "ND, voir v. 9. — Mara autel, Littéral. place de sacrifice, rac. MAT sacrifier, immoler. Plus particuliérement l’autel des holocaustes; le même nom est aussi employé pour l’autel des parfums, Ex. XXX, 27; 1 Rois VII, 48. Ce nom est pris ici dans une acception générale rappelant les fonctions principales des sacrificateurs. N2, venez, évidemment sousentendu: dans le temple, voir une circonstance analogue 2 Rois XIX, 1. — 2? demeurez. Le sens primitif de 7? ou n° est: passer la nuit dans un lieu; mais généralement 1l signifie d’une manière plus indéterminée loger, demeurer, habiter, Ps. XXV, 13; XLIX, 13; Ésaïe I, 21, etc. Dans ce texte, il n’est pas question de passer la nuit, mais de demeurer revètus du vêtement d’affliction tout le temps que doit durer le deuil. Remarquer expression : «de mon Dieu»; le prophète semble vouloir accentuer encore au nom de qui il parle. Le Dieu que je sers est fidèle et je suis le garant de la délivrance qu’il vous accordera. P223 Niph. de V32 retenir, empêcher; passif, être retenu, supprimé. Sur les deux mots de la fin, voir v. 9. Répétition de l’idée du verset 9, comme motf de grand deuil.

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