‹ Le prophete opera en cinq actes paroles de M. Eugene ScribeChapitre 18 sur 63 · LE SERGENT · texte numérisé non relu

LE SERGENT

Par l’ordre de mon maître, et non loin de ces rives,

Au château de Harlem je menais deux captives,

Quand près de ta chaumière, et dans un bois épais Dont les sombres détours l’ont cachée à ma vue,

L’une soudain a fui!... qu’est-elle devenue?

Réponds !

JEAN

Je n’en sais rien !...

le sergent, le regardant.

Si vraiment, lu le sais, Te taire est déjà trop d’audace !...

Tu me la livreras 1

jean, avec indignation.

Moi ! moi ! plutôt mourir !

le sergent, avec dédain.

Que m’importent tes jours? que veux-tu que j’en fasse? Mais ta mère à l’instant à tes yeux va périr Si tu ne parles pas...

jean, étendant ses mains suppliantes.

Ma mère!... grâce ! .. grâce!...

le sergent souriant.

Ah ! le moyen est bon!... vois! choisis?...

JEAN

Ah! tyran!!!

Jl reste quelques instants la tête cachée entre ses mains, et l’orchestre exprime les combats qui se livrent en lui.

le sergent, voyant qu’il hésite.

Eh bien!

jean, relevant la tête avec fureur.

Qu’entre nos deux le ciel juge et décide.

Et qu’il fasse sur toi tomber le parricide 1

Le sergent remonte le théâtre et fait signe à ses soldats d'amener Fidès. Pendant ce temps Berlhe, pâle et tremblante , enlr'ouvre le rideau à droite. Jean fait un pas vers elle ; mais en ce moment on a traîné Fidès à la porte du fond, elle tombe à genoux en étendant les bras vers son fils ; des soldats lèvent la hache sur sa tête. Jean se retourne, l'aperçoit; il pousse un cri, s’élance vers Berlhe, la fait passer devant lui au montent çù le sergent redescend le théâtre.

. jean, à Berlhe, avec désespoir.

Va-t’en !... va-t’en !...

Par le ciel ou par Satan.

Va-t’en !

Le sergent reçoit dans ses bras Berthe à moitié évanouie ses soldats V entraînent, et Jean tombe hors de lui, sur la chaise à droite, près de la table. Fidès, qu’on a laissée libre, redescend le théâtre en chancelant.

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