ZACHARIE, JEAN
zacharie, s’approchant de Jean.
Quel air pensif et soucieux,
Quand le guerrier prophète, inspiré parles deux,
Apparaît dans sa gloire à l’ Allemagne entière,
Comme l’ange vengeur que la Franco révère!...
JEAN
Jeanne d’Arc sur ses pas fit naître des héros.
Et je n’ai sur les miens traîné que des bourreaux !
ZACHARIE
Dans le sang des tyrans ils vengent nos injures ! jean, se parlant à lui-même et portant la main à son cœur. Alors donc, ô mon cœur, d’où vient que tu murmures,
Et pourquoi sous mes pieds cet abîme de feu?
A Zacharie.
Oui, je doute de vous, de moi-même et de Dieu.
Je n’irai pas plus loin!'
ZACHARIE
Qu’oses-lu dire ?
i JEAN.
Que je veux voir ma mère !
ZACHARIE
Ou plutôt son trépas!
Car si tu la revois, ne t’en souvient-il pas,
Dans l’intérêt du ciel, à l’instant elle expire!
jean, se levant et jetant son épée.
Pour m’immoler d’abord reprenez donc ce fer!
3fc LE PROPHÈTE.
Jo vous la rends, adieu! L’Allemagne enchaînéo Est liUre par mon bras; ma tâche est terminée !
ZACHARIE
Jeanne a sacré dans Reims le roi qui lui fut cher;
Toi, tu dois êtreunjour couronné dans Munster! jean, avec force.
Ma tâche est terminée,
Je n’irai pas plus loin !
zachauie, derrière lui, à part, et portant la main à son poignard.
Par Satan et l’enfer !...