‹ Le prophete opera en cinq actes paroles de M. Eugene ScribeChapitre 61 sur 63 · ACTE V, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI

A Jean qui fait un pas vers elle.

Fuis!... Que ta main coupable ' N’approche pas de moi !

Ton sceptre fut un glaive,

Tes droits sont des forfaits !

Et le sang qui s’élève Nous sépare à jamais.

ENSEMBLE

FIDÈS

O momont qui m’accable Et d’horreur et d’effroi!

Grâce pour le coupable !

S’il le fut, c’est pour toi !

Son pardon fut un rêve Qu’en mon cœur j'espérais;

Mais le sang qui s’élève Les sépare à jamais !

JEAN

O tourment effroyable !

O terre, entr’ouvre-toi !

Point de grâce au coupable !

Plus de repos pour moi !

Mon sceptre fut un glaive.

Mes droits sont des forfaits !

Et le sang qui s’élève Nous sépare à jamais!

fjdès, voulant entraîner Jean,

Tu l’as promis. Partons ! viens, il faut nous presser!

JEAN

Non ! je reste à présent! à la mort je me livre ! Berthe sait mes forfaits, qu’ai-je besoin de vivre? Berthe m’avait maudit, Dieu devait l’exaucer !

ENSEMBLE

FIDÈS

O tourment qui m’accable Et d’horreur et d’effroi!

A Berthe.

Grâce pour le coupable !

S’il le fu,t, c’est pour toi 1

Son pardon fut un rêve Qu’en mon cœur j’espérais,

Mais le sang qui s’élève Les sépare à jamais !

BERTHE

0 spectre épouvantable !

0 terre, entr’ouvre-toi !

Fuis !.. . Que ta main coupable N’approche pas de moi !

Ton sceptre fut un glaive,

Tes droits sont des forfaits!

Et le sang qui s’élève ■ Nous sépare à jamais !

JEAN

O tourment effroyable !

O terre, entr’ouvre-toi !

Point de grâce au coupable !

Plus de repos pour moi !

Mon sceptre fut un glaive.

Mes droits sont des forfaits 1 El le sang qui s’élève Nous sépare à jamais !

BERTHE

Je t’aimais, toi que je maudis,

Je t’aime encor peut-être.. . et m’en punis!

Elle se frappe d’un poignard et tombe dam les bras de Fidès. Jean pousse un cri et se jette à ses pieds. Berthe détourne ses regards de Jean, prend la main de Fidès et lui dit en montrant son /ifs.

Séparés k jamais sur terre.

Qu’il se repente, ô ma mère !

Pour que je puisse au moins le revoir dans les cieux !

jean, avec désespoir.

Aux soldats leur faisant signe d'emmener sa mère et Berthe.

Morte!... Mortel... Partez. Moi, je reste en ces lieux! Reprenant la couronne qui est restée sur la table de pierre et la remettant sur son front.

Je reste pour punir les coupables !

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