‹ Le prophete opera en cinq actes paroles de M. Eugene ScribeChapitre 62 sur 63 · ACTE y, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE y, SCENE VI

fidès, qu’on entraîne malgré ses efforts.

Mou ûls!

jean, aux soldats, leur montrant Fidès.

Veillez sur elle. Adieu, ma mère, adieu.

fidès, qu’on entraîne.

Mon fils !

jean, regardant la porte qui vient de se refermer sur Fidès.

Elle est sauvée !... Allons!

Il regarde le caveau que Berthe a montré au commencement de la scène et dit après un instant de réflexion en se désignant luimême.

Oui, tous seront punis !

Jean remonte vivement par l'escalier à gauche.

Le théâtre change.

La grande salle du palais de Munster. Une table placée sur une estrade s'élève au milieu du théâtre. On monte de chaque côté par des degrés. Autour de l’estrade circulent des pages, des valets portant des vins et des corbeilles chargées de fruits. Au fond, à droite et à gauche , de grandes grilles en fer conduisant en dehors du palais. Jean est assis, seul, pâle et triste, devant une table couverte de mets, de vins et de fleurs, où étincellent des vases d’or. De jeunes filles le servent, d'autres dansent autour de la table, pendant que des anabaptistes, hommes et femmes, célèbrent les louanges du Prophète. De tous côtés des flambeaux étincellent, des lustres brillent au plafond.

CHOEUR

Hourra ! hourra ! gloire au Prophète !

A ses élus, transports joyeux !

Hourra ! hourra ! plaisir et fête !

A nous les voluptés des cieux !

Les danses et les chants redoublent. Plusieurs officiers qu’on a vus à la scène précédente, dans le souterrain, montent à gauche et à droite les degrés de la table et viennent, à voix basse, apporter des nouvelles au Prophète.

jean, aux officiers.

Ils viennent, dites-vous ?

A l'un des officiers à gauchi.

Tu sais mes ordres !... va 1 * 4

L'officier descend lesmarches de l'escalier et sort. Jean s'adressant aux officiers qui sont à droite.

Vous, dès qu’en ce palais entreront leurs soMftts,

Que ces grilles de fer so ferment sur ce gouffre D'où jailliront bientôt et l’airain et le soufre!..

Puis, bâtez-vous de fuir, loin de ces lieux maudits,

Vous, mes seuls .. , mes derniers amis !

Les officiers descendent et disparaissent ; Jean se 1ère, saisit une coupe, et s'adressant aux anabaptistes qui l'entourent. j ran, levant sa coupe,

Versez I que tout respire L’ivresse et le délire !

Que tout cède à l’empire De ce nectar brûlant!

Ah! la céleste fôle !

Voyant Zacharie, Jonas et Mathisen, qui entrent en ce moment par la grille à gauche.

Compagnons du Prophète,

La récompense est prête Et le ciel vous attend !

Faisant signe à Jonas, à Mathisen et à Zacharie de s'asseoir

près de lui.

O vous, mes ministres de mort!

A qui je dois ce sceptre auguste,

Venez !... car je suis un roi juste.

Venez et partagez mon sorti

Mathisen , Jonas et Zacharie montent se placer aux côtés

du Prophète.

JEAN

Versez I que tout respire L’ivresse et le délire !

Que tout cède à l’empire De ce nectar brûlant!

De droite et de gauche les portes s'ouvrent. On voit s'élancer l'épée à la main l’évêque de Munster, l’électeur de fp’eslphalie , les principaux officiers de l'armée impériale et les princes de l'empire. D'un autre côté entrent les anabaptistes qui ont livré le Prophète, et qui viennent se ranger autour de Zacharie.

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