ACTE V, SCÈNE VI
jean, les regardant sans quitter la table, et levant sa coupe.
0 la céleste fête !
Venez près du Prophète ; .
La récompense est prête Et l’enfer vous attend !
zACHAniE, montrant Jean et s'adressant aux princes de l'empire. Je le livre en vos mains.
jean, le regardant avec fierté.
Merci, Judas nouveau!
On entend fermer en dehors les grandes grilles du fond , les seules par lesquelles on puisse sortir de la salle.
jean, à voix haute.
Que ces portes d’airain soient celles du tombeau !
ZACHARIE, MATHISEN et JONAS.
Le tyran est h nous !
JEAN
A Dieu seul j’appartien !
OBERTHAL.
Il est en mou pouvoir !
JEAN
Vous êtes tous au mien !
Une grande explosion se fait entendre , un pan de muraille s'écrou’e au fond du théâtre, et les flammes se font jour de tous côtés.
jean, s’adressant aux anabaptistes épouvantés qui voudraient et ne
peuvent fuir.
Vous, traîtres !
A Oberthal et à tous les princes de l'empire.
Vous, tyrans, que j’entraîne en ma chute, Dieu dicta notre arrêt !.. et moi, je l’exécute !
Un second pan de mur s’écroule.
Tous coupables!., et tous punis!!
En ce moment une femme, les cheveux épars et le corps sanglant, se fait jour à travers les décombres, et vient tomber dans les bras de Jean, qui pousse un cri en reconnaissant sa mère. Ah!..
FIDÈS
Oui... c’est moi
Qui viens te pardonner et mourir avec toi !
Ji T~
ENSEMBLE
oberthal et les seigneurs.
O fureur ! ô délire 1 Contre nous tout conspire !
S'adressant à chacun des anabaptistes. ; C’est loi qu’il faut maudire !
Impie et mécréant 1 Le feu gagnant le faîte Nous ferme la retraite !
Ah ! notre mort s’apprête Et l’enfer nous attend !
FI DÈS
Cessez de le maudire !
Repentant il expire I Flambeaux, venez luire;
Tombez, palais fumant !
JEAN
O la sanglante fête !
Compagnons du Prophète,
La récompense est prête Et l’enfer vous attend l
JONAS, MATHISEN, ZACHARIE.
O fureur ! ô délire !
Contre nous tout conspire !
S’adressant à chacun des seigneurs.
C’est toi qu’il faut maudire, *
\ Implacable tyran I •
Le feu gagnant le faîte Nous ferme la retraite !
Ah ! notre mort s’apprête Et l’enfer nous attend î
L'incendie, qui a redoublé, éclate dans toute sa fureur ; Jean s'est jeté dans les bras de sa mère, qui élève ses yeux vers lè ciel. Tout s' embrase; le palais s’écroule. La toile tombe.
fin.
Paris. Imprimerie de M“* veuve Dondeï-Dupré, rue St-Louis, 46, au Ma rais.
N.2. d' inventj 87