MAISONS DE VILLE
Parmi les maisons élevées dans les villes , on doit distinguer les palais où résident les princes et les grands, et les hôtels destinés au logement des familles opulentes. On prodigue, dans leur construction, lout le luxe des arts et de la décoration. Mais il n'entre pas dans le cadre de cet ouvrage de traiter de ces deux genres d'habitations, qui, par leur étendue, leur richesse, leur destination et leur importance, exigent une connaissance approfondie de l'art, et qui sont conséquemment l'apanage exclusif des architectes, qu'il est indispensable d'appeler pour en surveiller l'exécution.
Nous nous occuperons donc exclusivement des maisons particulières qui servent à loger le propriétaire.
Une maison bourgeoise, selon les convenances et la disposition du terrain , peut être placée immédiatement sur la rue , ou bien entre cour et jardin. Les premières, qui sont généralement des maisons de location, sont distribuées en appartemens séparés ; le rez-de-chaussée est ordinairement composé de boutiques avec arrière -boutiques et magasins, et quelquefois de remises, écuries, cours et cuisines. Les combles, où l'on pratique souvent des logemens, sont destinés aux chambres des domestiques.
Les secondes ne sont guères occupées que par des familles aisées qui veulent vivre tranquilles, loin du bruit et du fracas inséparables du voisinage des rues, surtout clans les villes populeuses.
A Londres, on évite cet inconvénient par une disposition assez ingénieuse que fait connaître la planche 86, et dont nous allons donner un aperçu succinct.
Les maisons élevées sur les rues principales du quartier Saint- James, et toutes celles habitées par les grands seigneurs, n'ont point de portes cochères : ce sont de petites portes d'environ 4 pieds de largeur, uniformément décorées de deux ou quatre colonnes doriques, couronnées d'un fronton. De petites rues détournées servent, comme un quartier particulier, pour les écuries et remises. Toutes les mai-
sons sont généralement en brique; les appartenons sont lambrissés à hauteur d'appui ; les dormans des croisées renferment dans leur intérieur un contrevent, au moyen duquel la moitié de la croisée, qui est à recouvrement, se lève ou se baisse à volonté, et verticalement, sur l'autre partie par la plus légère impulsion ; c'est ce genre d'ouverture qu'on désigne en France sous le nom de croisées à guillotine.
Ces maisons n'ont que deux ou trois étages, non compris les cuisines et les ollices qui sont au-dessous, et qui prennent leur jour sur un fossé ou petite cour , large de 4 à 5 pieds, qui règne sur toute la face du bâtiment. Le trottoir, qui borde les rues, porte suides voûtes au milieu desquelles est pratiquée une petite ouverture de 7 à 8 pouces de diamètre , fermée par une trappe en fer , et servant à introduire le charbon-de-terre.
Ce trottoir est séparé de la maison par une grille en fer, armée de deux supports aux deux côtés de la porte d'entrée; à ces supports sont suspendus les réverbères ou les lanternes à gaz hydrogène carboné.
Les aqueducs, pour l'écoulement des eaux de la ville de Londres, sont construits en brique et au milieu de la rue; de chaque côté sont divers tuyaux en bois qui fournissent l'eau dans chaque maison , au moyen d'un petit tuyau de io à i5 lignes de diamètre.
Aucune gouttière n'est apparente et n'a son jet dans la rue ; l'eau des toits est conduite dans l'égout par un tuyau particulier. L'explication de la planche LXXXVI complétera cette courte description. A, égout qui conduit les eaux des rues dans la rivière; B, tuyau en bois qui amène l'eau clarifiée dans les divers quartiers de la ville ; C, tuyau avec ajutage en fer adapté au tuyau de bois pour les incendies et le lavage des rues ; D, petit tuyau qui donne l'eau dans les maisons; E, tuyau ordinaire en fer ou en plomb, qui conduit l'eau des toits des maisons dans le grand égout.
ARTICLE II