CHARPENTE
C'est dans l'art de couper les bois que consiste spécialement la charpenterie ; mais il nous est impossible de donner ici aucun développement à ce sujet, parce que, considéré sous ce rapport, cet art devient une science : il n'est qu'une application de la géométrie descriptive à la stéréotomie, aussi-bien que l'art de l'appareilleur ou du tailleur de pierres. Cbaque solide qui doit faire partie d'une construction doit être taillé à part et recevoir une forme telle, qu'apporté en place, il y trouve précisément l'espace où, une fois établi , il va se lier aux autres pièces. Il faut recourir à des traités spéciaux pour comprendre les principes et les règles pratiques de ces arts. Les meilleurs ouvrages de ce genre sont ceux de Fraizier, d'Aviller, de Larue, mais particulièrement les stéréotomies de Monge , de M. Hachette et de M. Vallée. Nous renvoyons à ces ouvrages utiles pour y voir les divers traités de charpente.
Il est presque inutile de recommander aux ouvriers de ne jamais employer que des bois sains , de les placer dans le sens de leur plus forte résistance , de faire leur épure de manière à économiser le plus possible la matière, et surtout d'éviter l'emploi de bois de dimensions extraordinaires, parce que ces charpentes, devenues rares, sont fort coûteuses. L'art a reçu un tel degré de perfection, qu'il n'est plus nécessaire maintenant de se servir que des bois de grandeur médiocre ; mais comme l'usage est de payer les charpentiers à la pièce, c'est-à-dire d'après les volumes employés, il est de leur intérêt de mettre en œuvre les plus grosses charpentes. Les propriétaires doivent surtout veiller à cet abus qui est contraire à leurs intérêts.
On emploie, principalement dans les constructions civiles, le chêne, le hêtre, le châtaignier, l'orme et le sapin; les jeunes chênes doivent être préférés comme étant de meilleur service; mais ils ne fournissent