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pas les grandeurs d'échantillons nécessaires pour les constructions considérables, et on est forcé d'y employer de vieux bois. Les principaux vices sont les nœuds pourris , les branches cassées qui ont laissé infiltrer l'eau dans le cœur de l'arbre et l'ont gâté ; les effets des gelées, etc. C'est avec la hache , le ciseau et la tarière qu'on sonde les bois pour en juger la qualité. Les bois des pays méridionaux sont sujets à se gercer (se fendre); mais comme cet effet provient de la force du bois, il a peu d'inconvénient : il faut cependant quelquefois contenir la pièce à l'endroit de ces gerçures avec des liens ou étriers de fer. C'est encore un défaut pour les bois d'être verts, parce qu'ils se tourmentent et se déforment; ce qui peut nuire à la solidité ou à la grâce des constructions : il faut les conserver long-temps avant de les employer, pour leur laisser faire leur effet. On évite de se servir des solives qui ont de l'aubier \
La coupe des bois doit se faire lorsque la sève est inactive et spécialement à l'approche de l'hiver, pour les chênes, ormes, châtaigners, etc. Pour les sapins, on préfère les mois de mai et d'avril, parce que la sève ne monte pas encore. Les praticiens veulent qu'on choisisse le temps du décours de la lune ; nous ne nous arrêterons pas ici à discuter cette opinion, qui n'est fondée ni sur l'expérience (quoi qu'on en ait pu dire) , ni sur rien de raisonnable. 11 faut mettre, avec une foule d'autres préjugés invincibles, l'erreur qui porte à croire que les bois coupés dans le déclin de la lune sont moins sujets à se pourir.
La plupart des petites constructions se font avec les bois du pays , parce qu'ils reviennent à meilleur compte ; mais les belles pièces se tirent des grandes forêts et principalement du nord de l'Europe et de l'Amérique, des Pyrénées, de î'Auyergne , etc. Les sapins du nord ont sur ceux des autres régions une supériorité qui les rend préférables : le grain est fin; les fibres sont flexibles et pénétrées d'une gomme e( d'une résine abondante, qui les maintient très-long-temps après qu'ils ont été abattus, et qu'on reconnaît à l'odorat. Les sapins des Pyrénées sont particulièrement estimés ; cependant ils se dessèchent plus vite que ceux du nord.
Toir plus bas la déiàùton de l'aubier,
Il ne faut employer les bois que long-temps après qu'ils ont été abattus. Quant aux chênes , ormes et autres bois, on les dispose en chantier par étages , de manière que l'air les environne partout et que les courans les dessèchent ; ils y arrivent des forêts tout débités en planches ou équarris en solives; et ces formes s'accommodent parfaitement à l'espèce de disposition aérée dont il vient d'être question. Ces pièces ont diverses dimensions , selon leur usage et la nature de leur substance.
Pour former une poutre, on équarrit l'arbre, c'est-à-dire qu'on enlève, selon la longueur, quatre segmens cylindriques d'un bois imparfait, nommé aubier, plus pàle>>moins dense que le cœur qu'on trouve sous l'écorce, et qui est attaquable par les insectes.
On voit au cœur de l'arbre une série de couches qui s'enveloppent les unes les autres en forme de cercles ou couronnes concentriques. Le plus grand de ces cercles entiers a pour diamètre l'épaisseur de la pièce, au delà de ce cercle les mètres sont tranchés et ne forment plus que des portions de cercles qui vont en diminuant vers les arêtes de la pièce; ainsi une poutre carrée est composée d'un cylindre continu de bon bois, bien solide, et de quatre portions angulaires tranchées d'un bois moins solide; et plus il entre de ce dernier bois dans le cylindre central, et plus la pièce est faible. Rien de plus variable, par conséquent, que le degré de résistance qu'on doit attendre des bois, puisqu'il dépend des qualités et de la nature des fibres ligneuses, de leur âge et de la quantité d'aubier qui s'y trouve : aussi, la plupart des expériences qui ont été faites sur la force des bois sont -elles en contradiction les unes avec les autres; sans compter qu'on a vu des poutres supporter sans se rompre neuf milliers un jour entier, et qui, remises en expérience cinq à six mois après, rompaient sous une charge de six milliers, c'est-à-dire d'un tiers moindre que la première.
C'est à Galilée qu'on doit les premières vues sur la résistance des bois. Selon cet illustre géomètre, la résistance est en raison inverse de la longueur des pièces, en raison directe de la largeur, et en raison double de la hauteur; telle est la règle généralement adoptée dans les arts et par tous les mathématiciens. Au reste, il est reconnu que les bois inclinés ont plus de force que les bois posés horizontalement, et
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moins que ceux qui le sont verticalement; leur force est dans le rapport de leur inclinaison.
Il existe divers procédés pour la conservation des bois de construction; nous allons en donner quelques-uns.
On peut prendre trois parties de chaux éteinte à l'air, deux parties de cendres de bois, et une partie de sable fin, on tamise le tout, et on y ajoute de l'huile de lin en quantité nécessaire pour en former une masse. Pour rendre ce mélange parfait et plus durable, on peut broyer la masse sur un marbre; il n'en faut que deux couches pour le bois, on donne la première assez légère, mais il faut que la seconde soit aussi épaisse que le pinceau permet de la donner. Cet enduit est imperméable à l'eau, et il résiste à l'influence du temps et à l'action du soleil qui la durcit, et par conséquent la rend plus durable. Le moyen de garantir les bois de la pouriture sèche consiste à préparer une dissolution très-concentrée de soude ou de potasse dans l'eau, et à l'appliquer bouillante, à l'aide d'un pinceau, sur les parties affectées de ce principe de destruction. Cette lessive caustique détruit les fibres végétantes des champignons qui se sont attachés aux bois; on fait ensuite dissoudre de l'oxide de plomb ou de fer dans l'acide pyroligneux, et douze heures après la première application de la lessive caustique, on imbibe le bois de cette dissolution. La liqueur métallique se décompose, l'acide et l'alcali se combinent, et l'oxide de plomb ou de fer, chassé dans les pores du bois, empêche le champignon de prendre de l'accroissement.
Un Américain du Nord a découvert un moyen de préserver le bois contre la piqûre du ver, la pouriture, etc. , au moyen de l'acide pyroligneux : ce procédé est simple, et facile, en voici les détails.
Après avoir scié ou façonné les différentes pièces de la construction, on les met à couvert pendant huit ou dix jours, pour les empêcher d'être mouillées, et chaque jour on leur applique avec une brosse une couche d'acide, qui les pénètre à environ un pouce de profondeur. Le bois doit être abattu depuis un assez long temps, pour être bien sec.
On peut appliquer l'acide pvroligneux d'une manière encore plus simple, il ne faut que construire, près du chantier, un bâtiment auquel on donnera les dimensions convenables, et qui pourra être
i35 fermé hermétiquement, afin qu'il n'ait aucune issue au dehors; on y placera en piles toutes les pièces de bois sur des rouleaux ou des tasseaux étroits, en les empêchant de se toucher; on conservera ainsi entre eux des espaces vides pour la circulation de l'acide.
Les bois étant disposés de cette manière, on établira en-dehors un poêle dont le tuyau entrera dans le bâtiment à la hauteur d'environ un pied et demi au-dessus du sol ; en brûlant des morceaux de chêne dans ce poêle, on obtiendra une abondante et continuelle fumée qui remplira l'intérieur du bâtiment, et qui n'ayant pas d'issue, se déposera sur la surface du bois, le pénétrera et remplacera complètement l'acide pyroligneux.
Le même temps (S ou 10 jours) suffira pour saturer le bois et même pour l'enduire d'une sorte de couche gommeuse qu'il conservera pendant un très-long temps; par ce moyen, on aura aussi l'avantage de mûrir le bois Mftxi serait encore un peu vert, et de lui donner promptement la qualité qu'il n'aurait reçue que du temps; il est inutile de dire qu'on doit prendre toutes les précautions contre l'incendie.
Lorsque le chêne doit être enfoncé en terre et scellé comme on y est forcé pour les constructions des berceaux de jardins, contre-espaliers, clôtures, échafaudages, etc., on relarde beaucoup les effets destructeurs en brûlant le bout qui entre en terre; le charbon qui recouvre le bois sert de préservatif contre l'humidité, les insectes, etc.
Nous terminerons cet article en donnant la signification de quelques mots techniques usités dans les arts.
Bois affaibli, dont l'équarrissage a été considérablement diminué en le rendant difforme, courbe, etc. , pour laisser des bossages aux poinçons, ou des encorbellemens aux poteaux, sous les poutres qui portent des cloisons.
Bois apparens, comme ceux des ponts, planchers, cloisons, etc., qui étant en œuvre, ne sont pas recouverts de plaire ou autre matière.
Bois blanc, qui tient de la nature de l'aubier et se corrompt facilement.
Bois bouge, qui est bombé ou courbé en quelques endroits.
Bois cantiban, qui n'a de la flache que d'un côté.
Bois corroyé, dressé à la varlope ou au rabot.
Bois déchiré, qui a été mis en pièces et retiré de quelques ouvrages par cause de vétusté.
Bois déversé ou gauchi, lorsqu'après avoir été travaillé ou équarri, il n'a pas conservé la forme qu'on lui avait donnée, mais s'est déjeté, courbé, incliné ou déformé, de quelque manière que ce soit.
Bois d'échantillon, dont les pièces sont d'une grosseur et d'une longueur déterminées par l'usage auquel on les destine.
Bois échauffé, bois pouilleux, qui commence à se gâter et à pourir; on y remarque de petites taches rouges et noires.
Bois d'entrée, c'est-à-dire entre vert et sec.
Bois d'équarrissage , qui a quatre faces plates et d'équerre sous la forme d'un parallélipipède rectangle : on ne donne pas moins de 6 pouces de côté à chaque face; mais on débite de plus^jrosses solives en petites nommées chevrons, qui ont 4 à 5 pouces d'équarrissage sur chaque face.
Bois jîache, quand les arêtes n'en sont pas vives, et qu'il ne pourrait être équarri sans beaucoup de déchet.
Bois gisant , coupé, abattu et couché sur terre.
Bois en grume, non équarri, et qu'on emploie dans sa grosseur en pieux ou pilotis.
Bois lavé, dont on a ôté tous les traits de scie et rencontres avec la besaiguë.
Bois mouliné, pouri et rongé par des vers.
Bois qui se tourmente , qui étant employé trop vert ou trop humide, travaille et se déjette.
Bois refait, quand de gauche et flache qu'il était, on l'a équarri et redressé sur les faces.
Bois de refend, qu'on a mis par éclats pour faire le merrain , les lattes, les échalas, des boisseaux, etc.
Bois rouge, qui s'échauffe et est sujet à pourir.
Bois roulé , quand les cernes ou crues de chaque année sont séparées et ne font pas corps; ce bois n'est propre qu'au chauffage; ce défaut
i35 vient, dit-on, de ce qu'étant en sève, l'arbre a été battu par le vent.
Bois tranche, qui a des nœuds vicieux ou des fils obliques qui coupent la solive, et lui ôtent une partie de sa force de résistance : ce bois n'est utile qu'après avoir été refendu, et ne peut supporter la charge.
Bois de louche ou marmenteanx, bois qui contribuent à la décoration des jardins, châteaux, villes, et qui sont plantés en allées, avenues, bosquets, etc.
Bois léger, nom des sapin , tilleul , peuplier, tremble et autres bois blancs qui servent à faire les cloisons, les petites pièces de menuiseries et même des planchers à défaut de chêne.
Bois sans malandres, qui est sain et sans nœuds ni gerçures.
Bois méplat , qui a l'une des dimensions de son équarrissage beaucoup moins large que l'autre.
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