DE LA MENUISERIE DORMANTE
Les principaux ouvrages de menuiserie dormante sont : les lambris, les parquets et les escaliers.
ARTICLE I"
Lambris.
Les lambris sont des revêtemens en bois que l'on emploie, tant pour décorer les appartemens, que pour les rendre plus sains, plus agréables et plus commodes. Us sont de deux sortes, les lambris d'appui et ceux de hauteur; les premiers sont les plus usités; ils s'élèvent ordinairement de 2 pieds '- à 3 pieds au-dessus de l'aire de l'appartement, et au niveau de l'appui des croisées. Les meilleurs se font tout en bois dur; quelquefois on n'exécute ainsi que les bâtis, qui doivent avoir 12 à 14 lignes d'épaisseur, et les panneaux en sapin ou bois blanc de 6 à 8 lignes ; ces lambris sont toujours très-simples, étant presque habituellement cachés par les meubles , et reposent sur une plinthe de 3 à 4po- de hauteur, et sont surmontés d'une cymaise moulée, qui doit être également en bois dur.
Dans les lambris de hauteur, on emploie de grands panneaux; on les divise par des pilastres, etc.; on les enrichit de glaces, tableaux,
tapisseries, qu'ils supportent et qu'ils encadrent; mais ce genre de décoration est très-coûteux. Les lamttris reposent ordinairement sur un lambris d'appui, et s'élèvent jusqu'au-dessous de la corniche du plafond; on met au parement de derrière des clefs à queue d'hironde pour maintenir les panneaux, et quelquefois on les maroufle, c'est-à-dire que l'on colle du nerf derrière, comme aux panneaux des voitures.
On doit avoir soin de ne pas placer les lambris sur des plâtres frais; il est préférable de laisser le mur brut. Ces lambris sont retenus sur la maçonnerie par des pâtes à scellement et coudées d'après remplacement, et des pâtes à vis sur la menuiserie; si l'on craint l'humidité, on passera derrière leslambris, avant de les poser, une ou deux couches de gros rouge à l'huile,
Lorsque les lambris d'appui sont attachés sur des poutres ou solives, on laisse de petits trous afin que l'air puisse circuler, ce qui empêche que les bois ne s'échauffent étant placés les uns contre les autres.
ARTICLE IL
Du Parquet.
Il y a deux sortes de parquets ; celui composé de bâtis formant des vides carrés, losanges, etc., dans lesquels on place des panneaux, et qui se nomme parquet d'assemblage; et celui que l'on fait d'ais diversement assemblés, appelé parquet défrise ou parquet sans fin. Nous ne parlerons que de ces derniers, comme les plus solides et les plus économiques.
Ces parquets se font avec des planches de i5 à 20 lignes d'épaisseur au rez-de-chaussée, et de 10 à 12 aux étages supérieurs ou sur des voûtes. Dans le premier ou le troisième cas, on les établit sur des lambourdes en bois de chêne, dont il est utile de remplir les vides en mâchefer, caillou, charbon ou recoupes; dans le second, on les place, ordinairement sur les solives préalablement dressées et mises de niveau.
Dans toutes pièces parquetées, on doit faire, devant le foyer des cheminées, un châssis de frise de 12 à i5pD. de largeur, dont on carrelé le vide, ou qu'on fait occuper par une dalle de pierre ou Je marbre.
Les ais doivent être refendus de manière à ne pas excéder de 4 à 61>0. de largeur; pour éviter de les voir se cofiner, c'est-à-dire, se tourmenter, se bomber ou se creuser, on les assemble à rainures et languettes, et on les assujettit en les clouant sur les lambourdes ou avec des broches sans tête, qui, enfoncées au niveau du parquet, disparaissent sous l'encaustique dont on le recouvre, ou enfin par des pointes et des clous cachés dans l'épaisseur de l'assemblage.
Nous donnons, planche 97, le dessin de cinq espèces de parquets de frise ou planchers les plus aisés à exécuter; le 1". (fig. 12), appelé plancher uni; le 2e. (fig. i3), plancher en liaison; le troisième (fig. i/j), parquet à compartimens carrés; le 4°- (fig. 10), parquet en épi ou en arête de poisson , dit aussi à rang de fougère; le 5e. (fig. 1 1 ), parquet à points de Hongrie, ou à bâtons rompus. Ceux-ci, et surtout le dernier, sont les plus solides; ils ont aussi l'avantage de pouvoir se construire avec du bois de toute longueur, car on ne donne ordinairement aux planches que 1 5 à 20 pouces de portée.
ARTICLE III
Des escaliers de menuiserie.
Les menuisiers font aussi des escaliers de dégagement, en planches, sur différens plans. Les marches sont assemblées, d'un bout, dans une forte planche de bois qui leur sert de limon, et, de l'autre, dans une planche moins forte qui s'attache au mur avec des pâtes coudées. Le limon et le faux limon sont entaillés pour recevoir les marches, et les contre-marches sont ordinairement assemblées à rainures et languettes dans le dessus de la marche inférieure et le dessous de la marche supérieure. Quant aux dimensions de ces marches, et aux autres dispositions des escaliers, on peut consulter ce que nous avons déjà dit à cet égard à l'article Escaliers en charpente
i66 CHAPITRE IL