SIXIÈME SECTION
DE LA PLATRERIE.
On exécute en plâtre des cloisons, des enduits et des plafonds.
Les cloisons en plâtre et en brique sont presque généralement usitées da^is le midi de la France, et paraissent réunir de grands avantages.
Ces cloisons sont doubles ou simples. '
Les cloisons en briques de champ et plâtre sont doubles, quand on met deux rangs de briques adossées, ce qui donne à la cloison 4po d'épaisseur; ou simples, quand on met un seul rang, et alors elles n'ont que 2p0, enduits non compris; les premières s'emploient sur des voûtes ou rez-de-chaussée, et les autres sur les planchers : dans ce dernier cas, on place une sablière sur le plancher pour servir d'appui à la cloison; cette sablière aura 6po de grosseur ; savoir, 2p0 pour y encastrer le premier rang de briques , et 2po de chaque côté ; du reste , pourvu que ces cloisons soient construites bien perpendiculairement et en bonne liaison, elles sont d'une grande durée; on n'objecte contre elles que leur pesanteur, que l'on évalue à 700 liv. la toise carrée; donc une cloison de 18 pieds sur 12 pèse 2100 liv.; mais dans la position la plus défavorable et la moins ordinaire, c'est-à-dire, sur une solive sans poutres, cette solive de cf° de gros, fût-elle en peuplier d'Italie, peut porter au moins 6000 liv.; d'ailleurs, si cette cloison était en charpente, elle renfermerait environ 26 pieds cubes, dont g en bois de chêne, et i5 en brique ou terre grasse pour le hourdis, ce qui donnerait un poids total de 2175 livres.
On doit faire sur les murs une tranchée au marteau pour y lier les cloisons.
Les enduits en plâtre que l'on passe sur les murs et cloisons, sont ordinairement de 2 lignes d'épaisseur pour la première couche de plâtre passé au crible, et une demi-ligne d'enduit fin en plâtre passé au tamis de soie; l'ouvrier, dans cet ouvrage, comme en général dans tous ceux
!79 de son art, doit avoir toujours le plomb à la main. Quand on veut se dispenser d'établir des lambris de menuiserie, on les fait en plâtre de la même manière; on y ajoute des moulures que l'on pousse à la main, comme dans les plafonds : il est à remarquer que les ébauches doivent être en plâtre fort, ou détrempé très-dur; la seconde couche, en plâtre faible plus humecté; enfin t on finit, quand les enduits doivent être apparens, par une dernière couche de plâtre noyé. On peut là-dessus peindre comme sur le bois.
Les plafonds en plâtre se font sur un lattis au-dessous des solives, en laissant les entrevous vides. Les lattes doivent être en chêne; mais on emploie aussi le bois blanc qui se conserve bien. Quand le plancher est à poutres, on a à choisir, ou de placer de fausses solives pour plafonner à la française au-dessous des poutres, ou de faire un plafond à l'italienne à poutres apparentes. Dans ce dernier cas, on hache le bois des poutres, et on y fait un rappointissage en le lardant de clous et de petites lattes, pour les régulariser et favoriser le happement du plâtre. On pousse autour des poutres les mêmes moulures que dans les travées. Dans cette sorte de plafond, la gorge ne doit pas descendre au-dessous des poutres.
Les ouvriers doivent avoir le soin de laisser les lattes à claires-voies, afin de mieux favoriser la prise du plâtre qui tient toujours mal sur le bois. Pour faire un plus solide ouvrage, on fait quelquefois les plafonds à augets. Cette méthode consiste à hacher les solives dans l'intérieur des joints des entrevous, et à y placer une couche de plâtre, en forme d'auge qui repose sur le lattis. Quand, ensuite, on plafonne audessous des lattes, le nouveau plâtre, à travers ces lattes, se réunit à l'ancien, et ne forme qu'un corps.bien plus solide et moins sujet à se fendrcet à se détacher. Quand on pose le carrelage ou le parquet sur les solives, sans y clouer préalablement des planches, on fait alors le plafond plein, c'est-à-dire, qu'après avoir lalté, on bourde les entrevous de plâtre, copeaux, rafle de maïs et autres objets légers. On carrelle dessus et on plafonne dessous. Ce genre de plafond, appelé dans quelques endroits plafond noyé , a l'avantage de rendre les pièces plus chaudes, et de ne pas laisser de niche aux rats comme les autres.
La plus grande simplicité doit régner dans les moulures et corniches
des plafonds; la multiplicité d'ornemens les appesantit, et la poussière, qui bientôt les couvre, rend leur aspect hideux.
Dans plusieurs parties de la France on ne peut se procurer que du plâtre médiocrement tenace , et qui ne peut être employé extérieurement; on peut remédier à cet inconvénient en le mêlant avec de la chaux. Voici le procédé qu'il faut employer.
On met dans un baquet de maçon | de bon mortier de chaux et sable gras qu'on place à l'un des bouts de ce baquet, afin que l'autre bout soit libre pour délayer \ de plâtre de bonne qualité , et dès que ce plâtre prend un peu de consistance, on mêle le mortier et le sable.
Si c'est, par exemple, un enduit extérieur que l'on veut faire, on enlève avec une cheville de fer les vieux mortiers des joints, et on y passe une couche légère de ce mélange bien ferrée au dos de la truelle. Cet enduit est très-solide, et l'on peut encore ajouter a. cette solidité en y passant à chaud avec le pinceau, et lorsqu'il est bien sec, une couche de mastic composé comme il suit :
Mettez dans un pot trois parties de bitume, autant d'huile de lin et une de litharge; quand le tout sera fondu en plein air retirez-le du feu et ajoutez-y une partie d'esprit de térébenthine, en remuant le tout; étendez-le très-chaud , et quand il sera refroidi il faut y jeter dessus de la chaux vive en poudre, ou de la poussière de pierre ou de tuileau. Cet enduit peut être employé sur les terrasses, les bassins, etc.
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