JO
gros fers; 2°. la serrurerie ou les petits fers propres à la menuiserie; 5°. les fers ouvrages ou constructions dans lesquelles le fer est la seule matière employée.
ARTICLE I»
Gros fer.
Les principaux gros fers sont :
i°. Les plates-bandes (planche 98, fig. 6) se placent au bout des poutres, auxquelles elles s'attachent par une de leurs extrémités qui porte un talon ou crochet ; elles traversent le mur, et à l'autre bout reçoivent, au moyen d'un œil, une clef ou ancre qui empêche tout écartement. Il y a, le long de la plate-bande, des trous pour la lier à la poutre avec des chevilles, et lorsque le mur est une façade, ou place l'ancre dans une entaille, afin qu'elle ne forme pas de saillie. Les plates-bandes ont 5 & 6 pieds de long, 6 lignes d'épaisseur et 2p0 de largeur; les ancres, 3 pieds de long et un pouce de gros.
20. Les bandes de trémie (planche 98, fig. 7) sont des fers plats, d'environ 2 pouces de largeur sur 6 1. d'épaisseur, dont les bouts sont recourbés pour les arrêter sur les solives d'enchevêtrure. Leur fonction est de soutenir la maçonnerie des âtres.
3°. Les barres servent, ou à garnir le contre-cœur des cheminées de cuisine, et, dans ce cas, c'est un fer plat de 2 à 3 lig. d'épaisseur, ou à soutenir les languettes des cheminées en brique, et alors elles sont carrées ou environ d'un pouce en tous sens.
4°. Les crampons (fig. 8) servent à lier les pierres de revêtement, escaliers, etc. Ce sont des fers plats, coudés aux deux bouts, qui se terminent en crochet. On les entaille dans la pierre, et on les scelle en mortier, en plomb ou en soufre.
A ce sujet , nous observerons que les scellemens en plomb et en soufre sont les plus solides pour les endroits d'un passage continu. Quant à l'effet des scellemens sur le fer, l'expérience démontre que le soufre oxide le fer, que le plâtre le conserve peu, mais que le mortier et le plomb le conservent très-bien.
5". Les étriers (fig. 9) sont des fers plats et coudés que l'on met
aux poutres et autres pièces de charpente pour les soutenir ou assurer l'accotement d'autres pièces qui les accompagnent ; ils ont 5 à 6 lig. d'épaisseur sur 2po de largeur.
6°. Les corbeaux (fig. 10) sont des morceaux de fer carré d'un pouce de gros, scellés par une queue de carpe dans les murs, et qui soutiennent des sablières, des lambourdes, etc.
7°. Les boulons (fig. n) contiennent les limons des escaliers; leur tète est plate et carrée, et s'entaille dans le limon; l'autre bout est relevé en queue de carpe pour entrer clans le mur et s'y sceller; ils sont de fer rond , et de 6 à 81' de diamètre.
8°. Les crochets à chéneaux (fig. 12) sont des fers plats, coudés, qui se scellent dans les corniches pour supporter les chéneaux et gouttières; quand on rejette les eaux au moyen de tuyaux de conduite perpendiculaires, on assujettit ces derniers par d'autres crochets appelés colliers (fig. i3).
90. Enfin, les feintons sont des bandes de fer carrées, de 4 à 51' de gros, qui servent à embrasser et à soutenir les tuyaux de cheminée en plâtre.
Tous ces fers se fabriquent par les forgerons et se payent au kilogr.
ARTICLE II
Petits fers.
Les principales ferrures de ce genre sont celles des portes cochères. Cette ferrure se compose, i°. de quatre grandes équerres, dont deux pour chaque vantail ; s'il y a un guichet, on en place encore deux sur le haut et le bas de ce même guichet; i° . de deux pivots, que portent ordinairement les équerres d'en bas, entrant dans une crapaudine scellée dans le seuil; ou mieux, deux crapaudins ou crapaudines renversés, joints aux équerres, et emboîtant les pivots alors scellés dans le seuil; 3*. d'un tourillon qui termine les équerres supérieures, entrant dans une bourdonnière scellée dans les montans des jambages; 4°- de deux ou trois fiches à chapelets sur lesquelles tourne le guichet; 5°. d'un fléau à serrure qui contient les grands vantaux; G0, d'une grande serrure à bosse pour les grands vantaux; 70. d'une plus petite pour le
guichet; 8°. d'un heurtoir avec son clou; 90. d'une poignée pour saisir le guichet; io°. de deux verroux à crampons qui contiennent le bas des grands vantaux.
Les portes bâtardes ou se meuvent comme les portes cochères sur pivot et tourillon, ou au moyen de (rois pentures avec des gonds. Elles ont aussi un heurtoir, une serrure et des verroux pour contenir les vantaux. »
Les portes simples de caves, de magasins ou des bâtimens ruraux, se ferrent de deux pentures roulant sur des gonds. Il y a des gonds simples et des gonds à repos; ceux-ci sont bien préférables. Ces gonds se scellent dans des cubes de pierre de taille compris dans la maçonnerie des baies; dans ce cas, leur extrémité est à pâte. Quand ils doivent être attachés à la charpente, elle se fait à pointe.
Dans les portes plus légères et les croisées de peu de conséquence, on remplace les pentures par des pommelles qui, au lieu de s'allonger, s'élargissent en forme de S ou de T. Les portes arrasées se suspendent par des couplets , par des fiches à lame, ou enfin par des fiches à nœud , à brisure ou à broche.
On ferme les portes avec des serrures qui se distinguent en serrures à broche, dont la clef est forée; bénardcs , dont la clef, non forée, ouvre des deux côtés; serrures à bosse, etc. On ajoute aux portes des appartenons de médiocre importance des boutons ou loquets à olives, qui consistent en une petite tige de fer attachée à un bouton et reçue dans une gâche.
Les portes des garde-robes et des cabinets se ferment avec un bec de canne, ou petite serrure sans clef, dont le pêne, à demi-tour, se ferme en poussant et s'ouvre des deux côtés de la porte,
Enfin, on a des loquets à pouce pour les petites portes de peu de conséquence.
Voilà les ferrures des portes ordinaires; mais les portes à placard, dans les appartemens d'habitation, ont besoin d'être plus soignées. Voici celles qu'on y emploie.
i°. Six fiches à 5 lames, 5 sur chaque vantail. On les remplace quelquefois et avec avantage, par autant de pivots en cuivre, qui senîaillent aussi dans l'épaisseur du bois.
2". Deux verrous à ressort sur le ventail dormant ; S*, une serrure à l'anglaise à pêne saillant et à poignée des deux eûtes; 4°- un verrou horizontal à platine et à targette.
On doit avoir soin que ces ferrures soient placées avec précision, et comme le poids d'une porte lui fait faire bascule du côté meneau, ce qu'on appelle baisser h nez, il faut donner au gond, à la fiche ou au pivot inférieur, un peu plus de saillie qu'au supérieur, ainsi que nous l'avons dit à l'article Portes.
ARTICLE III. Fers ouvragés.
On comprend sous cette désignation, les balcons, les grilles , les combles enjer, etc. Dans l'introduction, nous avons parlé des balcons; nous ne nous étendions pas davantage à cet égard.
Les grilles sont employées généralement aux portes d'entrée et de jardin; elles se font en fer rond ou carré. Les extrémités des barreaux sont en lances ou bien en pointes droites ou onduleuses. Ces grilles se meuvent, comme les portes cochères, sur un pivot par le bas et un tourillon par le haut. Elles se ferment avec une espagnolette et une serrure. On place sur les barres qui les accompagnent des loquetaux à ressort qui reçoivent la porte, et la contiennent quand elle est ouverte.
Les combles en fer ne sont guère usités dans les constructions particulières; toutefois, nous croyons devoir donner un modèle de ce genre de construction qui offre de grands avantages sous le rapport de la solidité et de Tincombustibilité.
Ce comble, qui est représenté à la planch. 98, fig. 1, 2 , 3, 4 et 5, est de l'invention de M. Eudel, ingénieur en chef des ponts et chaussées; il se compose de deux parties ABC , CDE, qui sont'fondues chacune d'un seul morceau; elles se réunissent en C, au moyen de boulons en fer forgé; elles supportent le faite G en fer fondu. La fig. 2 fait connaître les détails de cet assemblage; les pannes s'assemblent aussi avec la ferme et les chevrons, au moyen de boulons F, fig. 3.
Les luiles qui recouvrent ce comble, portent immédiatement sur les chevrons sans aucun emploi de latte, ainsi qu'on le voit dans la n>. 4; seulement les tuiles-canal qui recouvrent ces chevrons, sont maçonnées avec du mortier de ciment; la fig. 5 fait voir la forme de la ferme, en la supposant coupée en c d, fig. r°.
Les combles en fer sont fréquemment employés en Angleterre, par la raison que le minerai y est beaucoup moins rare qu'en France; cependant M. Manby en a construit un très-beau dans son usine à gaz hydrogène, établie à la barrière de Courcelles, à Paris; on en trouvera la description dans Y Industriel , tom. icr. , pag. io5.
On peut mettre au nombre des fers ouvragés les paratonnerres , dont on surmonte les édifices pour les préserver de la foudre.
Il est des vérités qui ne sauraient être trop répétées, et l'efficacité des paratonnerres est de ce nombre. Nous entrerons dans quelques détails à ce sujet , parce que leur emploi est beaucoup trop négligé en France. Aussitôt que l'immortel Franklin eut observé que les pointes métalliques ont la propriété de soutirer de très-loin et sans explosion le fluide électrique , il imagina les paratonnerres pour garantir les édifices des terribles effets de la foudre, qui n'est autre chose que l'écoulement de la matière électrique qui était renfermée dans un nuage orageux; on nomme conducteurs les corps qui conduisent ou laissent passer rapidement le fluide électrique : tels sont le charbon calciné, l'eau, la terre à cause de son humidité, et surtout les métaux; les corps non conducteurs sont le verre, la soie, les résines, la pierre , la brique sèche, etc.
Un paratonnerre est un conducteur que la matière électrique choisit de préférence aux corps environnans; c'est ordinairement une barre de fer élevée sur les édifices qu'elle doit protéger et s'enfonçant sans solution de continuité jusque dans l'eau ou la terre humide; cette communication intime est de première nécessité afin que l'appareil puisse transmettre le fluide instantanément dans la terre, à mesure qu'il le reçoit.
La forme la plus avantageuse à donner aux paratonnerres est celle d'un cône très-aigu ; toutes choses égales d'ailleurs , plus un paratonnerre s'élèvera dans l'air, plus son efficacité sera grande , car on
estime que cette efficacité s'étend sur un espace circulaire ayant un rayon double de la hauteur du paratonnerre.
Les paratonnerres se composent de deux parties principales, la tige et le conducteur; la tige est une barre de 1er conique AB (planch. 98, ligure \l\ ) , de 4 à 5 mètres de longueur pour les édifices de moyenne grandeur; on lui donne de 3o à 4° millimètres de diamètre, mais comme le fer est sujet à se rouiller et que la pointe serait bientôt émoussée, on la remplace par une tige de platine ou de cuivre CB (fig. 16) de 40 ou 5o centimètres de longueur, qu'on adapte et qu'on fortifie par un petit manchon C; au bas de la tige on soude une embase D pour empêcher l'eau de pluie de s'infiltrer dans le bâtiment; immédiatement au-dessus de l'embase est un collier F qui reçoit le conducteur. On scelle la lige du paratonnerre sur le faîte du comble, au moyen de pâtes en fer, ou d'un trou dans lequel on fait passer la tige. Quelques personnes ont pensé qu'il était nécessaire d'aimanter la pointe des paratonnerres, c'est une erreur grave, car dans beaucoup de cas une pointe aimantée pourrait donner lieu à de terribles accidens en n'attirant pas l'électricité positive ou la négative, selon (jue le paratonnerre serait construit dans un état négatif ou positif. Quelquefois on décore les liges de girouettes comme l'indique la fig. 14 ; cette girouette, en forme de flèche, mobile sur des galets pour rendre le mouvement plus doux, fait connaître la direclion du vent, au moyen de lignes fixes orientées N, S, 0, E. Quant au conducteur, on le forme d'une barre de fer de 12 a 16 millimètres en carré, on pourrait même le faire en fil métallique pour diminuer la dépense d'établissement, pourvu qu'arrivé à la surface du sol , on le réunît à une barre de fer de 10 à i5 millimètres de grosseur enfoncée dans l'eau ou dans la terre humide; mais il est à craindre que le fil métallique ne soit dispersé par la foudre, et il sera toujours préférable de construire le conducteur avec une barre de fer d'une grosseur suffisante pour que la foudre ne puisse jamais le détruire. Comme il ne peut être d'une seule pièce, on réunit plusieurs barres, comme l'indique la figure i5 M; les crampons ]S le soutiennent au-dessus du toit ou des murs. Arrivé à la surface du sol, le conducteur doit s'enfoncer dans un puits ou dans un trou de 4 a 5 mètres de profondeur, si on ne rencontre pas l'eau.
iy6
Le fer, en contact avec l'humidité du sol , se rouille et finit par se détruire ; ou évite cette altération en faisant courir le conducteur dans un auget en bois rempli de poussier de charbon qui a été rougi au feu ; on peut aussi éviter cet inconvénient en l'entourant d'un cylindre de plomb : on doit, pour faciliter l'écoulement de la foudre, terminer le conducteur par deux ou trois branches ou racines qui doivent être immergées de 65 centimètres au moins dans les plus basses eaux.
Lorsque le comble d'un bâtiment est recouvert de pièces métalliques, comme des lames de plomb, par exemple, il est nécessaire de les faire communiquer avec le conducteur, au moyen de fils métalliques, afin d'éviter tout accident dans le cas où il se produirait quelque solution de continuité.
Si un bâtiment est armé de plusieurs paratonnerres, on pourra sans inconvénient les réunir à un seul conducteur, si toutefois la distance n'est pas trop considérable.
En résumé, pour qu'un paratonnerre fonctionne convenablement , il faut : i°. que la pointe dépasse toutes les parties de l'édifice sur lequel il est établi, dune hauteur de 12 à i5 pieds; 2°. que toutes les pièces ou parties métalliques soient bien intimement liées et unies les unes avec les autres, en sorte qu'elles fassent un tout bien continu; 5°. que l'extrémité inférieure des barres de transmission, ou qui descendent de haut en bas de l'édifice, s'enfonce de 5 à 6 mètres dans le sol et jusqu'à la terre humide, ou aille se perdre dans l'eau,- 4°- que la pointe qui s'élève au-dessus du bâtiment soit assez forte à sa base, pour résister aux efforts des vents; elle peut n'être conique que seulement en partant du tiers de sa hauteur; afin d'éviter que l'extrémité supérieure se rouille, on la fait en platine ou en cuivre que l'on peut dorer. Cette partie tient à la barre par un pas de vis, et, afin que l'eau ne s'y introduise pas, on y place un manchon; 5°. les conducteurs doivent être sans solution de continuité; ces conducteurs» en barres de fer, ne se sont jamais démentis depuis trente ans, et sont préférables à ceux qui sont en cordes de fil de fer tordu, qui ne tardent pas à se rouiller et à se détruire , malgré les vernis dont elles sont enduites; 6°. il serait nécessaire que les paratonnerres fussent visités annuellement pour s'assurer si la pointe n'a pas été émoussée
i77 par la foudre, et si les conducteurs ne sont pas enlevés; 70. ces conducteurs doivent être fixés dans les murs au moyen de crampons.
Du reste, lorsqu'une maison n'a pas été préservée de la foudre, on peut se soustraire à ces atteintes, en se plaçant sur une chaise, et appuyant ses pieds sur une autre chaise, parce que le bois est mauvais conducteur du fluide électiquc; ou bien encore mettre ces chaises sur des matelas plies en deux : mais lorsqu'on a un hamac soutenu par des cordes de soie, de crin ou de laine, à une égale distance du plafond ou plancher et des murs, on est entièrement à l'abri de tout danger.
On fait depuis quelque temps, en Angleterre, un emploi très-heureux de la fonte de fer à la construction des colonnes : on les fond d'une seule pièce de 8 à 10 lignes d'épaisseur; la concavité est remplie avec du béton , ce qui donne à ce genre de construction une très-grande solidité; la surface extérieure est recouverte d'une peinture à l'huile, sur laquelle on projette une grande quantité de poussière de pierre de taille; on polit ensuite au grès, et ces colonnes offrent l'apparence de la pierre , sans offrir la trace des joints qui paraissent toujours dans les colonnes exécutées en pierre de taille.
Les architectes devraient introduire en France ce genre de construction qui offre le moyen de confectionner des moulures d'une grande solidité.
Tous les corps, et surtout les métaux que l'on échauffe, s'étendent dans tous les sens et. acquièrent un volume plus considérable; cet effet se nomme dilatation; le refroidissement produit l'effet contraire et ramène les corps à leur volume primitif; c'est ce qu'on nomme contraction.
M. Molard aîné a tiré parti de la puissance de la contraction du fer pour rapprocher les murs d'une galerie du Conservatoire à Paris, qui menaçaient ruine par leur écartement : il fit traverser ces deux murs parallèles par de forts boulons dont les têtes et les écrous s'appuyaient sur de fortes rondelles; il fit chauffer tous ces boulons à la fois, et pendant qu'ils étaient chauds on serra les écrous; la contraction dans le refroidissement eut assez de force pour rapprocher les murailles, et l'on parvint à les remettre à plomb, en répétant cette manœuvre plusieurs fois. Nous avons cru devoir faire connaître ce procédé, qui peut être souvent employé avec succès dans la réparation des anciens bàtimens. Tome II. 25