‹ Le protectorat français du Cambodge [microform]Chapitre 1 sur 32 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

« Rayonner sonsagir,sans scraôlcraiix affai- « res du monde, en se tenant à l'écart de toutes « les combinaisons européennes, en regardant « comme un piège, comme une aventure toute «< expansion vers l'Afrique ou vers l'Orient; « \ivre de cette sorte, pour une grande nation, « croyez-le bien, c'est abdiquer, et dans un « temps plus court que vous ne croyez, c'est « descendre du premier rang au troisième et « même au quatrième. »

Jules Ferrv.

Si le Cambodge 71' est, parmi les pays de l Union Indo- Chinoise, ni le plus grand, ni le plus peuplé, ni le plus riche, il 71' en est pas moins un dès plus intéressants à étudier.

Il ny a pas plus d^un demi siècle quon ne connaissait guère en France, que de nom, ce petit Royaume du Cambodge, dernier vestige du gi^and Empire Khmer, et cest grâce aux travaux des archéologues et des savants tels que Mouhot, Moura et Aymonier que cette partie presqu ignorée de nos possessions Indo Chinoises a été tirée de F oubli où on la délaissait injustement^ et quelle éveille aujourd'hui parmi nous un vif scnti?ncnt d'intérêt et de curiosité.

Les imposantes et admimblcs ruines que ion rencontre à chaque pas, dans ces régions presque désertes du contiftent

asiatique^ prouvent d'une indéniable façon, qu'elles furent autrefois le berceau d'une civilisation dénotant une haute culture intellectuelle et artistique.

UEmpire Khmer dût-Hy comme l'Empire Romain^ sa déchéance à Vexccs même de celte civilisation ? C'est probable. Toujours est-il, que les peuples qu'il avait Jadis soumis à sa puissance^ ne tardèrent pas à reconquérir leur liberté ; bien plus, Annamites et Siamois^ ces anciens peuples vassaux^ détachés de VEmpire, en devinrent les plus redoutables enjtemis^ et leurs spoliations , pendant les siècles qui suivirent , avaient peu à peu réduit cet empire immense aux limites actuelles du Royaume du Cambodge, le menaçant dune absorption complète dont il ne fut sauvé que par notre intervention.

Cette intervention d'ailleurs ne fut point imposée ; elle fut le résultat d'une sollicitation spontanée du Roi qui gouvernait alors le Cambodge et qui, menacé de voir son Royaume à jamais rayé de la liste des nations, s'en remit à la France du soin de conserver sa couronne.

C'est grâce à cette puissante protection que Norodom P% a pu mourir sur le trône de ses ancêtres après un long règne dont les dernières années furent pour son peuple une ère de paix et de prospérité qu'il n'avait pas connue depuis des siècles.

Mais la tâche qui consiste à proléger un pays contre les convoitises de puissants et belliqueux voisins^ aussi bien que contre les soulèvements intérieurs, entraîne forcément des dépenses qu'il est de toute justice d imputer au protégé ; de plus, pour Y cissurer la prospérité et le fonclionnement régulier du gouvernement établi, la nécessité s'imposait d'y

juxtaposer une administration parallèle, dont le personnel est fourni par le protecteur.

Telle est en quelques mots V œuvre accomplie au Cambodge et que nous nous proposons de faire connaître dans cette étude j si non tout entièrcy du moins dans les parties qui fious ont le plus particulièrement intéressé pendant les dix armées que nous y avons passées comme Administrateur- Résident.

Jeter un rapide coup d'œil sur V histoire du passé j dire ce que fut le Cambodge aux origines de son histoirCy ce qu'il a été dans les temps modernes et ?nontrer ce quil esta l'heure actuelle, tel est le but que nous nous sommes proposé.

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