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ADMINISTRATION DES PROVINCES

Divisions administratives. — Gouverneurs et fonctionnaires indigènes. Résidents et fonctionnaires de résidences

Divisions administratives

Le territoire du royaume du Cambodge est divisé en deux apanages et cinquante-et-une provinces (ket).

Le 1" apanage, attribué au roi Norodom comprend à lui seul 48 provinces; Tapanage de TObbarach « 2* roi » n'en compte que 3.

A la tête de chacune de ces provinces, est placé un gouverneur indigène Ghaufai-Sroc, qui l'administre sous la haute direction d'un des ministres dont il relève.

Chacun de ces gouverneurs a sous ses ordres un certain nombre de fonctionnaires de divers grades, chargés de Tadministration proprement dite, de la police et de la justice.

' Par ordre hiérarchique ce sont :

Les Balat-Luong et les Yoskebat, dont les attributions, assez mal définies, répondent à peu près à celles de sousgouverneur; ils tiennent leur pouvoir du Roi, aident les gouveràeure, et Iqs remplacent en cas d'absence.

Viennent ensuite les Mesroc ou maires et leurs adjoints chumtups, dont nous verrons plus loin le mode de nomination et les fonctions.

Les provinces sont loin d'avoir toutes la même importance, elles ont été classées à ce point de vue en cinq catégories, auxquelles correspondent cinq classes de gouverneurs ainsi réparties :

1^° classe. 5 gouverneurs.

2* id. 11 id.

3^ id. 14 id.

i' id. 12 id.

5« id. 9 id.

Les gouverneurs de la 1'® classe ont un rang spécial dans le Mandarinat et sont considérés comme lieutenantsprovinciaux des cinq grands officiers de la couronne; par ordre de préséance, ce sont :

1^ L'Oknha Dechou, gouverneur de la province de Kompong-Thôm .

2° L'Oknlia Pus-Nou-Luk, gouverneur de la province de Tréang.

3^ L'Oknha Archum, gouverneur de la province de Thbong-Khmum.

4° L'Oknha Thoméa-Dechou, gouverneur de la province de Baphnom.

5<> L'Oknha Soukéa-Luk, gouverneur de la province de Pursat.

La province est la seule division territoriale au Cambodge. Le canton, la commune tels que nous les concevons en France, n'existent pas, et les autres subdivisions ne

s'appliquent pas au territoire mais seulement aux individus qui forment alors des groupements ayant chacun leur chef.

Gouverneurs et fonctionnaires indigènes

Nous venons de voir que les gouverneurs de provinces sont divisés en cinq catégories ou classes, suivant Timportance de la province à la tête de laquelle ils sont placés, ils sont aidés et suppléés dans leurs fonctions par des Babat-Luong et Yoskebat nommés par le Roi et qui eux aussi sont divisés en cinq classes.

Enfin au-dessous d'eux et au bas de cette hiérarchie, en somme très simple, sont les Mesroc ou maires et leurs adjoints, chumtup.

Ces Mesrocs, nommés à Télection, tiennent leurs pouvoirs des individus formant les groupements, dont nous avons parlé, et choisissent eux-mêmes leur chumtup ou adjoint. Suivant l'importance du village ou des villages compris dans un même groupement, il y a un ou deux chumtup.

Le mode d'élection est des plus simples : le Résident chef de circonscription prescrit au gouverneur de la province, où se produit une vacance de Mesroc, de convoquer pour une date indiquée les habitants inscrits aux rôles de rimpôt personnel; le vote a lieu par bulletin secret sur une liste de candidats présentés par le Résident après avis des mandarins provinciaux ; le Mesroc ainsi élu, choisit lui-même son chumtup et reçoit une sorte de brevet ou Tratang, délivré par le gouverneur et approuvé par Tadministration du protectorat.

Ces Mesroc sont les intermédiaires entre l'administration

provinciale et les habitants ; ils sont chargés de recouvrer rimpôt personnel cambodgien, de la police des villages, de convoquer et de réunir les prestataires, enfin ils cherchent à concilier les litiges de minime importance, et en cas de non conciliation, ils transmettent au Tribunal indigène provincial les plaintes des parties.

Leurs fonctions sont gratuites, mais comme collecteurs de l'impôt de capitation, ils touchent une part proportionnelle des sommes perçues, part qui est répartie entre eux et leur chumtup.

En temps que conciliateurs, ils n'ont droit à aucune indemnité.

Au Cambodge, il y a, outre les Cambodgiens, un assez grand noml)re d'Asiatiques dont les uns, comme les Annamites, sont sujets français et les autres^ des sujets étrangers, comme les Chinois çt les Indiens.

Les Gouverneurs cambodgiens des province^, o»t sur ces catégories d'habitants, un droit de surveillance générale, mais ces étrangers da provenances (}iv#r§es, qui habitent le Cambodge et y forment un contingent impQrtont de la population totale, sont adrainistré3 par 4§^cbçf9 de village, qu'ils se choisissent eux-mêmes etéUi^^jit dams les mêmes conditions que les cambodgiens leur Môsroo^

Pour les Annamites et les Indiens, ces chefs sont clé" nommés « chefs des Annamites ;> ou « chefs des Indiens»; pour les Chinois, on les nomme « chefs de congrégation, » Ces chefs ont également des sous^chefs pour les aider,

Il existe au Cambodge cinq congrégations <}hinpi§«Si efilLes dô Canton, de Phuc/e-Ri^n, (k TriêB^Ghfl», 4'Akas

et de Haïnam; ces congrégations répondent à des groupements de Chinois, provenant chacun d'une même province de Chine. Leurs chefs sont en relation directe avec les autorités françaises ; ils sont chargés de recevoir les impôts de leurs coreligionnaires et de les verser aux Caisses des percepteurs, sans passer par Tintermédiaire des Gouverneurs.

Tels sont les rouages de Tadministration indigène proprement dite dont le fonctionnement est contrôlé par les agents français du Protectorat.

Résidents et fonctionnaires de résidences

Le Cambodge est divisé en circonscriptions appelées résidences, comprenant un certain nombre de provinces cambodgiennes (khét) et administrées par un Administrateur des services civils de Tlndo Chine, qui prend le titre de Résident chef de circonscription.

Le tableau ci-dessous indique les chefs-lieux de Résidence et les provinces qui en font partie ;

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